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O8s. XVII. — Annette C..., 16 ans, bergère, commença le 16 avril à éprouver une lassitude extraordinaire, à se plaindre de mal de tête, de coliques et de courbature ; elle fut obligée de garder le lit du 23 avril au 30 mai. Fièvre typhoïde à forme abdominale, adynamie marquée au cours de la période d'état.
D'abondantes transpirations accompagnèrent la défervescence, qui se manifesta vers le 20 mai. |
Habitation dans un rez-de-chaussée, insuffisamment aéré par une seule fenêtre et une porte; séparé par un plancher simple d’un grenier, dans lequel un boucher du voisinage fait sécher des peaux. Encombrement résultant de l’entassement, dans la même pièce, d’une famille composée de quatre personnes. Alimentation insuffisante; misère complète. Et cependant, dans cet intérieur où toutes les conditions, y compris la malpropreté, paraissent réunies pour favoriser la diffusion de l’épidémie, Annette C... reste la seule atteinte ! tant il est vrai qu'il y a des organismes réfractaires à l'imprégnation typhoiïdique.
30 avril.
Ogs. XVIII. — Dans la mème maison qu'Annette C.….. et dans des conditions analogues, les époux M... occupaient une chambre voisine de la sienne, avec leurs deux enfants : Marie, âgée de 13 ans et Antoinette, âgée de 4 ans. Dès le 20 avril, Marie avait quitté sa famille pour entrer, comme bergère, au service d’un cultivateur habitant le village de Granges, à peu de distance de Tauves. Au moment de son départ elle était déjà souffrante, se plaignait d’avoir le cou raide, et avait eu des saignements de nez. Son état ne tarda pas à empirer, et, au bout de quelques jours, son maître dut la renvoyer chez elle, où elle s’alita le 30 avril.
Du 3 au 11 mai la malade, en adynamie complète, fut réduite à l’état de masse végétative, ne reconnaissant personne, ne manifestant aucun besoin. Sa température oscillait entre 39°,8 et 40°,4. Vomissements, météorisme abdominal, diarrhée pro-
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fuse, amaigrissement excessif. Marie M... résista cependant à la violence de l'infection typhique et put quitter le Lit à la fin ‘de mai.
Il n’est pas possible de soutenir que cette malade à pu être contagionnée par sa voisine, Annette C..., puisque les accidents prémonitoires se sont produits simultanément chez toutes deux, ni que nous nous trouvons ici en présence d’une épidémie dite de maison. Malgré l'insalubrité notoire des logements occupés par les familles M... et C..., il faut rechercher ailleurs que dans cette insalubrité l'explication des deux cas précédents.
Comme il n'apparait point, d'autre part, que ces deux cas aient été provoqués par une importation quelconque, je suis bien autorisé à les rattacher au foyer épidémique existant à Tauves, dont je discuterai l’origine, une fois la liste des observations épuisées. ,
30 avril.
OBs. XIX. — Léon B..., âgé de 9 ans, habitant chez ses parents, au chef-lieu d’un canton voisin, était venu voir sa grand'mère à l’occasion des fêtes de Pâques. Il accompagnait celle-ci au bois d'Auzolles, Le 10 avril, jour où se faisait Le tirage de la coupe ; mais, dès le lendemain, l'enfant commençait à se plaindre de malaises qui furent mis sur le compte de la course un peu longue qu’il avait dû faire. Les jours suivants, ces malaises ne firent qu'augmenter : courbature, maux de tête, coliques ; enfin, le 30 avril, Léon B... prenait le lit pour ne plus se relever. |
Je l'ai visité pour la première fois le 3 mai, et j'ai constaté chez luides phénomènes morbides d’une intensité peu ordinaire.
Jusqu'au dernier jour, la température s'est maintenue au dessus de 40, présentant des oscillations très peu étendues. Le 6 mai, taches ; respiration 48 ; pouls 132 ; agitation extrême, et, par intervalles, anéantissement complet ; diarrhée profuse, jaune, ocreuse, fétide ; relâchement des sphincters anal et vésical: Le 9 mai, dans la matinée, l’état aynamique s’accentue, le pouls et le cœur s’accélèrent et s’affaiblissent, le collapsus commence ; Léon B... succombe dans l'après-midi.
30 avril.
O8s. XX.— Joseph M.., 12 ans, élève externe chez les frères de St-Gabriel, habitant avec son père et sa sœur une des maisons les plus éloignéés du centre de la localité, avait été comme Léon B... (Obs. XIX) au tirage de la coupe du bois d'Auzolles, le 18 avril. Les phénomènes prémonitoires ont présenté chez Joseph M... la même allure que chez Léon B... etont eu la même durée. Il s’est mis au lit le 30 avril, même jour que Léon B..., mais, plus heureux que ce dernier, à la fin de mai, Joseph RE ‘était en pleine convalescence.
Le ? mai, la température prise le matin atteignait 39°,1 ; le soir 39,2 ; le malade se trouvait dans la période d'état de la fièvre typhoïde et en avait le masque typique. Prédominance de la forme adynamique : stupeur profonde et persistante, surdité, diarrhée abondante. Comme chez Marie M... (Obs. XVIIT), dont la maladie présentait les mêmes caractères, la terminaison a été favorable.
La famille de Joseph M..., composée de trois personnes, le père et deux enfants, à été l’une des plus éprouvées par l’épidémie ; aucun de $es membres ne devait échapper à la contagion. Au moment où Joseph M... était en voie de rétablissement, du 20 au 25 mai, sa sœur,