‹ Une excursion au Congo belgeChapitre 50 sur 58 · SILURE DU HAUT-CONGO · texte numérisé non relu

SILURE DU HAUT-CONGO

EA TRAITE DES NOIRS. 109

Lutte européenne contre la Traite des Nègres.

Enfin les cris de détresse de tant de malheureux Africains, eurent un écho en Europe, et l'on y chercha des moyens de remédier efficacement à tant de crimes en empêchant l'horrible traite des nègres.

Au commencement du siècle dernier bon nombre de philanthropes, de législateurs et de personnages haut placés tentèrent des efforts dans ce but et en 1815 l'Angleterre, la France, les Etats-Unis d'Amérique et quelques autres puissances s'allièrent pour combattre la traite et surtout pour empêcher le transport par mer du bétail humain.

Des navires, destinés à faire la chasse aux négriers, traversèrent les océans, examinant les chargements suspects, libérant les esclaves, poursuivant les navires qui tentaient d'échapper et les coulant au besoin.

L'Angleterre et les Etats-Unis avaient déjà en 1807 aboli officiellement la traite des noirs; les autres puissances suivirent cet exemple ; seul le Portugal résista, mais en vain.

Ces mesures portèrent un coup sensible à la traite, surtout par mer, mais le fléau persista sur terre et on offrit toujours publiquement sur les Côtes africaines, ainsi que sur les marchés de l'intérieur, des esclaves en vente au plus offrant, tandis que les puissances fermaient les yeux pour ne pas voir.

Il faut dire à l'honneur de la petite Belgique que c'est elle qui a fait le premier pas décisif pour en finir avec la traite.

Grâce à la puissante parole du Cardinal Lavigerie, qui se fit entendre à la Sainte Gudule à Bruxelles, les esprits se montèrent ; une union antiesclavagiste surgit en Belgique sous la direction et la protection du roi et des plus hauts personnages du pays.

En d'autres pays encore le grand orateur se fit entendre ; partout des sociétés furent fondées ; mais c'est la Belgique qui se mit à la tête du mouvement et qui agit le plus efficacement.

C'est alors qu'une vaillante pléiade de Belges, courageux et intrépides, disant adieu à tout ce qui leur était cher et avec la quasi-certitude de ne plus revenir, se rendirent au pays noir pour y combattre les Arabes sur leur propre terrain et y rendre désormais impossible lejparcours du Centre Africain aux marchands d'esclaves.

Le but qu'on se proposa était bien fixé : ériger dans la région du Tanganika un obstacle sérieux, capable d'arrêter toute caravane, qui tenterait de se rendre de la côte orientale vers le Manyema, situé au centre de l'Afrique ; de lui barrer le chemin et de libérer tous les esclaves.

La tâche parut difficile, même impossible de l'avis de presque tout le monde ; on pensait qu'elle était au dessus de nos forces, mais ils ne connaissaient pas les Belges et à présent nous pouvons déclarer avec une fierté légitime, que l'œuvre grandiose fut menée à bonne fin par nos compatriotes, malgré tous les dangers et tous les obstacles ! C'est cette lutte, qu'il nous faut raconter.

LE STEAMER LEOPOLDVILLE A BOMA.

LA TRAITE DES NOIRS

Suppression de la Traite des Noirs dans l'Afrique centrale-

Parmi les marchands d'esclaves, qui à la fin du siècle dernier infestèrent le Centre Africain, il faut nommer tout d'abord le fameux Tippo-Tip.

A côté de ce marchand de bétail humain, nous y trouvions encore les chefs Kibonge, Munie Moharra et Rumaliza. Ce dernier dont le nom véritable est Mohamed-ben- Relfan, résidait à Ujiji et dominait dans toute la contrée septentrionale du lac de Tanganika; il avait plusieurs acolytes tels que Munie- Hassan, etc. qui tous ensemble disposaient de 12 à 15.000 hommes.

Disons ici en passant que Tippo- W} Tip fut écarté très habilement par ^ le roi Léopold, qui lui offrit le gouvernement d'un important district, avec un traitement très élevé ; le rusé renard, qui pressentait sans doute quelle serait la fin de la lutte engagée, accepta et, soit dit en son honneur, il tint honnêtement ses engagements.

Tippo-Tip avait été le véritable chef de tout le mouvement et les autres n'étaient que ses lieutenants. Son nom effectif était Hamed-ben-Mohamed et déjà en 1867 Livingstone avait eu affaire à lui près du lac Moëro.

Il séjournait tantôt à Kassongo, tantôt aux Stanley-Falls. Il avait libéré quelques-uns de ses esclaves les plus intelligents et les plus fidèles et leur avait confié des postes, ce qui était d'une habileté consommée. Ainsi il se fit remplacer au Lomami Supérieur par Gongo Lutete, Pania Matembe et Loupoungou.

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