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Comme uous avions toute la longue journée à passer ici, je me rends à terre pour ‘“ :dier les productions naturelles que pourrait m'offrir la grève ou la végétation de la rive.
Je laisse donc le quai avec ses travailleurs et m’avance sur la plage, l’ombrelle sur la tête et la canne à la main pour déloger les spécimens que je découvrirais plus ou moins cachés dans le sable, Mais voici que ma présence est tout un événement pour les nombreux habitants noirs de la rive, Avec mes pantalons noirs et mon habit gris, on me prend
partout pour le capitaine du steamer à l'ancre où s'opère le f chargement, et les offres de service se présentent de toutes parts.
En vain je m’écarte de la rive pour suivre le bord de l’eau q sur la plage, les mères suivies de leurs marmots nus, les jeunes ” filles surtout, me poursuivent jusque là.
Capitaine, dit un jeune homme, combien me demandez- tc vous pour me transporter à New-York ? Je voudrais y aller d pour y gagner quelque argent; y aurais-je quelque chance ? d
Je dois dire que partout ici c'est la langue anglaise dont À on fait usage. s
Une femme suivie de trois enfants nus de 6 à 10 ans vient pi me présenter un fract wesléien, en me demandant quelque chose pour leur église qu’elle me montie dans le voisinage.
— Mais avant de travailler à orner votre église, habillez "
donc ces enfants qui vous suivent.
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DÈ TRININAD A QUÉBEC 337
-— Et pourquoi ? il ne fait pas froid ici, ils sont bien comme cela.
—Et bien, pourquoi ne prenez-vous pas leur costume puisqu'il ne fait jamais froid ?
—Mais ce n’est pas la même chose, les grandes personnes doivent se couvrir, mais les enfants peuvent fort bien s'en dispenser. :
Mais ce sont surtout les jeunes filles qui se montrent avides d'obtenir quelque chose. L'une veut avoir ma chaîne
. de montre, une autre mon ombrelle, ma canne, etc. Donneznous quelque chose, répétaient-elles toutes.
Comme j'en remarquais une beancoup moins noire que les autres, et à traits plus réguliers,
—Mais vous, vous n'êtes pas africaine, lui dis-je ?
— Non je suis portugaise et catholique, n'écoutez pas ces folles de négresses, poursuivit-elle, elles sont effrontées et capables de tout,
—Mais je ne suis pas le capitaine, leur dis-je, je ne suis qu’un passager, et comme je suis naturaliste, je continue à la recherche de spécimens d'histoire naturelle,
Je vis bien à leur air ébahi que naturaliste, spécimens, histoire naturelle, ne se *’ouvaient pas dans leur vocabulaire, tout de même je me mis à cueillir des Littorines que je voyais là sur d'énormes cailloux que venait battre la lame. Les enfants vinrent aussitôt me prêter leur concours, et comme ils ne craigoaient nullement de mouiller leur chemise, ils s'élançaient sans crainte dans l’eau, et m'en apportaient de superbes, Pourpres, Nérites, Patelles etc.
Mais voici que j'aperçois de beaux Oscabrions (Chiton) attachés à des cailloux. Je tente en vain de les décoler avec mes doigts, on les dirait soudés à la pierre. Je tire mon couteau de ma poche, et déjà j'en avais trois beaux dans la main
—c'était la première fois que j'en voyais de vivants—lorsqu’une vagne plus forte que ses dévancières vint frapper sur le’ caillou en me couvrant des pieds à la tête.
Les enfants alors de s'éclater de rire en faisant le plongeon sous la vague leur passant sur la tête, ce à quoi, sans doute, ils étaient habitués. Allons! me dis-je, ce n’est plus ici un noufrage de vase comme à Cocorite, mais un véritable naufrage de mer que je viens de subir. Et ce que je déplorais davantage, ce n’était ni l’eau sur mon habit, ni même dans mes bottes, mais mes spécimens plus précieux que cette vague m'avait enlevés, des trois Oscabrions, il ne m'en restait plus qu’un, mon couteau m'était échappé des mains dans l’assant, et aveuglé par cette aspersion, je ne voyais plus rien. Je retrouvai bien mon couteau au retrait de la vague, mais pour mes spécimens ils étaient disparus.
Que j'apprécie le mérite de ces naturalistes qui ont voulu voir la nature à l’œuvre, pournoustraduire les mystères de son modus operandi ! Que de mésaventures de ce genre, et souvent aussi d’un caractère beaucoup plus grave, il leur a fallu subir !
Les bords de la mer ont toujours eu pour moi un attrait particulier, les formes de vie qu’on y rencontre m'inspirent toujours un intérêt constant.
J'aurais voulu poursuivre plus longtemps mes investigations, mais je craignais pour ma santé en demeurant plus longtemps mouillé comme je l’étais. Je revins donc reprendre la chaloupe pour retourner au steamer, content, malgré ma mésaventure, de la récolte que j'avais pu recueillir et encore plus des observations que j'avais pu faire sur des êtres vivants que je n'avais cornus jusque là que par certaines portions mucttes de leur individualité,
Le retour toutefois ne s’opéra pas sans une nouvelle attaque :
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des jeunes filles qui m’attendaient sur la plage. Donnez moi votre mouchoir, disait celle-ci; votre cravate, disait une autre ; un cheïin, oh ! oui, un chelin, s’exclamait une troisième.
—Tout ce que j'ai m'est nécessaire, leur dis-je, et il me faut de l'argent pour m'en retourner. Quant à vous, vous avez ce qu'il vous faut quand vous voulez travailler, et bien travaillez et vous ne manquerez de rien.
—Travaillez ! on voudrait bien vous voir à piocher la terre dans les champs de canne ; vous ne savez pas comme elle est dure. Travaillez, c’est aisé à dire pour ceux qui ne font rien.
—N'allez pas croire que je ne travaille pas, le travail est une loi commune à tous les hommes, chacun à son lot de misères ici bas ; mais pour être heureux, il faut travailler. Si vous faisiez votre travail pour Dieu, en l’acceptant avec soumission à sa sainte volonté, vous le supporteriez avec contentement, bien plus, avec bonheur.
Je les laissai là-dessus, tout ébahies, n’ayant jamais, je pense, entendu de telles paroles de la bouche d’un capitaine: L'une d’elles cependant me parut moins surprise, et à plusieurs reprises elle avait voulu modérer l’indiscrétion de ses campagnes. C'était cette portugaise dont j'ai parlé plus haut.
Je ne voulais pas laisser St-Kitts sans me pourvoir d’une belle canne à sucre pour mon musée, car avant de venir ici je n’en avais encore jamais vu.
A 7h. le chargement est opéré, et nous laissons Sandy- Point. Nous passons entre les îles St-Eustache et St-Martin, pour perdre presque aussitôt la iurre de vue, car l'obscurité de la nuit vient bientôt nous enlever la vue de quelques autres îles que nous anrions pu voir encore, La soirée était des plus agréables et la mer bien accommodante.
Dimanche, 20 mai.—A 6h. je monte sur le pont; plus de terre en vue, notre phare même du Sombréro est sonstrait
PRE = ve eq uirees SRE TRLES =
É a nm Se ar or
à nos regards. La mer est assez calme, mais le temps qui demeure couvert nous annonce de la pluie. Aussi, quoique la mer soit paisible, tout le monde paraît ennuyé, comme de mauvaise humeur. Tout le monde—et moi plus que bien d’antres peut-être—se trouve plus ou moins affecté par la disposition de l’atmosphère. Et j'ai cru noter que cet effet se faisait bien plus remarquer sur mer que sur terre. Le temps est-il sombre, maussade ; toutes les figures s’allongent, chacun est morne, c’est à peine si l’on peut soutenir la conversation. Mais un soleil brillant vient-il dès le matin chasser les nuages de sa douce haleine, illuminer la masse liquide qui semble prendre plaisir à recevoir ses caresses ; tout se ranime, se réveille, les poissons volants se montrent par milliers, la brise semble porter des sourires, et la satisfaction, la joie se reflète sur toutes les figures. Personne ne s'ennuie et la conversation ne manque jamais d’entrain.
Notre petit bateau ne nous permet presque pas de mouvements les jours de pluie, aussi en passons-nous la plus grande partie à lire dans nos lits, lorsque nous pouvons obtenir assez de lumière, ou à prendre des provisions de sommeil pour combler des lacunes antérieures ou anticiper sur les mauvaises heures qui pourraient survenir,
C’est aujourd’hui le grand jour de la Pentecôte, Nulle trace de dimanche dans notre société, chacun vaque à ses occupations ordinaires ; pour nous, prêtres, nous sommes en esprit au pied de nos autels, et dans la récitation du saint office, nous chantons avec nos frères :
Veni, Sancte Spiritus, Et emitte cœlitus Lucis tuæ radium.
Oui, du haut du Ciel où vous trônez, envoyez un rayon de votre lumière qui éclaire les multitudes d’aveugles de notre .
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pauvre planète : aveugles inconscients, qui n’ont jamais connu la lumière ; aveugles égarés et perdus dans les sentiers de l’erreur où les retient l’hérésie; aveugles volontaires, qui connaissent la lumière et ferment les yeux pour ne pas la voir. Que tous, dociles aux inspirations de la grâce, ne fassent plus qu'un même troupeau, n’ayant tous qu’un seul bercail.
Lundi, 21 mai, en mer.— Le soleil se lève tout radieux ce matin. Roi magnanime et généreux, il semble avoir donné congé à tous les officiers de sa cour pour poursuivre seul sa besogne ordinaire. À peine quelques légers nuages, quelques vapeurs légères à l'Orient se dorent et s’enflamment pour annoncer son arrivée; il paraît aussitôt, et inonde le monde de sa lumière étincellante et de sa douce chaleur. De nombreuses hirondelles qui nous suivent encore, des paille-en-queue qu’on voit voler au loin, des troupeaux \J’Exocètes qui font étincelér ses rayons sur leurs nageoires en effleurant les vagues, sont seuls à peu près à saluer son arrivée ; les sourds ronflements s’échappant des cabines nous disent assez que la plupart des passagers, retenus dans les bras de Morphée, n'ont pris guère souci d'assister au spectacle. La mer calme et presque sans ondulations semble s’harmoniser avec le reste de la nature pour chanter les louanges de l'Esprit vivificateur à qui tout est soumis.
Les raisins des tropiques s'étendent par-ci par-là en larges nappes dorées, ear la mer des Sargasses sans s'étendre jusqu'ici, nous envoie des bribes de ses abondantes productions,
Mardi, 22 mai, en mer.—Même temps qu'hier, douce température, mer calme. Les hirondelles qui nous avaient
suivis jusque là sont disparues, seuls les paille-en-queue se
montrent encore par temps.
Mais voici que nous tombons dans la mer d'huile ; ce n’est pas.un endroit spécial où la mer.se montre ainsi lisse, mais. c'est
une condition particulière de l’atmosphère et de la mer qui fait que la surface liquide paraît plane de toute part, sans aucune endulation, et se crispe de fines rides comme si, eouverte d’une eouche d'huile, le vent était impuissant à la soulever en vagues.
Comme le vent tient de l’Est, les voiles sont tendues pour aider encore à la vapeur. Mais vapeur et voiles ne peuvent faire un mareheur de notre Bermudu, 10 à 12 milles à l'heure est tout ce qu’il peut faire.
Mais voici que se montrent de nouveau ces fioles vi. treuses à la surface de la mer que j'avais remarquées en allant, et que j'avais attribuées aux Argonautes. Sont-ce bien des Argonautes ? Je l’ignore et j'en doute. Il est reconnu aujourd’hui que eette manière de naviguer qu’on prêtait aux Argonautes et qu'on avait empruntée aux anciens, est une fable. L’Argonante, comme tous les autres Octopodes, opère sa marche à reculons au moyen de son siphon qui refoule l’eau. Cependant comme elle a deux bras tentaculaires allongés et dilatés à l'extrémité, ne seraient-ce pas ces bras qu’elle étalerait ainsi, non pour en faire des voiles livrées au vent, mais dans l’état de repos, lorsque la mer est calme ? Car en allant et revenant c’est toujours par un grand calme que j'ai vu ces vessies s’étaler sur l’eau. Que j'aurais voulu en capturer seulement une, pour la reconnaître! Impossible ; nous ne passions pas assez près d’elles pour les prendre avec mon seul filet à insectes, et on n'allait pas arrêter le vaisseau pour mettre une chalouppe à la mer. Je laisse la question à décider par d’autres plus entendus que moi ou placés dans des conditions plus favorables, mais j'avoue que ce n’est pas sans un grand chagrin que je passe ainsi sur un fait en histoire naturelle sans pouvoir en avoir l’explication,
Mercredi 23 mai, en mer.—lJ’avais eu soin, en montant sur notre bateau à Antigue, de mettre en sureté sur l'arrière du vaisseau les deux pots de fleurs que m'avait donnés Mad,
-Camacho, leur assurant le grand air tout en les abritant contre
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les rayons du soleil. En allant les arroser ce matin, j'ai resonnu qu'ils avaient été maltraités ; les matelots, en faisant la toilette ordinaire du vaisseau, avaient laissé porter sur mes pots, le jet d’eau salée de leur boyau qu'ils promènent par-
tout; les pots avaient été renversés, et un seul bain d’eau salée
était suffisant pour leur donner la mort. Le Bégonia surtout était tout fané et sans vigueur. Aussi, malgré tous mes soins, je n’ai pu, avec grand chagrin, le rappeler à la vie, et en arrivant à New-York, il ne me resta plus que les pots à offrir à la servante pour qu’elle les garnît de nouveau.
Le temps se couvre dans l'après midi et nous avons un petit grain qui nous force à laisser le pont.
Jeudi, 24 mai, en mer.—Encore nn peu de pluie ce matin, cependant vers 9 h. le soleil vient dissiper les nuages et se montrer radieux.
Malgré la monotonie de la vie de bord, les jours s’écoulent encore assez rapidement. Et tout d’abord la méditation du matin ; quelles circonstances plus propres à commander le recueillement, surtout lorsqu'on monte sur le pont, suivant mon habitude, avant que les matelois ne se mettent à la toilette du vaisseau, car alors c’est une inondation de quelques quarts d'heure qui nous contraint d’évacuer la place pour se mettre à l'abri; plus de mouvements divers autour de soi pour nous suggérer des imprsssions étrangères et nous entraîner à des distractions ; l'immensité sur la tête, l’immensité sous les pieds, et l’une et l’autre muettes, silencieuses, sans mouvements, semblant nous inviter à nous unir à elles pour offrir au Créateur, dans le recueillement, l’hommage de notre dévouement avec le tribut de nos adorations. Tout ici s’harmonise pour nous isoler du monde et élever l’âmé à Dieu. Que de fois sous le beau ciel d'Italie, seul, à une heure matinale sur le pont d’un vaisseau fendant l’azur de la belle Méditerrannée, loin de la patrie, séparé
du monde, inhalant avec délices la douce haleine de cette
bénigne atmosphère, je me suis complu à me livrer à l'enthousiasme que commandait la scène pour admirer la grandeur, la puissance et la bonté de celui qui commande aux éléments ! Et sur ces flots verts de l'Atlantique, sous cette atmosphère boréale, moins limpide, plus humide, mais non moins chérie par les hommes du nord, je retrouve l’auteur de toute chose non moins grand, non moins admirable, non moins riche en bienfaits et toujours digne de nos adorations !
Ces longues navigations sur mer sont toujours pour moi des jours de retraite. Forcémenent séparé du monde et de ses hille affaires, je trouve le recueillement plus facile, et le Dieu qui se montre ici si grand dans les éléments, semble aussi se complaire davantage à se faire retrouver au fond du cœur.
Vient ensuite la récitation de l'office, puis les conversations qu’on reprend souvent de la veille pour se mettre plus parfaitement au fait de récits ou d’anecdotes auxquels on attachait grand intérêt ; ajoutez les lectures et les correspondances à préparer avant de toucher le port, tout réuni fait que les heures s’écoulent encore assez rapidement.
Vendredi, 25 mai, en mer.—-Un peu de pluie ce matin, cependant le soleil vient la remplacer vers les 9 heures.
Nulle part, je pense, les liaisons ne se contractent plus promptement que sur les vaisseaux. Ce n’est pas à dire qu'on puisse mettre la prudence de côté et se faire un ami du premier venu, mais forcés de marcher ensemble, de partager le même sort plusieurs jours durant, on se sent porté à plus d’expan sion, à s'assurer des supports pour les éventualités ao rraient surgir, et, avouons-le aussi, à ne pas vouloir fair. .entir le proverbe qui veut que lorsqu'on né peut avoir ceux qu’on aime, on chérisse ceux que l’on a.
Nous trouvons dans le P. Siredey un aimable compagnon de route. Prêtre comme nous, et de plus religieux, dès Les
à l'enthougrandeur, la éments ! Et hère boréale, érie par les e non moins bienfaits et
drs pour moi de et de ses e, et le Dieu nble aussi se u cœur.
les conversa- : mettre plus uels on attarrespondances | fait que les
uie ce matin, eures.
ntractent plus s à dire qu'on ni du premier ager le même plus d’expan
tés a” rirfair entir ir ceux qu’on
lé compagnon gieux, dès les
premières conversations nous nous sommes trouvés en unisson d’idéés sur les grandes questions sociales qui agitent le monde aujourd'hui : l'oppression de l’Eglise, le triomphe des renégats qui, en Italie comme en France, ont accaparé le pouvoir pour opprimer les faibles, asservir la liberté, empoisonner la source de la grandeur des peuples par leurs doctrines perverses, et faire céder la justice et le droit devant leurs mesquines ambitions et leurs procédés sataniques. J'ai bien remarqué certaines opinions d'importance secondaire auxquelles je n'aurais pas voulu souscrire, mais je les attribuais à un caractère jeune et enthousiaste, et aussi au milieu dans lequel il vivait, car sur toutes les grandes questions nous étions parfaitement d'accord.
La France, lui dis-je un jour, est humiliée, bien humiliée ; admettez-vous qu’elle le soit ?
— Certainement, parce qu’elle est coupable,
Oui ! La France a été sévèrement punie, et il faut qu’elle le soit eucore, parce qu’au lieu de s’amender, elle renchérit sur ses crimes. La souveraine justice de Dieu ne peut laisser prescrire ses droits. Tout péché étant une révolte contre la justice, appelle le châtiment. Pour les individus, Dicu se réserve souvent de punir et de rétablir ses droits dans l’autre vie, dans léternité. Mais les sociétés n’ont pas d’autre vie, tout se borne à celle-ci, il faut donc que celles qui blessent la justice en subissent la peine. Les milliards d’or avec les milliers de vies que la France a perdus en 1871 n'ont pas suffi pour l'instruire, elle a poursuivi la voie de l’iniquité, elle en est
wndu à faire la guerre à Dieu lui-même, ses crimes appellent
la vengeance du ciel, qui viendra certainement. Dieu a plus d’use Prusse à sa disposition pour humilier les orgueilleux et puuir les coupables.
Le capitaine nous annonce au dîner que demain, d’assez bonne heure, mous verrons la terre, et que vers les 5 heures nous serons à notre quai; mais peu après le dîner voici que s'élève une brume fort épaisse qui, tout en nous annonçant l'approche
de la terre, nous retarde dans notre marche en nous obligeant à modérer de vitesse pour éviter les collisions, La syrène avec sa note désagréable joue presque tout le temps, et si la brume de temps à autres devient moins intense, elle ne persiste pes moins à ne pas vouloir disparaître,
Samedi, 26 rrai.—Toute la nuit la syrène nous a régalés de sa belle musique, et ce matin la brume est encore plus épaisse que la veille. Cependant à 8%h. voici que le bateau stoppe ses mouvements. Tous les passagers sont inquiets de cet arrêt, et avant d’en, avoir demundé la cause, nous voyons avec plaisir le pilote du port monter à bord. Il nous dit qe nous ne sommes plus qu’à 27 milles de Sandy-Hook, et que ecmme la route est bien fournie de bouées, nous pourrons probablement débarquer entre 4 et 5 heures; nouvelle qui met la joie dans tous les cœurs.
A 34h. nous mettons le pied sur le quai de Brooklyu où s'arrête notre vaisseau. L’inspection de nos bagages est bientôt faite, et nous prenons une voiture pour nous transporter
à l'éolise Canadienne de New-York. Une grosse voiture à deux chevaux s'engage de nous transporter à destination, avec tout notre bagage, moyennant 86; le prix est un peu fort, mais le trajet est long, pas moins de deux lieues, il comprend aussi la traverse, et comme nous somme irois à partager la somme, nous trouvons encore le marché assez avantageux,
La brume que nous avions sur mer se résoud en pluie fine duus les deux villes. Nous traversons la rivière ‘de l'Est sans nous déranger, et prenons bientôt la rue Broadway. Le P. Siredey est tout surpris de l'apparence que présente la ville, et s’exelame de surprise quand il compte jusqu'à 10 et 11 étages à certaines maisons. Nous le déposons dans la 21e rue chez les Pères de sa congrégation, et nous continuons jusqu’à la 76e, où nous sommes accueillis per M. l'abbé Corriveau qui gardait la cure pendant i’absense de M. Tétreau actuellement en Eu-
rope.
obligeant à syrène avec si la brume
persiste pas
ous à rÉgaà est encore ci que le basont inquiets nous voyons nous dit «ie 1ok, et que pourrons prole qui met la
, Brooklyu où ages est bien- 15 transporter oiture à deux on, avec tout fort, mais le rend aussi la a somme, nous
d en pluie fine ‘de l'Est sans dway. Le P, hte la ville, et ) et 11 étages 91e rue chez jusqu'à la 76e, au qui gardait ement en Eu-
Dimanche 27 mai, New-York.— Malgré la fatigue du voyage il me fallut encore prendre la parole à l’église Canadienne, mais je profitai de l’après-midi pour me reposer et voir seulement quelques amis.
Lundi, 28 mai.—Bien décidés à reprendre la route du Canada sans délai, nous allons dans l’avant-midi visiter le pont de Brooklyn, cette merveille du génie américain, que nous n'avions qu’'entrevue la veille, et à 34 h. P. M. nous prenons cong“ de M. Corriveau pour prendre une heure plus tard le chemin de Québec par la ligne du Pas-ampsic et Québec-Central. Le temps de sombre qu'il était l'après-midi, passe à la pluie battante vers le soir.
Arrivés à Springfield à 8.10 h., il nous faut changer de voiture ; nous nous dirigeons de suite dans le Pullman pour avoir au moins la nuit tranquille.
Mardi, 29 mai.—A 7.50 h. ce matin nous entrions au gare à Sherbrooke où nous avions trois bons quarts d'heure pour prendre le déjeûner avant de prendre le Québec Central qui nous dépose à Lévis à 2.30 P. M., après nous avoir donné une demi-heure pour le diner à St-Joseph de la Beauce.
Laissant M. Huart dans sa famille à Québec, à 6h. je rentrais dans ma résidence du CapRouge, juste après deux mois d'absence.