MONUMENT DE DE BRUYNE ET LIPPENS, A BLANKENBEROHE
— J'ai promis à mon supérieur de retourner à lui et je retourne ! et le jeune héros, dans la fleur de l'âge, alors qu'il pouvait si facilement se sauver, retourna pour chercher une mort certaine !
Quelques jours après, sur les ordres de Séfou, les têtes de Lippens et de De Bruyne furent exposées sur les palissades des forts de Kassongo !
Jeunes Belges, lorsqu'en vous promenant sur la plage de Blankeuberghe, vous passez devant la statue de De Bruyne, saluez ce modeste héros et respectez sa mémoire !
Util
Habitants.
., ES aborigènes du Congo appartiennent exclusivement à la race noire ou nègre et les seuls habitants, qui y fassent exception, sont les descendants de ces Arabes, qui y pratiquaient jadis cet affreux commerce d'esclaves.
Qu'on ne s'imagine pourtant pas que tous les nègres congolais ne forment qu'un seul type ; il y a parmi eux tant de dissemblance sous le rapport de la figure, de la couleur, des cheveux, de la structure, de la langue etc., que des voyageurs, qui ont traversé maintes fois ces contrées et étudié attentivement la population, constatent à première vue à quelle tribu appartient un Congolais qu'on leur présente. Comme nous devons faire connaître plus loin toutes ces particularités, nous nous bornerons pour le moment aux observations générales.
Le Congolais, à peu d'exceptions près, est un gaillard robuste, bien constitué, d'une taille au-dessus de la moyenne, ayant la peau foncée, le crâne allongé, le front bas et oblique, le nez plat et large, les lèvres grosses, la bouche proéminente ; il appartient donc visiblement à la race des prognates, ou peuples aux arcades sourcilières proéminentes.
Les cheveux, qui sont courts et crépus, sont de couleur rouge-brun et non d'un noir brillant; la barbe est rare quoiqu'il y ait quelques tribus chez lesquelles on trouve une peau velue et une barbe frisée.
Vivant dans une contrée où, en temps de paix, il y a peu à faire pour se procurer le pain quotidien, le Congolais, comme du reste tous les habitants de la zone torride, est peu enclin au travail et préfère laisser aux femmes tous les travaux fatigants ; mais cela ne prouve pas que le nègre est de sa nature paresseux et lent, car nous verrons plus loin qu'il
est apte au travail, pourvu qu'on le conduise et le gouverne en l'encourageant ; car les nègres sont de grands enfants !
Comme nous le disions plus haut, la population du Congo est divisée en trois tribus principales : les Nubas, les Bantous et les Azandes ou nains ; mais ces trois peuplades principales sont subdivisées en une foule de petites tribus, dont nous nommerons les plus remarquables.