Ueber die Abstammung der Rumaenen, p
2. Pour Nicétas. voir plus haut. p. 42, note 1, où il d'il qu'Assan voulait rétablir l'état des Mysiens et dés Bulgares. Ailleurs, p. 225 (Bonn\ il mentionne un évêque bulgare. Anne Gommène, dans un passage rapporté plus haut (p. 41, note 1), parle aussi des Bulgares. Ils sont de même mentionnés très souvent par Cedrenus (Bonn, I. pp. G28, 766. 770, 781 ; II, pp. 53, 152, 356, 372, etc.) et par Pachymeres (Bonn, I,pp. 82, 210, 231, 235. 312, 434, 448. II, p. 446 etc ) - L'historien français de la 4- croisade, Villehardouin, qui prit lu'-mèmepart à cette expédition, parle, à plusieurs reprises, des Valaques : De la conquête de Constantinople, Paris, 1838, pp. 6i, 116 : '< Johannis H rois de Blaquie et de Borgherie. » Il désigne expressément « li rois Johannis » comme Valaque. Ibid, pp. 117, 162 : « Johannis li Black. >. — Villehardouin a décrit les faits qu'il avait vus et entendus. Il ne saurait être question ch^z lui d'un changement de nom, entre les Bulgares et les "Valaques, que l'on pourrait attribuer à l'influence grecque, comme le veut M. Pic.
que la dynastie assanienne était d'origine valaque. Le même Nicétas Ghoniate raconte que, dans une des nombreuses batailles livrées entre les Valaques et les Byzantins, un prêtre fut fait prisonnier et amené devant Assan. « Comme ce prêtre savait le valaque, aussitôt qu'il vint en présence du chef, il se jeta à ses pieds, implorant son pardon \ » Il est évident que le prêtre pria Assan en valaque, car autrement pour quelle raison Nicétas aurait-il mentionné que le prêtre connaissait cette langue? Il est tout aussi indubitable que le prisonnier voulait disposer Assan en sa faveur, en s'adressant à lui dans sa langue maternelle, et ce témoignage l'ait d'une manière incidente, et auquel Nicétas ne semble attacher aucune importance, confirme d'autant plus sa véracité. Cette circonstance rapportée par Nicétas ne permet pas de mettre en doute l'origine valaque des chefs de l'insurrection valacho-bulgare.
Nous sommes pourtant loin de donner aux Valaques de l'autre côté du Danube, le rôle prépondérant que semblent leur attribuer Rœslcr et ses disciples. Quoique les fondateurs du nouvel état et les rois de la dynastie assanienne fussent d'origine valaque, la classe supérieure du peuple sur lequel ils étaient appelés à régner était de nationalité bulgare; il en était de même de la langue cultivée, de l'église et, en général, de tous les éléments civilisateurs. Rœsler dit que, dans cette révolte des peuples soumis contre l'empire de Constantinople, « les Bulgares représentaient plutôt le bras, pendant que les Valaques représentaient la tête 2. » Nous pensons que c'est précisément l'opinion inverse qui est la vérité.
Il va sans dire qu'au milieu d'une société bulgare (car les rois do la dynastie assanienne quittèrent bientôt la montagne, où habitaient les Valaques, et descendirent dans la plaine occupée par les Bulgares) la dynastie aussi bien que les quelques familles Valaques qui suivirent leur chef, perdirent bientôt leur nationalité et adoptèrent celle du milieu où ils s'étaient établis. Les Valaques avaient joué un rôle brillant pendant la guerre de l'indépendance. Quand il fallut organiser l'état, ce sont les Bulgares qui commencèrent à donner le ton. Il nous semble même découvrir une opposition à cette dynastie
1. N. Gh., p. 617 : « 1ï-i ce v.v. xwv âop'JOAàxwv nq ispéwv tU tbv Aiy-sv cdy^àXtùtoq à~T(i\j.ivoz, otï~y.'. toj 'Acàv obsOvjva'. cY op-ootoviaç w; iSptç tt(ç 7(ov BXr/wv f(i)VY]ç dq IXscv aÙTCV àciaAOU|/.£VOç. » Gomp. Eudoxius von Hurmiizaki, Fragmente zur GcscJiichie (1er Rumaenen, Bucuresti 1878 chap. it, Enlsle~ hung, Dauer und Unterjochung des wlaclio-bulgarischen Slaates, p. 29.