‹ Une émeute à Avesnes en 1413Chapitre 4 sur 14 · IT · texte numérisé non relu

IT

Ainsi que le stipulait la sentence du comte de Hainaut, ce n’était qu’à Pâques de l’année 1413, que le maïeur devait êtreinstitué d’après les nouvelles formalités prescrites par cet acte. Les mécontents avaient donc plusieurs mois devant eux pour tenter de s'opposer à l'exécution de la sentence.

Parmi ceux-ci, comme bien on le pense, figurait en première ligne le sire de Floyon qualifié par l'enquête criminelle d’instigateur de toute l’affaire (1). Il agit par dépit et par rancune, ajoute-t-elle, d’avoir été destilué de ses fonctions de gouverneur de la terre d’Avesnes, « laquelle Dieu sait commentil avoit gouvernée durant les XIII ans qu’il en a esté gouverneur ». Il avait déjà auparavant provoqué, quoique vassal /Aomsmne) du seigneur, un conflit entre les gens de la ville et les officiers du Comte au sujet des impositions f#allôte), assistant les premiers de ses conseils et les accompagnant dans leurs démarches au Quesnoy, à Mons et ailleurs. Naturellement, il devait les soutenir encore plus énergiquement dans leur nouvelle difficulté relative au mode d'élection du maïeur.L’enquèête laisse mème entendre qu’il avait peut-être encore, pour agir ainsi, des mobiles plus bas que son animosité contre le Comte el ses officiers, car il aurait reçu de Jean Husson, un des mécontents, un gohelet d'argent pour patronner sa candidature aux

(1) « Qui de tout a esté cause ».

fonctions de maïeur. Son premier soin fut d'engager les gens de la ville à aller consulter des juristes et des avocats à Cambrai, à Laon, à Pariset ailleurs, sur les moyens propres à faire casser la sentence de Mons. Pour cela, il se tint des conciliabules dans sa maison où il s’exprima dans les termes les plus violents, disant que la charte communale avait été mal interprétée et accusant les conseillers du comte de Hainaut de s’être laissés corrompre. Il déclarait que la sentence était sans valeur, ne pourrait produire aucun effet légal, et que, d’ailleurs, il fallait en appeler à l'Empereur. Il parlait de même en pleine halle, annonçuit que la sentence avait été rendue sur faux et mauvais conseils et à la suite de manœuvres subreptices. Du reste, il ne craignit pas de tenir plus tard le mème langage au comte de Penthièvre lorsque celui-ci fut venu à Avesnes, et à plusieurs de ses officiers, soit secrètement, soit publiquement et même en plein conseil du Comte au Château. Lorsque la sentence fut prononcée, disait-il,1l n y avait nul procureur ou fondé de pouvoir pour représenter la ville et le seigneur, car Jean de Binche, comme conseiller du comte de Hainaut, avait trahi les intérêts de la ville. 11] ne ménageait pas plus le jeune comte de Penthièvre etses officiers, disant que le Comte n’en avalt aucun de bon à son service et que sa villeet sa terre d’Avesnes étaient très mal gouvernées. Il avait osé même l'écrire au Comte quand il était en Bretagne ; mais lorsque celui-c1 une fois arrivé, le manda auprès de lui, pour lui signaler les points défectueux de l’administration, 1l ne voulut rien préciser et eut recours à toutes sortes d’échappatoires.

D’autres personnages assez importants par les fonctions qu'ils avaient occupées et la considération dont ils jouissaient, partisans plus ou moins avérés du sire de Floyon. joignaient leurs propos aux siens pour exciter l’animosité des habitants contre la sentence et contre les nouveaux officiers du Comte. Nous citerons en première ligne, le sire de Morchipont dont nous avons déjà parlé. Il conseilla

Page 1