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ledit seigneur de Floyon, acompaingnié de bien XL ou LX du commun de ladicte ville, vint devers ledit conte ou chastel d’Avesnes ; celui commun lui fit lors exposer le conseil qu’ilz disoient avoir trouvé sur le dit cas advenu ou beffroy, en requérans oudit conte de eur ce faire aucun pourchez par devers monselgneur de Haynau ou son bailli. Etsur ce, celui conte se tira à port pour s’en conseiller à ses gens el appella ledit Floyon, qui est son home, pour venir à s0n conseil ; mais il n’y voulut oncques venir, ains dist pleinement qu'iln'y entreroitjà, et se tint avecque* ledit commun, ainsi que toudis le fit, cur aussi l’ail mis en tel erreur.
Jtem, et tantost à un autre jour après ledit de Floyon revint audit chastel d’Avesnes, et viendrent en sa compaignie plusieurs des gens de ladicte ville bien XXX ou XL, et ilecques trouvi en la court Jehen Botreau à présent mayeur de ledicte ville et aucuns des jurez qui estoient calengiez et en 8rresl ou dit chastel pour le fait du dit beffroy ; et lors lui dist ledit Floyon : « bien çà, bien, Botreau, où sont tes
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« matnfiés ?, toi el tes mainfiés Ÿ? avez menacié de « rapporter Jehan le Goudalier à ban pour m'avoir livré du vin», et jura grant serement qu'il n’en paieroit jà amende, et dist oultre en jurant vous esics touz une mauvoise larronaille ! c’est grant domage que vog mauvoistiez ne sont SCEUES, etelles seront une foiz toutes sceues ; el jura oultre grani serement, disant qu'il le compairoient trestouz. jt en droit fait il avoit grant tort de parler dudit Goudalier, car il est vreÿ que celui Goudalier avoit vendu une pièce de vin sans congié et sans ufforement, et est vray que ledit mayeur lui avoit donné congié d'en builler audit de Floyon pour un diner qu’il builla audit conte, mais il lui avoit défendu qu'il en vendesist autrement, Sans cougié et sans aflorement ; et il ft tout le contraire.
Item, et incontinent après qu'il eut ainsi parlé audit mayeur, il entra à toute celle tourbe en la sale du dit chastel d’Avesnes, en laquelle estoil ledit conte joyant
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aux eschiecs, et celui Floyon sans dire salu, ne caperon oster, passa oultre et s’assit sur une table, et y vit le dit mayeur entré, près l’uys de la sale, parlant audit Goudalier, et de rechief il dist au dit mayeur qu'il ne paieroit jà amende et que les mauvoistiez du dit ma veur et des autres officiers seroient sceues.
Item, et ilecques estoit Jehan d’Austergnies qui dist qu’il voulsist avoir paié C. escus que toutes les mauvoistez qui couroient par icelle ville feussentsceues, et ledit de Floyon lui dist moult félonement : alez, se vous estes à eulx sy vous y tenez.
Item, et Pierre de Bolloy, l’un des conseillers dudit conte, lui dist qu’il ne faisoit pas son devoir d’ainsi parler et qu'il avoit tort d’avoir ainsi purlé audit mayeur, et que celui mayeur s’en excusoit grandement, et lors, il répondist moult hault, que celui mayeur mentoit mauvoisement parmy sa gorge.
Item, et y estoit Guillaume Colet, l’un des conseilliers dudit conseilliers (sic) qui dist aussi que ce fenat grant bien que on peust savoir la vérité de celles choses; et il dist audit Colet, que on avoit fait assez de maulx et qu’il n’en avoit pas esté loign (?) et qu’il en avoit fait sa part ; etcomme celui Colet se commença à -excuser, celui Floyon lui dist moult iréement : tay-toy, tu es un mauvois hardeau ! tu as bien aidié de me bouter hors de mon office. Par Dieu ! tu le comparras, et dist moult de haultes paroles donnans charge aux officiers dudit conte, et tout en sa présence, sans signe de révérence lui faire ne dire.
Item, et comme ledit conte eust laissié le jeu et feust levé et se feust aucunement meu pour vouloir parler audit de Kloyon, aucuns de ses gens l’excitèrent de se retraire en sa chambre pour doubte de plus grant inconvénient ; et comme le dit de Floyon le vit entrer en sa chambre, 1l dist : il va à conseil, et nous irons d’autre part, et tantost celui de Flovon issit hors dudit chostel, et celle tourbe de gens se suyvant.
Item, et au vespre, ledit conte envoia devers lui pour lui signifier qu’il vensist le lendemain devers ledit conte, tout pourveu de lui remonstrer les défaultz qu'il sçavoit en ses officiers et ou gouvernement de sa ville,
Le Seigneur du Priot, Messire Alain, le svignour Du bois,
Bolewy, Yvon.
Mesi Arselain, Aubeaux, le builli d'Avesnus, le Receveur.
Bolewy, Le Cuuseur, maieur ot jurez et ITc autres.
dont il lui rescript et souvent parlé en sa présence et en son absence.
Item, etle lendemain matin, il vint devers ledit conte au chasteau d’Avesnes ; et quant celui conte li eu fait exposer le cas pourquoy il l’avoit mandé et l’eut requis qu'il lui déclarast le mauvais gouvernement de ses officiers et de sa ville dont 1l avoit souvent parlé, celui de Floyon y fit un grant sermon, et remonstra plusieurs services qu’il disoit avoir faiz au père dudit conte et à lui, par quoy monseigneur de Haynnau avoit conceu contre lui grant courrous et indignacion, tellement qu’il en avoit esté en très-gran: dangier de sa personne et de ses biens, et aussi plusieurs autres dont il nomma aucuns comme messire Robert de Glennes, Girard de Ville et autres avoient conceu grant hayne contre lui pour cause des services du dit conte et de son père ; et dist assez qu'il avoit mal gouvernement en plusieurs manières en sa ville et plusieurs mengeries sur les povres gens, mais il n’en voulut riens déclarer ; et si bailla un petit brévet par manière de memorat au dit conte, et lui dist qu'il y estudieroit et manderoit son peuple et il ouïroit tout, et que pour l’eure il ne lui diroit autre chose. Et celui brévet ne déclare chose qui vuille, ainsi que on le pourra veoir s'il est besoing.
Item, il ne puet céler qu’il n'ait séduict et perverti le commun de ladicte ville, car en pleine hale où le commun estoit nagaires assemblé pour devoir faire response aux gens dudit conte sur les remonstrances que ledit conte leur avoit requis de faire touchant le mal gouvernement de ses officiers et de sa dicte ville, dont ledit de Floyon et plusieurs d’icelle ville avoient souvent purlé, et que celui commun se taisoit sans mot dire, ledit de Floyon, qui présent estoit leur dit : « que ne parlez vous, parlez! », et lors ils commencèrent à parler. ft adonc dist ledit de Floyon que ce peuple ne parleroit mot s’il n’y estoit, et adonc il parla bien à son ayse de ladicte sentence, car il dist publiquement que elle estoit faicte par la malice et par faulx et mauvois advis et qu’il sçavoit bien comment.
Il s'est submis et s'est confessé.