‹ Une énigme historiqueChapitre 37 sur 100 · Rom. Stud , p · texte numérisé non relu

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plus le faire. Pourquoi? La route leur avait-elle été, cette l'ois, interceptée par un peuple //nissant ?

Au lieu de cette explication logique, à laquelle tout le monde s'attend, Rœsler en met une autre en avant : c'est que les Hongrois ne s'y trouvaient plus, qu'ils s'étaient déplacés et avaient occupé l'Olténie ! Où prend-il ce fait qu'il pose avec une assurance imperturbable? Dans quelle source y trouve-t-il même la moindre allusion? Personne ne saurait le dire. Il n'affirme ce fait, que parce qu'il en a besoin à deux points de vue : premièrement pour combattre l'Anonyme ; secondement pour montrer que, les Hongrois pouvant passer librement par la Valachie, celle-ci n'était pas soumise aux Bulgares.

Le pauvre Anonyme a pourtant cette fois raison contre son bourreau ; il expose la vérité quand il montre les Hongrois occupant la Pannonie parle nord. La chronique attribuée au russe Nestor (écrite vers 1100), contient en effet une indication identique à la sienne : « [En l'année 898], les Ougres passèrent auprès de Kiev, près de la montagne qui s'appelle encore aujourd'hui la montagne des Ougres. Arrivés au bord du Dnieper, ils y établirent leurs tentes; car ils étaient nomades, comme sont encore aujourd'hui les Polovtses [peuple parent des Petchénègues]. Us venaient de l'Orient; ils franchirent de grandes montagnes qu'on a appelées montagnes des Ougres, et se mirent à combattre avec les Vlokhs et les Slaves qui vivaient dans ces contrées. ' »

Il est peu probable que l'Anonyme ait connu la chronique de Nestor et qu'il y ait puisé ses indications sur la rou te suivie par les Hongrois. Cette concordance entre l'Anonyme et la chronique russe n'en donne pas moins aux assertions du premier une confirmation éclatante, et montre que là ou il n'avait pas intérêt à mentir, il lui arrivait aussi parfois de rencontrer la vérité. Rœsler pense que « l'Anonyme ne saurait être sauvé, pas même par un appel au russe Nestor 2. » Si l'on suivait les principes de critique employés par Rœsler lorsqu'il s'agit de détruire une preuve qui vient à Tappui des Roumains, il faudrait renoncer pour toujours à établir la vérité dans l'histoire.

1. L. Léger: La chronique dite de Nestor, traduite sur le texte slavon. Paris, 1884, p. 19. Gonst. Porphyrogénète (Bonn, p. 170) quoiqu'il n'indique pas expressément la route suivie par les Hongrois, n'en laisse pas moins entendre d'une manière indubitable qu'ils prirent celle du nord; il dit : « Tijpy.a'. èXOivTs; àz^citorav zl>-y. tc:j; tïjv ;;.£viA^v Mopaoïav v.y-y.v.yj-rzx:. » Comment auraient-ils pu occuper la Moravie eu venant par la VallMîliie ?

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