‹ Une énigme historiqueChapitre 8 sur 36 · Copie du rapport de M. Brochard · texte numérisé non relu

Copie du rapport de M. Brochard

Paris, 2 janvier 1893.

Monsieur le Doyen,

La thèse latine de M. Maurice Blondel, De Vincalo Substantiali, est

LETTRE D'ENVOI AU R. P. AUGUSTE VALENSIN XIIT

cours de laquelle j'ajoutai, selon son désir, et selon mon vœu spontané, quelques compléments au chapitre final. À la soutenance, l’on m'accorda plus que je n’espérais; l’on admit en somme que tous les arguments extrinsèques et les objections colportées sans examen direct des textes contre la sincérité de l’hypothèse du Vinculum n'étaient pas réellement fondés; donc il ne s’agit là ni d’une mystification, n1 d’un jeu d'esprit sans sérieux, ni d’un escamotage. Toutefois en me concédant que Leibniz avait sérieusement envisagé une difficulté sérieuse et une solution éventuelle, Brochard maintenait (comme si c'était contre ma thèse) que Leibniz avait résolument écarté l’hypothèse proposée, en la considérant comme incompatible avec tout son système personnel. Or c'était là (et il le reconnut ensuite) simplifier imdûment et dénaturer mon dessein, autant que fausser l’attitude de Leibniz lui-même. Car je ne posais pas une alternative entre deux termes brutalement opposés : « Oui ou non, Leibniz a-t-il cru à son Vinculum ? » ; mais j'introduisais trois ou même plusieurs thèses à coordonner plutôt qu’à opposer : d’abord le Vinculum at-il mérité l'intérêt véritable et profond de Leibniz? — Oui. — Ensuite, Leibniz a-t-il pris absolument position pour ou contre cette hypothèse? — Non. —

une étude sérieuse et consciencieuse. Elle a le mérite d'éclairer une partie intéressante et peu connue du système de Leibniz. L'auteur paraît bien connaître et bien comprendre ce système. Ses références sont nombreuses et bien choisies. Son style est clair (je voudrais cependant qu'il mit encore un peu plus de clarté, s’il le peut, dans son chapitre vi), l'argumentation est satisfaisante et bien enchaînée. Je n’hésite donc pas à vous proposer d'accorder le visa à l'œuvre de M. Blondel. — Veuillez agréer, Monsieur le Doyen, l'expression de mes sentiments dévoués.

Victor BROCHARD.

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