‹ Une énigme historiqueChapitre 63 sur 100 · G. 1. L , III, n"s 1135, 1622, 1312, 1313, etc · texte numérisé non relu

G. 1. L , III, n"s 1135, 1622, 1312, 1313, etc

la toponymie 141

viri « aère feriendo, flando », trimnviri capitales, aediles, magistri cannabensium, praefecti pagi, collegiorum, etc., etc.

Toutes les désignations romaines des contributions que payait le peuple ont été également oubliées, telles que tributum, portorium, quinquagesima.

Il en est de même des termes qui avaient rapport à l'armée, tels que legio, ala, cohors; ce dernier mot se retrouve seul en roumain dans curte, non pas cependant dans le sens d'une subdivision de la légion, mais bien dans celui de cour, enclos, qu'il possédait aussi chez les Romains, (Varron : De re rustica). Les soldats en activité de service portaient le nom de milites gregarii, terme tombé en désuétude; ceux qui étaient licenciés, celui de veterani, mot qui s'est conservé dans celui de bâtrîn; mais en roumain ce dernier mot a totalement perdu la nuance qui en faisait chez leurs ancêtres les Romains un terme exclusivement militaire. Il signifie aujourd'hui vieux, vieillard, sens justifié par ce fait que les soldats romains, n'étant libérés qu'après vingt-cinq ans de service, devaient être assez avancés en âge lorsqu'ils se retiraient. Le terme de bâtrîn a été conservé encore dans une autre acception, pour désigner les successions immobilières indivises entre les mosneni (petits propriétaires libres ah antique). On dit» par exemple, que A, B et G font partie du bâtrîn D. Cette acception a conservé le souvenir de l'ancienne assignation de terres que l'état romain faisait aux vétérans dans la province même où ils avaient servi '. Ainsi ces quelques termes conservés par le peuple roumain, sont employés dans un tout autre sens et c'est précisément l'élément qui se rapportait à l'organisation politique, l'élément pour ainsi dire technique du mot qui s'est perdu. Les termes qui désignaient les différents grades militaires ont disparu jusqu'au dernier : praefectus, tribunus, centurio, optio, decurio, frumentarius, duplarius, cornicularius, tesserarius, beneficiarius, vexillarius, etc. Si toute la terminologie relative à l'organisation de l'état romain s'est ainsi perdue, c'est que les objets désignés par ces termes avaient cessé d'exister dans la réalité des choses. Aussi lorsque les Roumains unis intimement aux Slavons eurent commencé de renaître sous leur influence, la terminologie entière de l'état roumain fut-elle slave. Ainsi le prince s'appelle voévode ou gospodar, les nobles sont nommés boieri et les charges de l'état portent presque toutes, et notamment les plus anciennes, des

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