‹ Une énigme historiqueChapitre 24 sur 36 · Cf. L. Stein, Leibniz und Spinoza, p · texte numérisé non relu

Cf. L. Stein, Leibniz und Spinoza, p

2. « Necanimabus assignanda sunt quae ad extensionem pertinent, unitatemque earum aut multitudinem sumendam esse constat non ex praedicamento quantitatis, sed ex praedicamento substantiae, id est non ex punctis, sed ex vi primitiva operandi (II, 372), cum indicium substantiae sitactio. » IV, 526. — « Ipsa haec rerum substantia in agendi patiendique

vi consistit. » IV, 507. Il y a en elle « velut perceptio et appetitus ». IV,

LE € VINCULUM SUBSTANTIALE » 45

jamais (nous verrons pourquoi et dans quelle mesure il a raison en cela, même quand il a le tort d'user d'expressions inadéquates et de se borner à des vues embryonnaires) à se libérer de ses attaches empiriques; et, malgré tout ce qu'il vient de nous dire sur la transcendance des substances véritables par rapport à toutes les données expérimentales et imaginatives, nous le voyons se poser le problème des agrégats matériels, de la masse, de la machine organique : Massa, seu malteria secunda et vestita, sive machina organica, ad quam concurrunt innumerae monades subordinatae…. est phaenomenon ut [ris, sed bene fundatum (NH, 118-119). Ainsi Leioniz, tout en séparant l'apparence anthropomorphique et les réalités profondes, continue à les faire, si l'on peut dire, voyager de compagnie. Les agrégats, qui sont pour nous les corps tels que nos sens les perçoivent, ont une réalité tout autre que celle que leur prête notre connaissance empirique; et Leibniz s'ingénie à maintenir à la fois une dissociation radicale et pourtant une sorte de parallélisme entre le réalisme illusoire et le réalisme profond. Il insiste donc sur ce qu'il nomme par un biais astucieux « l'unité semi-mentale des agrégats!' » que nous percevons, comme si, par une sorte de rapprochement des sens et de l’entendement, on pouvait obtenir un produit adultérin, mais viable?. Sans doute, à maintes reprises, il cherche à interpréter en un sens idéaliste ces phénomènes qu'il déclare bien fondés, et même triplement fondés sur les exigences primitives de la matière, sur la perception harmonique des esprits, sur la vision adéquate de Dieu qui fait la vérité des choses en les connaissantÿ. Mais enfin,

4. « Semimentalis unitas. » II, 304, 306.

2. « Materia nempe utique non per se concipitur, sed per partes quibus constituitur. » II, 221, 262, 270; IV, 475.

3. « Deus exacte res videt quales siut secundum geometricam veritatem, quanquam idem etiam scit, quomodo quaeque res cuique alteri appareat, etitaomnes alias apparentias in se contineteminenter. » II, 438. Cf. IV,439,.

il reste toujours que ces agrégats fortuits et inorganiques, nous les distinguons des êtres organiquement composés; et alors il s’agit de savoir (et c’est le cinquième degré) ce qui fait l'unité vivante et indivisible de l'organisme animal.

5° Parmi les agrégats matériels, il en est en effet qui constituent un organisme supposant, entre les innombrables monades qui en sont la condition fondamentale, une « monade dominante » pour conférer à la machine vivante une unité!, une hiérarchie de fonctions, une spontanéité que l’automatisme ou le mécanisme cartésiens ne suffiraient pas à rendre possibles, ouintelligibles. Leibniz, très frappé par les découvertes récentes que le microscope avait permises, et d’ailleurs porté par ses spéculations mathématiques comme par sa théorie des petites perceptions à voir partout des profondeurs infinies, répète à maintes reprises que le monde est plein d’une vie partout répandue jusque dans l’infiniment petit : natura materiae a sapientissimo Auctore constructae semper affectat ordinem seu organizationem (Il, 306)... omniaque, quamquam diversis gradibus, animata sunt (II, 118 et V, 544). Ainsi, malgré les apparences de repos, d’inorganisation, qu'offre la nature à un regard superficiel en maintes de ses parties, il subsiste réellement et partout des organismes, au point qu'on peut dire qu'il n’y a aucune entéléchie qui nesoit attachée à une certaine « matière vêtue et organisée », toujours en mouvement. Leibniz en parle comme d’un fleuve qui coule, et la place sous la domination permanente d’une monade supérieure, tant que la machine animale subsiste ? (II, 306, 482, etc...). Bien plus, jamais la monade n'est dépourvue de

1. « Animal seu substantia corporea, quam Unam facit Monas dominans in Machinam. » II, 252.

2, « Nulla tamen Entelechia affixa est certae parti materiae (nempe secundae) aut, quod eodem redit, cerlis alii Entelechiis partialibus. Nam Materia instar fluminis mutatur, manente Entelechia, dum Machina subsistit. » II, 305.

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