‹ Une épidémie de fièvre typhoïdeChapitre 20 sur 32 · ARE ARE · texte numérisé non relu

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Les travaux des bactériologues nous apprenant que le bacille typhique pouvait se rencontrer hors de l’organisme humain, dans les milieux les plus divers : matières fécales, terre végétale, vase, fumier de ferme, eau plus où moins pure, etc. ,sont venus nous donner la clé d’épidémies autrefois restées inexpliquées, lorsque toute relation de fièvre typhoïde à fièvre typhoïde échappait à l'observateur, à raison du temps écoulé.

Nous verrons, en étudiant l'épidémie de Tauves, jusqu’à quel point cette relation peut être lointaine.

Dès que le D' Guérin eut constaté la nature de l’épidémie en présence de laquelle nous nous trouvions, notre première préoccupation fut d’en rechercher les causes, afin d'y remédier et d'arrêter, s’il était possible, la marche du fléau.

La fièvre typhoïde avait-elle été importée par un malade, ou bien était-elle née sur place ? Dans cette dernière hypothèse, quelle était la provenance du bacille typhique ; dans quel autre milieu qu’un organisme vivant avait-il pu se développer ; par quel mode de véhiculation avait-il pris possession des malades de Tauves? Telles étaient les questions que nous avions à résoudre.

L'importation ? — On pouvait tout d’abord songer à la venue, dans ses foyers, d'un militaire en congé de convalescence, et qui, incomplètement guéri de la fièvre typhoïde, en aurait semé le germe autour de lui. Nous fûmes promptement fixé sur ce point. Des renseignements, pris à une source officielle, nous apprirent en effet que si deux soldats, appartenant à la garnison de

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St-Etienne, étaient venus en congé à T'auves, les 22 décembre 1889 .et 22 mai 1890; le premier, Antoine P..., relevait d'une pleurésie, le second était atteint d’une maladie des centres nerveux. Antoine P..., reparti pour St-Etienne lé 20 mai 1890, devait nous prouver plus tard, fâcheusement pour lui, qu’il n'avait été pour rien, au mois d'avril, dans l'importation de l'épidémie à Tauves. Libéré du service militaire, à la fin de septembre, Antoine P... rentrait chez lui pour tomber malade de la fièvre typhoïde et en mourir le 10 octobre (obs. XL). I fut une des dernières victimes de l'épidémie.

Fallait-il donc rechercher l’importateur parmi les 20 premiers malades ?

L'enquête faite nous ayant révélé que trois d’entre eux, Marie B. femme G..…. (Obs. Il), François B.…. (Obs. IV), Bertrand M... (Obs. XII), avaient quitté Tauves dans le cours de l’hiver, nous devions nous assurer qu'ils n'avaient pas été exposés à la contagion typhique durant leurs voyages. En ce qui concerne Marie B... et Bertrand M..., la preuve négative en a été faite, aussi rigoureusement qu'il était possible en pareille matière (voir aux observations). Pour François B:.., cette preuve était plus difficile à établir, tant à raison de la multiplicité de ses voyages, que des circonstances dans lesquelles il les faisait : foires et marchés, marchés de Clermont-Ferrand, marchés de la Villette.

Mais n’était-il pas démontré par les faits eux-mêmes, qu'il n'existait pas d’importateur parmi les individus formant le groupe épidémique d'avril ? La simultanéité des accidents prémonitoires, la massivité de la contagion,

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