‹ Une énigme historiqueChapitre 25 sur 100 · Rom. Stud., p · texte numérisé non relu

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2. Nous établirons ce fait dan'j le chapitre qui traite de la langue roumaine.

3. Critique de Jung, Rœmer und Romanen dans la Zeitschr. fur OE. G., 1877, p. 447.

Par là s'expliquerait tout ce qui se présente de si ônigmatique dans le caractère du peuple roumain. Le peuple des Besses romanisé, se divisant en deux tronçons, dont l'un émigra vers le Nord dans la Dacie trajane et l'autre vers le sud, dans la Thcssalic et les autres régions adjacentes, donne la ciel' de l'identité (?) du langage des Roumains de la Macédoine avec celui des Roumains de la Dacie. Le peuple des Besses étant d'origine thrace, la présence d'éléments albanais dans la langue n'est plus dès lors qu'un phénomène tout naturel. Aussi M. Tomaschek renonce-t-il aux idées qu'il avait soutenues auparavant sur ces deux questions; il pense aujourd'hui que la présence de l'élément albanais dans la langue roumaine ne saurait s'expliquer par la seule existence de nombreuses colonies illyriennes sur le sol de la Dacie; autrement il serait forcé d'attribuer un caractère par trop moderne (époque du moyen âge byzantin) aux éléments étrangers qui se trouvent dans la langue des Daco-Roumains et qui n'auraient pu pénétrer dans cet idiome qu'au sud du Danube, à l'époque post-romaine ou romanique l. Voilà pourquoi il laisse tomber aussi l'explication qu'il avait donnée précédemment de la «■ prétendue identité » des deux rameaux de la langue roumaine, lorsqu'il avait soutenu que la romanisation, s'exerçant sur des peuples semblables, devait produire à peu près les mêmes résultais, même dans des régions géographiquement séparées.

Du temps où M. Tomaschek combattait la théorie de Rœsler, il avait attiré l'attention sur un passage de Nicétas Ghoniate, dans lequel cet historien mentionne des Valaques, du côté de la Gallicie, déjà en l'année 1164 - ; il est obligé maintenant de reculer de quelques années la date de la prétendue réimmigration des Roumains dans la Dacie trajane; il la place entre les années 1074 et 1144, époque à laquelle les deux rives du Danube obéissaient au même maître3. Alors même que les deux rives de ce fleuve auraient été soumises à la même domination, nous ne voyons pas le molif qui aurait poussé les Besses de M. Tomaschek à quitter leur pays. En histoire comme en général dans toute la sphère de l'activité humaine, les actions sont toujours déterminées par des motifs; or, M. Tomaschek omet justement de trouver un motif au moins plausible à l'émigration de tout un peuple. Mais l'assertion de cet historien n'est pas même exacte. Les deux rives du Danube

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