‹ Une excursion au Congo belgeChapitre 11 sur 58 · POISSON DU CONGO · texte numérisé non relu

POISSON DU CONGO

Industrie locale.

jSr IGNALONS d'abord un préjugé Pp trop répandu, qui prétend que \i^ les nègres sont de leur nature f^£ paresseux et lents, ineptes à une occupation quelque peu durable, dépourvus d'initiative tant au point de vue intellectuel que matériel.

Voilà une erreur manifeste, et, non seulement tous ceux qui traitèrent les nègres du Congo avec douceur et les mirent à l'ouvrage en conviendront avec nous, mais aussi ceux qui virent les produits remarquables de l'industrie locale, produits qu'à notre grand regret, nous ne pouvons citer ici en détail ni exposer aux yeux de nos lecteurs.

Au contraire, la vérité exige de dire que le nègre veut travailler, qu'il peut travailler et qu'il travaille de son propre mouvement, chaque fois qu'on l'y invite avec douceur, qu'on le dirige avec fermeté dans ses occupations et qu'on le paie suffisamment.

Certes ! le nègre veut tout d'abord être traité en être humain et c'est son droit ; et s'il demande, en outre, un salaire mérité en retour de son travail, rien de plus juste encore, aussi bien pour lui que pour ses frères blancs ; et, s'il n'exigeait pas cette rémunération, ce serait là, indubitablement un signe de manque d'intelligence.

Qu'on consulte sur ce point des hommes comme Van Kerckhoven, Cocquilhat, Lemaire et tant d'autres courageux

explorateurs, qui durent demander l'aide des noirs et qui surent agir avec douceur et avec jugement, ils vous diront que les nègres travaillent volontiers et longtemps quand on les encourage, les loue et les dirige.

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