‹ Une épidémie de fièvre typhoïdeChapitre 23 sur 32 · TES · texte numérisé non relu

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conditions qui l’isolaient de tout contact morbigène, son.

cas devient absolument typique et probant.

Nous étions donc, comme on le voit, suffisamment autorisés par les faits à dénoncer l’eau potable comme le facteur probable de l'épidémie et à demander à ladministration locale, la mise en interdit de la source suspecte. | )

C’est ce que nous nous hâtàämes de faire et je dois à la vérité de dire que le maire de Tauves, M. Brun, se prêta dans cette circonstance, avec un louable empressement, à tout ce que nous lui demandâmes dans l'intérêt général.

Comme la ville de Tauves possède un certain nombre de puits et une autre fontaine qui n'ont rien de commun avec la source des fontaines de la Halle, on put supprimer l’eau de ces dernières sans que pour cela le public eût à en souffrir. Le maire fit donc ouvrir le canal de dérivation du réservoir supérieur, et l’eau de la source, à son point d'émergence, cessa de pénétrer dans la canalisation; cependant les fontaines de la Halle ne furent pas complètement taries ; un mince filet d'eau continua de couler. x

Ce filet d’eau ne s'arrêta qu'après le nettoyage d’un regard intermédiaire traversé par la canalisation ; à son ouverture, ce regard fut trouvé rempli d’eau d'infiltrations provenant des terrains voisins, le canal d’évacuation étant obstrué. En ce point de leur parcours, les conduites des fontaines étaient munies d’une ouverture bouchée par un tampon de décharge, qui permettait la

, dérivation de la source en cas de réparation. Le canton-

RP EUNLE.

nier de ville chargé: du service des eaux attribua au serrage imparfait du tampon le défaut d'étanchéité de la conduite. Nous verrons plus tard que cette explication

n’était pas la vraie.

Quoi qu'il en soit, les fontaines de la Halle cessèrent d'alimenter Tauves le 5 mai et ne furent remises en marche qu’au mois de juin.

Quelle influence cette mesure allait-elle avoir sur la marche de épidémie, au regard ‘de la population qui faisait usage de l’eau des fontaines de la Halle? Le schéma de la page 31 rend visible l'effet obtenu :

Décroissance accentuée en mai, chute brusque et arrêt complet de la morbidité en juin, après trois derniers cas. Or étant donné que la moyenne de lincubation est de 18 à 30 jours, c'était précisément en juin que devait se produire sur l’évolution de la fièvre typhoïde, à Tauves, l'effet utile de la fermeture de la source incriminée, s’il était vrai qu’elle fût le principal facteur de l'épidémie. Ce résultat à été d'autant plus marqué que l'analyse des trois cas de juin nous démontre, à n’en pas douter, que deux de ces cas sont dus à la cohabitation des récepteurs avec un malade, tandis que le troisième peut reconnaître pour cause la contagion par l'air, ou une infection hydrique à incubation prolongée. !

En analysant (page 6?) les 47 observations rapportées au chapitre IT, j'ai attribué à des circonstances locales extérieures 30 cas dont je ne pouvais expliquer l’origine par une transmission d’individu à individu. Ces 30 cas sont-ils dus à l’eau des fontaines de la Halle? Pour 25 d’entre eux, la réponse doit être affirmative ; mais, pour

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