‹ Une énigme historiqueChapitre 41 sur 100 · Rom. Stud., p · texte numérisé non relu

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8G LES riOUMAINS AU MOYEN-AGE

Sans avoir la prétention de tout expliquer, il nous suffît de constater que les Valaques de Nestor ne pouvant, d'aucune manière, être les Francs carlovingiens, ils ne peuvent se rapporter à un autre peuple qu'aux Roumains de la Transylvanie, pays que les Hongrois soumirent dès l'abord, avant d'entrer en lutte avec les fils de Sviatopluck et de conquérir la Pannonie. Nous pensons pourtant que Nestor reproduit dans tous ces passages un souvenir confus de la conquête romaine et de la retraite des Sarmates vers le nord de la Dacie. En effet, les Romains (Valaques) s'établirent dans ce cas au milieu des Slaves (?) (Daces) dont une partie (les Sarmates) émigrèrent vers la Vistule.

Il nous semble donc que Schlœzer a parfaitement raison quand il dit que « ces Valaques de Nestor ne sont autres que ceux que nous connaissons encore aujourd'hui; plus je me familiarise avec les chroniques russes, plus je me persuade de ce fait, et je révoque ce que j'ai dit plus haut '. Ce ne sont ni des Romains, ni des Bulgares, ni des Francs, mais bien des Valaques, descendants de l'ancien grand peuple des Thraces, Daces et Gètes, qui ont encore aujourd'hui leur langue particulière et vivent au nombre de plusieurs millions, quoique opprimés, dans la Moldavie, la Valachie et la Transylvanie 2. »

Une confirmation bien inattendue vient à l'appui de cette interprétation de Nestor et vérifie, une fois de plus, les relations du notaire Anonyme. C'est le poème allemand des Nibelungen qui mentionne les Valaques parmi les peuples qui furent passés en revue par Etzel ou Attila, un des héros de ce poème. Le chant 22 commence par les strophes suivantes :

Von vil maneger sprâche sah man ûf den wegen "Vor Ezelen riten vil manegen kuenen degen Kristen und lieiden vil manec witiu schar Dâ si ir frowen funden, si fuoren vroelichea dar.

Von Riuzen und von Kriechen reit dâ vil manec man Polânen unde Vlâchen den sah man ebene gan Ir pfert und ros diu guoten da si mit kreften riten Swaz si site habeten der warl vil wênec iht vermiten

Von dem lande ûz Kyewen reit ouch dâ manec man, Und die wilden Pescenaere, dâ wart des vil getân,

1. Nestor, Russische Annalen, vol. II, pp. 30, 81, où il soutient encore que les Valaques de Nestor sont les Italiens. Rœsler, à ce qu'il paraît, ne connaissait pas (?) le changement d'opinion de Schlœzer à ce sujet.

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