‹ Une énigme historiqueChapitre 6 sur 36 · X LETTRE D'ENVOI AU R. P. AUGUSTE VALENSIN · texte numérisé non relu

X LETTRE D'ENVOI AU R. P. AUGUSTE VALENSIN

doyen Himly, qui préside la soutenance, me demande, moitié souriant, moitié fâché : « C’est un de vos amis sans doute, et ses arguments sont-ils de votre goût? » J'ai pu l’assurer en toute sincérité que le personnage m'était totalement inconnu (je n’ai jamais su son nom), et que je pensais avoir d’autres et de meilleurs arguments à faire valoir. — Mais aussi, qu'en sens contraire, on ne nous serve pas des objections d’aussi pauvre portée. Peut-être, d’ailleurs, n’ai-je pas été le seul à m'étonner, sans oser le dire, qu'un historien de la philosophie, un professeur en Sorbonne püt ou voulûüt paraître ignorer que la Transsubstantiation est en effet un dogme catholique!

Après cette digression qui forme anachronisme, je reprends la petite histoire de mon étude, et je remonte au mois de novembre 1882, à l’École Normale. Dès sa conférence inaugurale aux élèves de seconde année, Émile Boutroux nous dicta une longue liste de questions à traiter : chacun de nous, à quelque section qu'il appartint, devait au cours de l’année scolaire y trouver le sujet d’une leçon et aussi celui d’un mémoire écrit. Je ne fus pas peu charmé d’entendre proposer une étude du Virculum; craignant qu’un rival ne m'enlevât ce thème d'amour dont je pensais que d’autres pouvaient être épris, je me précipitai dès la fin de la conférence pour retenir cette bienheureuse question : empressement qui ne fut pas sans surprendre, je ne dis pas Boutroux qui m'approuva avec un regard de complaisance, mais mes condisciples dont aucunn'avait entendu même nommer cette étrange chose. Ils en conçurent pour mon érudition philosophique une estime très peu justifiée et d’ailleurs un peu ironique. Plusieurs mois, j’étudiai donc, dans

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