‹ Une énigme historiqueChapitre 31 sur 100 · Pic, Abstammung, p. 73. Hunfalvy Ansprùche, p · texte numérisé non relu

Pic, Abstammung, p. 73. Hunfalvy Ansprùche, p

3. ùatona Historiu critica regum Hungariae stirpis arpadianae, Pestini, 1779, I, p. 134 : « (Achtum) sibi potentiam super sal régis descendentes in Morosium constituebat in porlibus eiusdem fluminis usque ad Tiviscum tribularios et custodis et concludebat omnia sub tributo. » Il est évident que ce sei ne descendait pas le Maros en 1007 pour la première fois, car Achtum s'arroge un droit qu'il n'avait pas auparavant. Ceci nous rapproche donc de l'année 892, lorsque le roi Arnulfe demandait que le roi des Bulgares ne vendit pas de sel aux Moraves.

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effet, que les Hongrois chassés de l'Ateluzu (région située entre le Dnieper et le Sereth) vinrent s'établir en Pannonie, où ils habitaient de son temps (950). « Il existe dans cette région quelques monuments anciens, parmi lesquels le pont de Trajan aux confins de la Hongrie, et Belgrade qui est située à la distance de trois journées à partir du ce pont — et ensuite, toujours sur le cours du fleuve, Sirmium. Les autres parties habitées par les Hongrois empruntent leur nom aux rivières qui les traversent, dont la première est le Times (Temèche), la seconde le Tûtes (?), la troisième le Moroses (Mourèche), la quatrième le Crisus (Griche), et la cinquième la Titza(Tisa). Les Hongrois confinent vers V Orient aux Bulgares, dont ils sont séparés par le fleuve Ister qui s'appelle aussi le Danube ; vers le nord aux Pétchénègues, vers l'occident aux Francs, vers le sud aux Croates. » ' Ainsi, d'après l'empereur écrivain, les Hongrois s'étendaient vers le Sud jusqu'au Danube et dominaient aussi sur le Banat de Temesvar et sur la Transylvanie, dans la partie supérieure, région du Maros, car il ne nomme pas l'Olte, qui coule dans la région inférieure de ce pays. Comme il donne tout de même les Bulgares pour voisins orientaux de la Hongrie, il est évident qu'il ne peut avoir en vue que la Valachie qui est en effet située à l'orient du pont de Trajan, à partir duquel le Danube coule vers le sud jusqu'à Arser Palanca et qui pouvait être considéré comme séparant la Hongrie de la Bulgarie, quoique cette indication ne soit pas complètement exacte.

Les sources hongroises mentionnent, au nord du Danube, l'existence de plusieurs duchés bulgares qui auraient été soumis par les Hongrois. Outre le duché de Salanus rapporté par l'Anonymus, d'autres chroniques hongroises qui n'ont pas été mises en suspicion jusqu'à ce jour, parlent d'un duc des Bulgares Kean qui aurait été soumis par Etienne VT. Celles qui rapportent la conquête de cette principauté parle fondateur de l'état madgyar contiennent des détails qui rendent leurs paroles dignes de foi. Ainsi elles disent que le roi

1. De administrando imperio, Bonn, p. 174 : « Ta 8e àvûnspa xoùxwv, èv to ècxlv Y) Traça xïjç Tcup/iaç /.a-ac/.riva)ciç, àpxitoç ovo;xâ^cuci /.axa xàç xu>v è/elce pîcvxcov iroxa^wv È7:o)vu[j.{aç • et ce Tratapiot ilcv/ oÊkoi, r.o~a[i.bq TrpwTO? ô Ttjj.Y)oïjç, T.OTCL[xoq oeûxepoç ToûxYjç, TCOTa[i.bç Tptaoço Mopr,av)ç, xéxapxoç ô Kpfooç, Y.CÙ iciXiv exepoç %oxci.\)hq Y] T(xÇa. ÉIXY]<riâÇoo<Jt Zï xoiç Toûpy.oiç Kpbç f.ev xb àvaxoXi/.bv [xèpoç oi BoûX^apot, èv ô /.al cia/topt'Çet aùxoùç 6 "laxpoç, ô /.al Aavouêioç Xc-fo^svcç 7:sxa[xbç, Trpb; Se xb Bcpeiov oi IIax£iva-/.îxai , irpbç Se xb SuTWuàxepov oi «frpàfYCi, zpbq cï xb [AeaY)y.6pivbv oî Xpwoaxc. »

employa les trésors des duchés conquis à doter et à orner les églises. Le souvenir de ce fait, quand môme on supposerait qu'il n'a pas été transmis par écrit, a dû être conservé par le clergé qui devait par reconnaissance en garder la mémoire '. Ce duché de Kean était situé dans le sud de la Transylvanie 2, car le nord jusqu'au Maros avait été soumis par les Hongrois avant 956, ainsi qu'il résulte du passage de Constantin Porphyrogénète que nous venons de citer.

Le souvenir de cette domination des Bulgares en Transylvanie et par suite dans toute la Dacie se conserva pendant longtemps. Ainsi nous lisons dans un document de l'année 1231, qu'un Valaque, Trulh fils de Gioru, avait une propriété possédée depuis des temps immémoriaux par ses ancêtres, grands-pères et arrière-grands-pères, quand la terre des Valaques où cette propriété était située était encore sous la domination des Bulgares : « Quod terram Boie, terre Zumbuthel conterminam et nunc in ipsa terra Blacorum existentem, qualiter eadem terra a tempore humanam memoriam transeunte, per maiores, avos atavosque ipsius Trulh filii Choru possessa et a temporîbus iam quibus ipsa terra Blachorum, terra Bulrjarorum extitisse fertur ad terram Fugros tenta fuerit, prout id dictus Trulh filius Choru quamplurimum hominum elogiis adfirmare adnisus fuit 3. »

Cette date si ancienne, à laquelle le document rapporte l'existence la domination bulgare ne saurait être autre que celle du premier état bulgare qui périt en 1018, sous les coups de Basile le Bulgaroctone. M. Hunfalvy, pour affaiblir la portée de ce document, entend le passage relatif aux Bulgares de la manière suivante : « Que Trulh s'offrait à prouver par le témoignage d' hommes vivants, que les Bulgares avaient habité le district avant les Valaques, et que, par conséquent, on n'a pas besoin de placer ce fait sous le règne de Ladislas et encore moins sous celui de saint Etienne. » Mais même les hommes vivants peuvent fort bien établir une possession immémoriale ;

1. Kéza, Gcsia Hungarorum. Ed. Endlicher, p. 108 : « Post hoc cum Kean Bulgarorum et Slavorum duce praeliatus est, quo devicto de ipsius thesauro béate Virginis ecclesiam de Alba ditare non omisit, quam fundasse perhibetur. » Comp. Ghron. Budense, p. 66.

2. Thurocz II c 30 ; « Post haec movit exercitum super Kean ducem Bulgarorum et Sclavorum que gens loca naturali situ munitissima inhabitabat... et locavit ibi unum proavum suum nomine Zoltan qui postea hereditavit Mas partes Transylvanas. »

3. Teutsch et Firnhaber. Urkundenbuch zur Geschichte Siebenbïtrgens. N. lxix, p. 50. Dans l'orthographe des cartulaires hongrois du moyen-âge, ch se lit tsch. Le nom de Choru est valaque : Tschiorou de Tschioura = Cornix = Corneille.

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en outre, le document ne parle nullement d'un simple établissement, mais bien d'une domination des Bulgares dans le pays l.

Il faut observer, en outre, que si nous admettons que la Bulgarie ne s'étendait pas sur la rive gauche du Danube, une immense étendue de terres reste complètement sans maîtres. Vers la fin du ixe siècle, les Hongrois habitaient encore l'Ateluzu, entre le Dnieper etleSereth, et le royaume des Moraves arrivait seulement jusqu'à la Theiss. L'espace intermédiaire restait libre de toute domination. N'est-il pas naturel d'admettre que le royaume bulgare, qui prit une extension si puissante au sud du Danube et qui avait même possédé ces régions, en ait gardé la domination? M. Hunfalvy, ne sachant que faire de la Transylvanie, affirme que « c'était un territoire neutre sur lequel les Madgyars et les Petchénègues exerçaient le droit de chasse, mais dont les Bulgares étaient exclus 2. »

Enfin, citons une dernière preuve de l'existence des Bulgares au nord du Danube, et, chose assez curieuse, c'est précisément le nom de la capitale hongroise, Pest, qui est d'origine bulgare. Rœsler, tout on reconnaissant ce fait, veut en diminuer l'importance en faisant remarquer « que le nom de Pest ne prouverait autre chose sinon la présence des Slaves de la famille des Slovènes sur la rive gauche du Danube 3. »

1. Hunfalvy, Anspriiche, p. 88. M. Hasdeu, Istoria c?Htica, p. 11, comprend ce passage d'une manière tout à fait différente. Il traduit « a temporibus, etc. », depuis que l'on dit que la terre des Valaques est devenue terre des Bulgares, c'est-à-dire depuis que les Bulgares sont arrivés en Transylvanie. Il s'efforce de prouver que les Bulgares ne sont autres que les Roumains de la petite "Valachie qui auraient conquis ce territoire entre les années 1170-1180. 11 nous semble que le mot extitisse ne saurait être rendu par devenir, mais bien par avoir été. Le passage doit donc être traduit : « Depuis que l'on dit que la terre des Valaques était encore (appartenait) aux Bulgares. »

2. Anspriiche, p. 33 : « Siebenbùrgen war um 950 gewissermassen ein neulrales Territorium, auf dem sowohl die Maghyaren als auch die Petschenegen das Jagdrecht beanspruchten von dem ùber die Bulgaren aussgeschlossen waren, und das sie auch nient in Anspruch nahmen. » On dirait que M. Hunfalvy a assisté à la constitution de ces droits !

3. Rom. Stud.,\). 205 : « So waere damit hoechstens ein Auftreten von Bulgaren im pannonischen Theile von Ungarn bezeugt ; ein bulgarisches Reich daraus zu deduciren grenzt an Taschenspielerei. » Ailleurs pourtant, où Rœsler a besoin de prouver que l'élément Slovène n'a pu être introduit dans la langue roumaine qu'au sud du Danube, il soutient que les Slovènes, ou Bulgares, n'ont jamais habité qu'au sud de ce fleuve, p. 127 : « Hat sich die walachische Sprache also ihr scherflein Slavisch im nœrdlichen Lande beigelegt, so wird dièses die unterscheidenden Zuge des

Toutes ces raisons nous semblent établir suffisamment l'existence d'une Bulgarie cis-danubienne, au moins pendant la durée du premier Etat bulgare, détruit par Basile II le Bulgaroctone, en 1018. L'histoire de l'Église roumaine vient à l'appui de cette conclusion.

11 est incontestable que les Roumains étaient chrétiens du temps même de la domination romaine. Ce fait est prouvé d'une manière certaine par de nombreux termes d'origine latine qui expriment des idées chrétiennes; ainsi, en premier lieu, le mot chrétien lui-même : crestin (s = sch) qui dérive du latin : chrestianus et non du grec XpiffTtavéç; ensuite : pagîn — paganus, biserica r= basilica, botez = baptiso, dumnezeumdominus Deus, saint — sanctus (à côté du slave : st'int = sfeti), înger =r angélus (à côté de Anghel, nom propre masculin du grec "A^eXoç, et Archangel), tîmpla (partie de l'église qui sépare l'autel du public) — templum, altar = altar, cruce = crux et beaucoup d'autres. Ce témoignage de la langue est confirmé par une Novelle de l'empereur Justinien que nous rapporterons plus bas l.

Pourtant, s'il est hors de doute que les Roumains étaient chrétiens avant l'arrivée des Bulgares et l'établissement de ceux-ci dans la Moesie, il est tout aussi positif qu'ils adoptèrent plus tard le rite Slovène ou bulgare dans leur église, où il subsista pendant près de 800 ans (864- 1640). Les relations qui ont existé entre l'église roumaine, tant en Moldavie qu'en Valachie -, et celle des Bulgares, prouvent que l'introduction de ce rite chez les Roumains n'a pu avoir lieu que du temps du premier royaume bulgare (680-1018) et que les Roumains n'ont pu le recevoir qu'au nord du Danube.

Le christianisme a été introduit chez les Bulgares par les deux frères Méthode et Constantin, connu aussi sous le nom de Cyrille, du

nœrdlichen Dialekts tragen (Ruthenisch). » On pourrait appliquer avec plus de raison le mot de « Taschenspielerei » à cette manière de traiter l'histoire.

1. On a trouvé une inscription grecque qui mentionne le nom de Jésus-Christ (?) : Akner et Mùller, 699 : IX0ÏC = 'Itqgcuç Xptœroç 0sou Yfebç So)rr(p. Voir aussi un passage de Tertullien contra Judaeos, 7 (il écrivait sous Septime Sévère, 193-2) 1) : Jam Getulorum varietates et Maurorum multi Unes et Hispanorum omnes termini et Gallorum diversae nationes et Sarmatorum et Dacorum et Germanorum et Scylharum... in quibus omnibus locis Christi nomen qui iani vivit, régnât. »

2. Celle de Transylvanie a toujours été hiérarchiquement soumise à l'église valaque.

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temps du roi Bogorou Boris (852-888), qui prit, lors de son baptême, le nom de Michel. Ces deux apôtres du christianisme en Bulgarie et, en général, chez les Slaves, fondèrent dans ce pays une église nationale, introduisirent la langue bulgare dans le service divin, et, pour arriver à ce but, traduisirent les livres sacrés en langue bulgare, laquelle n'est autre que le vieux Slovène. Cette nouvelle église relevait, par son origine même, du patriarche de Constantinople; pourtant les papes ne manquèrent pas de l'attirer à eux, jusqu'à ce qu'un concile, tenu à Constantinople, au commencement de l'année 870, décida que les Bulgares seraient soumis au patriarche de l'Orient l.

Boris, ne pouvant se contenter du titre de knez, prince, porté par ses prédécesseurs, prit celui de czar, empereur, et comme, d'après les idées du temps, un empereur était impossible sans un patriarche à ses côtés, l'archevêque bulgare fut élevé au rang de patriarche. Sa première résidence fut Preslaw; mais elle changea bientôt avec la capitale du royaume bulgare, qui fut successivement Sophie, Moglena, Voden et Prespa 2. Après la conquête de la Bulgarie danubienne par l'empereur Zimisces (969-976), le roi bulgare Samuel, dont la puissance se concentrait surtout dans la Macédoine, choisit, comme capitale du pays, la ville d'Ohrida, située près du lac du même nom, qui devint en même temps la résidence du patriarche bulgare.

Lorsque le royaume bulgare fut tombé sous la main puissante de l'empereur de Constantinople, Basile II, surnommé, à cause de cette conquête, le Bulgaroctone, en 1018. cet empereur maintint l'existence de l'église bulgare ; il se contenta d'enlever à son chef le titre de patriarche et ne lui laissa que celui d'archevêque 3. Cet archevêché d'Ohrida ne tarda pas pourtant à tomber entre les mains des Grecs qui l'hellénisèrent complètement. On ne compte que deux patriarches bulgares qui aient résidé à Ohrida : Philippe, vers Tan 1000, et David, 1015-1018. L'empereur Basile II nomme lui-même le premier archevêque grec de cette ville, Jean de Dibra, en 1019 4.

Quand le royaume bulgare fut rétabli par les frères Pierre et Assan, comme royaume valacho-bulgare, ils choisirent pour capitale Tirnovo et y établirent un patriarche indépendant de l'église de Constantinople 5, car l'archevêché d'Ohrida étant complètement hellénisé,

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