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Chez Michel P..…., le rôle funeste des causes adjuvantes, alimentation défectueuse, logement insalubre, encombrement, surmenage, est le même que chez Antoine M... (Obs. V). Michel P... couchait au rez-de-chaussée, dans une soupente humide, recevant l'air et la lumière seulement par la porte. On le transporta, pendant sa maladie, dans une chambre du premier étage, où habitaient quatre personnes, couchant dans des lits bretons, véritables armoires accolées aux murs.
La tante et la sœur de Michel P..., habitant sous le même toit, ont été, à leur tour, prises de la fièvre typhoïde ; j'indiquerai plus loin (Obs. XIIT et Obs. XX) les particularités qui les concernent.
20 avril.
O8s. VII. — Antoine P..., 20 ans, se mit au lit le 20 avril et y resta jusqu’au 25 mai. — Fièvre typhoïde d'intensité moyenne, légère, adynamie. Diarrhée, taches lenticulaires sur la paroi abdominale. Pas de complications à signaler.
Antoine PJ n'ayant pas quitté Tauves depuis trois mois, a donc pris à Tauves même le principe de sa maladie. Deux autres personnes, —'son père et son frère, avec lesquels il habitait, — ont été atteintes de l'épidémie, les 6 et 23 juin. Il est possible que ces derniers aient reçu le contage par l'intermédiaire d'Antoine P... |
20avril:
OBs. VIII. — C.., 22 ans, alité le 20: avril, après une
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quinzaine de jours de malaises : violents maux tête lassitude générale, sueurs profuses, bientôt suivies d'un amaigrissement marqué.
La fièvre typhoïde, à forme adynamique légère, n’a présenté
aucune complication. Le 3 mai C... entrait en convalescence, et
quinze jours plus tard il reprenait ses occupations.
Quoique se sentant très mal à l'aise, C.….. était allé au bois d’Auzolles, pour l'exploitation de la coupe, et s’y était livré, pendant les journées des 17 et 18 avril, à un travail exceptionnel. Le 16, il avait visité Louis G..., qui venait de Ss’aliter (Obs. D) : mais j'ai hâte de dire qu'il est impossible d'attribuer à cette visite l’origine de la contagion, en puissance de laquelle C... se trouvait manifestement à cette date. Comme il n'avait pas quitté Tauves de l’hiver, on ne peut chercher en dehors des causes locales une explication de sa maladie ; l'encombrement a pu y jouer un rôle, en augmentant sa réceptivité. C... couchaiït en effet dans une pièce où se trouvaient déjà les lits de sa mère et de sa grand'mère ; pièce qui, pendant la journée, servait également à l’habitation commune. 3
20 avril.
Os. IX. — Jeanne M..., 28 ans, ménagère. J'ai visité cette malade le 29 avril. Elle était au lit depuis le 20 et présentait les symptômes les plus alarmants ; diarrhée profuse, mélæna ; hémoptysies ; épistaxis ; délire intense, avec agitation extraordinaire, dyspnée prononcée. Température 38°. Décès, le 1‘ mai.
Les débuts de la maladie remontaient, m'a-t-0n dit,
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au commencement d'avril, ils avaient consisté en lassitude, frissons, coliques. D'un caractère très énergique, Jeanne M... avait lutté contre le mal et n'avait cédé qu à la dernière extrémité.
Un tempérament profondément débilité par une maladie antérieure (pelvi-péritonite grave) explique jusqu'à un certain point, chez cette malade, l’évolution rapide, les localisations multiples et l'issue funeste de la fièvre typhoiïde.
20 avril.
OBs. X. — Jeanne G..., âgée de 12 ans, sœur de Louis G... (Obs. D à pris le lit le 20 avril, aux premiers symptômes d’invasion, qui apparurent brusquement et se traduisirent chez elle par des frissons et une céphalalgie accentuée. Sa fièvre typhoïde s’est prolongée cinq semaines, sans prédominance d'aucun groupe symptomatique. Température oscillant entre 39° et 390,5 ; langueur et lassitude prononcées ; anorexie et diarrhée modérées.,
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Ogs. XI. — Giraud G.., son frère, âgé de 10 ans, pris le 21 avril, dans les même conditions, avec une épistaxis en plus, - a présenté au cours de sa maladie un tableau clinique identique. La convalescence a été cependant plus longue que chez Jeanne G...; Giraud n’a été bien guéri qu’au bout de la 7° semaine. :
Ces deux enfants se trouvaient dans un foyer éminemment typhogène, entre leur frère Louis (Obs. D et leur mère, Marie B... (Obs. ID); ils peuvent avoir reçu d’eux le germe de la maladie ; mais, dans cette hypothèse,
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nous nous trouvons en présence d’une incubation bien rapide : huit jours environ. Nous sommes, dès lors, en droit de nous demander si l'infection de l'économie n’est pas réellement plus ancienne qu'elle ne le paraît, et si la cohabitation avec deux malades, dans une atmosphère forcément viciée, au lieu d’être cause première, n’a pas simplement précipité l'explosion des manifestations morbides chez les deux enfants G...
Comme on le voit, la famille G..., atteinte une des premières, à été aussi une des plus éprouvées.
91 avril.
O8s. XII. — Bertrand M... âgé de 29 ans, bourrelier, était souffrant depuis les premiers jours d'avril; courbaturé, sans appétit et se sentant la tête très lourde. IL attribuait son état de malaise à un refroidissement, qu’il avait pris dans une journée pluvieuse passée au bois d’Auzolles, vers la fin de mars.
Lorsque je l’ai vu pour la première fois, le 1°" mai, il était au lit depuis le 21 avril. J’ai pu constater les symptômes caractéristiques d’une fièvre typhoïde dans la période d'état. Température : 39°,4 le matin, 39,7 le soir. Quelques taches lenticulaires sur l’abdomen ; douleur à la pression et gargouillement dans la fosse iliaque droite ; diarrhée, céphalalgie. Bronchite légère. Il n’y à pas eu de complications à noter, au cours de la maladie. La défervescence s’est produite dans le courant de la cinquième semaine. Bertrand M... a pu reprendre à la fin de mailes travaux de sa profession. .
Dans le cas de M..., iln’est pas possible d'établir la
stransmission de malade à bien portant. Pendant les
mois de février et mars, M..., avait fait quelques voya- B. R 6
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ges dans les chefs-lieux des cantons voisins de Tauves ; mais, dans aucune de ces localités, il n’existait de cas de fièvre typhoïde. Ce malade a pu, à la vérité, se rencontrer avec Louis G... (Obs. I), François B... (Obs. IV), et Antoine M... (Obs. VI), mais ceux-ci, qui se trouvaient en même temps que M... dans la période d'incubation, ne sauraient être accusés de l'avoir infecté. C’est d’un autre côté que vient le contage, et la simultanéité des premiers symptômes nous conduit logiquement à admettre l’unicité de cause.
22 avril.
U8s. XIII. — Anne M.…., 42 ans. Tante de Michel P... (Obs. VD) habitant dans la même maison que son neveu, est tombée malade le 19 avril, et s’est alitée le 22. Le 28, température du matin 39,5. Lassitude et faiblesse prononcée ; céphalalgie ; sensibilité de la région iliaque droite, mais pas de gargouillements. Constipation. Râles disséminés, bronchite légère. Le 2? mai, après une abondante transpiration, Anne M, accusait un mieux sensible ; quelques jours suffisaient ensuite pour amener son rétablissement.
Ce que j'ai dit au point de vue des causes adjuvantes (Obs. VD) s'applique à Anne M... qui vivait dans le même milieu que Michel P...
23 avril.
O8s. XIV. — M. V..., 60 ans. Fièvre typhoïde à forme abdominale. Premiers malaises le 20 avril : lassitude; inappétence; frissons. Le 23, M. V... était obligé de prendre le lit. J'ai cons-
taté chez ce malade, en même temps qu'une fièvre continue, une localisation très nette de la maladie au tube digestif : inflammation de la muqueuse buccale, angine catarrhale, accompagnée de dysphagie, estomac douloureux à la pression, surtout du côté droit; de ‘fréquentes hémorrhagies intestinales imposaient la plus grande prudence dans l'exploration abdominale. |
La défervescence, survenue le 25 mai, a coïncidé avec d’abondants vomissements bilieux, que nous avons attribués à de La cholicystite.
Malgré la gravité de la maladie, le retour à la santé s’est effectué progressivement, à partir de la fin de mai, sans rechute ni complications, en une vingtaine de jours.
Comme M. V..., n'avait visité aucun typhique, il faut chercher ailleurs, dans d’autres circonstances locales, la vraie cause de sa maladie.
La gravité des accidents qu'elle a présentés s'explique jusqu’à un certain point par le surmenage ; M. V... s’étant imposé un surcroît très notable d’occupalions pendant les premières semaines d’avril.
93 avril:
Le même jour que M. V..., le 23 avril, les sieurs Laurent P..., âgé de 22 ans, clerc d’huissier, et François B..., âgé de 40 ans, cultivateur, après une période d'accidents prémonitoires d’une dizaine de jours, payaient leur tribut à l'épidémie.
| Ogs. XV. — Laurent P..., a souffert d'une fièvre typhoïde, sans forme accusée ; qui n’a donné lieu à aucune complication et a guéri en cinq semaines.
23avrul.
O8s. XVI. — François B... a été plus sévèrement touché par le fléau. Du 25 avril au {0 mai, ce malade est resté dans un état d’adynamie prononcée, qui, au moment de l'apparition des taches lenticulaires, est devenue extrême. François B..., ayant à peine conscience de ce qui se passait autour de lui, paraissait atteint de surdité.
Il entrait cependant en convalescence, lorsqu'un écart de régime, en provoquant chez lui une violente hémorrhagie intestinale, est venue mettre sa vie en danger ; des injectious hypodermiques d'ergotine, des potions opiacées ont eu raison de cet accident, et, après un léger retour de fièvre, François B... s’est acheminé définitivement vers la santé.
La recherche de l’origine de l’infection est tout aussi négative, chez ces deux malades que dans les observations précédentes, au point de vue de la transmission de l’agent morbide par un sujet contaminé, ou d’un contage provenant d’un foyer épidémique autre que Tauves. Laurent P... et François B... n’ont pas quitté cette localité de tout l'hiver ; c'est donc assurément dans le milieu où ils vivaient qu'était véhiculé le germe typhique par lequel ils ont été envahis.