‹ Une énigme historiqueChapitre 12 sur 100 · Zonaras, I, p · texte numérisé non relu

Zonaras, I, p

l'évacuation de la dacie 21

reur » ; cet événement se place donc vers l'an 250 et l'exemple qu'elle donna aura été assurément suivi par bien d'autres personnes de sa condition. Mais on sait aussi positivement que tous les habitants ne quittèrent pas la province en même temps et en bloc ; car, en l'année 259, la capitale Ulpia Traiana élève un monument en l'honneur du César Valérianus et un certain M. Valerius Veteranus Gallienus place une pierre funéraire sur la tombe de son père en 260 2. Les Daco-Romains étaient donc restés en Dacie malgré l'invasion des Goths, et ce qui était arrivé avant 270, se continua aussi après.

Rœsler, pour pouvoir détacher plus facilement la population romaine du territoire de la Dacie et lui faire accepter une nouvelle patrie, nous présente ce pays comme complètement vide d'élément indigène à la suite de la guerre avec les Romains. « Si nous ne nous trompons, les Romains créèrent en Dacie sur un terrain clair-semé, entouré d'une population ennemie, un état purement colonial, où l'élément romain ne put implanter de profondes racines, ne reposant pas sur la base large et sûre d'une population conquise aussi sous le rapport intellectuel. De là provient la facilité avec laquelle il put être éloigné et disparaître z ».

Rœsler semble donc admettre, avec Eutrope, que la Dacie avait perdu par la longue guerre contre les Romains toute sa population masculine : «Daciaenim diuturno belloDecebali tuWsfueratexhausta''». L'auteur parait avoir un faible pour l'interprétation littérale des textes. Pourquoi n'appliquc-t-il pas le même système à d'autres citations du même historien? Eutrope dit, en effet, que Trajan « victa Dacia ex toto orbe Romano infinitas copias hominum eo transtulerat ad agros et urbes colendas \ » Rœsler suppose, au contraire, qu'il devait bien y avoir de la place en Moesie « pour quelques dizaines de mille de colons romains, car nous ne devons pas nous faire une idée trop haute de la totalité des citoyens daco-romains 6 ». Qui ne voit dans cette manière

1. Lactantius, De mortibus persecutorum, c. ix : « Mater ejus transdanubiana infestantibus Garpis, in Daciam novam, trajecto amne, confugerat. » i. Jung, Die romanischen Landschaf tendes rœm. Reiches, p. 401. 3. Rom. Stud., p. 45.

i. llist. rom., vm.

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