Ibid
<3. Rom. Stud., p. 69. Nous verrons plus tard que les monuments anciens nous ont
22 r.ES ROUMAINS AU MOYEN-AGE
de traiter l'histoire une théorie préconçue, et qu'il s'agit de la prouver à tout prix !
Fallût-il môme prendre au pied de la lettre le passage d'Eutrope, ne dit-il pas que les femmes et les enfants daces ne subirent pas tous le sort de leurs pères ? Or, cette nouvelle génération n'était-elle pas suffisante pour reconstituer dans le pays une base nationale sur laquelle l'élément romain put se greffer? Aussi bien les inscriptions trouvées tant dans la Dacie qu'ailleurs, nous prouvent-elles surabondamment l'existence de la nation dace après la conquête, ainsi que sa romanisation. Il faut se rappeler, en effet, que le peuple romain voulait rattacher à son empire les provinces conquises d'une tout autre manière que ne l'ont fait, par exemple, dans les temps modernes les Allemands et les Hongrois. Loin de former une caste séparée des peuples conquis, les Romains s'unissaient à eux par des mariages, leur facilitaient l'entrée dans la cité romaine, et, en les employant à tous les travaux, leur donnaient accès à toutes les faveurs que comportait la soumission au grand empire.
Nous ne rapporterons ici que quelques-unes des inscriptions les plus remarquables , qui prouvent d'une manière authentique la présence du peuple dace sous la domination romaine :
Aia Nandonis vixit annis LXXX, Andrada Bituvantit vixit annis LXXX, Bricena vixit annis XL, Justa vixit annis XXX, Bedarus vixit XII. Post obitum ei Herculanus libertus patronae benemerenti' .
La présence d'un « libertus » dans une famille dace indique l'introduction des mœurs romaines dans le sein de la population indigène ; d'autre part, ce même fait démontre que cette famille jouissait d'une certaine aisance puisqu'elle pouvait se permettre le luxe de donner la liberté à ses esclaves. Le nom latin « Justa » parmi d'autres d'origine dace, tous appartenant à la même famille, indique une fusion très intime des deux éléments, dace et romain. Ailleurs nous trouvons un nom romain porté par une personne désignée comme Dace :
conservé le nom de plus de quatre-vingts villes de la Dacie, que la capitale Sarmizaghetuza occupait l'emplacement de douze villages actuels. Puis rien que dans les mines de la Transylvanie étaient occupés près de vingt mille hommes! Voir Goos, Studien zur Geschiclite und Géographie des traianischen Dakiens, p. 157.. 1. Corpus Inscriplionum latinarum, III, n° 917.
l'évacuation de la dacie 23
.lui. Secundinus evoc. co/i. III pr. salarior. XXVII, quivix. an. LXXXV nat [ione] Demis. Atticia Sabina coniux etJul Costas films et Her. D. B. M. fer •.
La femme et le fils de Secundinus portent des noms moitié romains, moitié daces.
Une troisième inscription nous donne pour le mari un nom moitié dace, moitié romain, la femme un nom romain, les deux fils toujours des noms romains et le neveu un nom dace :
Dis Manibus. P. Aelio Ariorto (?) III I viro annuali municipii Dfrobetarum ?) interfecto a latronibus, vixit annos LVII, Digna (?) coniugi pientissimo et P. Aelius filius et P. Aelius Valens (?) filius et Udarus nepos bene merenti possuerunt \
Cette inscription prouve, en outre, que des membres de la nation dace avaient reçu le droit de cité et même revêtu des fonctions municipales. Un second fait de cette nature nous est fourni par l'inscription suivante :
Dis Manibus. Aelio Andenae Aelius Macrinus Epidianus qui et Epidius Augustalis coloniae et Macrinia Mania fil ia posuerunt '.
Une autre inscription contient un Dace élevé au rang de chevalier:
Dis Manibus. Mucasenus Cesorini aeques ex singulanbus (?) cuusularis vixit annis XX; Rescu Turme soie coniux pientissima posait '.
Dans les inscriptions recueillies jusqu'à aujourd'hui on a pu attribuer vingt-deux noms d'hommes et de femmes d'une manière certaine
1. Orelli, n" 6844, Costas pour Constant? Voir Tocilescu, Dacia inainte de Romani. Bucuresti, 1880, p. TS\. Comp. . Jul. Pilinus civis dacus. Epliem. Epiyr., II, n" 944.