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noms slaves ; la langue officielle est le slavon parallèlement à la langue liturgique.
Il existe une étroite corrélation entre la vie organisée de l'état et l'existence des villes. Voilà pourquoi nous voyons parallèlement à la renaissance des états roumains sous l'influence des Slaves apparaître dans la Dacie de nouvelles villes qui portent en grande partie des noms slaves.
L'état romain sombra donc en même temps que les villes; c'est un fait inévitable, et dont il n'y a pas lieu de s'étonner. Admettons, en effet, pour expliquer la disparition de la terminologie géographique des Romains, que la population daco-romaine ait quitté la Dacie et se soit retirée au sud du Danube, dans les villes de la Moesie '. La vie municipale romaine n'en eût souffert aucune atteinte et on devrait retrouver chez les Roumains, revenus plus tard dans la Dacie, au moins quelque réminiscences de cette vie municipale. Si nous ne rencontrons absolument rien de pareil, quelle en peut être la cause, sinon que le peuple romain, embrassant la condition de bergers dans les montagnes, perdit, avec la pratique de la vie civilisée, toutes les notions relatives à l'état romain? Or, si la condition de bergers est indispensable pour expliquer cette solution de continuité complèle de la vie de l'état chez les Roumains, quelle nécessité peut-on trouver à faire passer le Danube aux Roumains pour leur faire chercher un refuge toujours dans les montagnes, lorsque celles-ci entouraient la Dacie de toutes parts et les attendaient pour les abriter?
Mais si les pays roumains ont gardé de nos jours peu de noms daco-romains relatifs aux endroits habités, en est-il de même pour tout le reste de la géographie de cette province?
Il existe certains noms géographiques qui, quoiqu'ils ne nous aient pas été conservés par les sources anciennes, contiennent cependant en eux-mêmes la preuve de leur origine ancienne; leur conservation jusqu'à nos jours dans la bouche des Roumains prouve tout autant que les autres la continuité de ce peuple dans son ancienne patrie. Tels sont le nom de Vulcan, conservé au passage le plus occidental de Valachie en Transylvanie ; celui de Lapistea, dérivé du latin lapis; le nom d'une montagne nommée Muntele Crestianilor, qui con-