PEROU UE
La vase (1) paraît être un milieu des plus favorables au bacille typhique. Les faits abondent pour le démontrer.
Signalons en première ligne une expérience de MM Chantemesse et Widal, qui, ayant semé des bacilles sur l'eau d’un flacon dont le fond était recouvert de terre et de sable, ont constaté, au bout de deux mois, que les bacilles tombés sur le sable étaient parfaitement susceptibles de revivification. MM. Chantemesse et Widal rapportent une expérience analogue, fournie en 1885 par l'épidémie de la caserne de la Nouvelle-France. Le curage, d'un réservoir fut suivi d’une épidémie de fièvre typhoïde (2).
Dans ses recherches au cours de l’enquête sur l'épidémie de Clermont-Ferrand, en 1886 (3), M. Chantemesse © a découvert le microbe typhique dans le dépôt vaseux du réservoir d'alimentation d’une maison de Clermont- Ferrand.
Une très intéressante enquête du D' Léon Baraduc de Saint-Éloy, sur une épidémie à Mons, relate des faits du même genre. Huit mois après le lessivage du linge de deux typhiques, une source d’eau potable, dont le tropplein se déversait dans le lavoir où avaitlieu ce lessivage, se trouva infectée par le bacille typhogène. Le lavoir en question étant au-dessous de la fontaine, il a donc fallu quele bacille envahit par diffusion de ses colonies tout
(1) Surtout la vase des lavoirs, à raison sans doute de son alcalinité, due au savon et à la lessive.
(2) CHANTEMESSE et WipaL. Archives de physiologie, 1887. Bacille typhique.
(3) BROUARDEL et CHANTEMESSE. Annales d'hygiène, mai 1887.