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QUÉLIMANE : MOEURS. — RESSOURCES
Nous arrivons le 43 avril devant la rivière de Quélimane; l'entrée est rendue dangereuse par une barre où banc de sable situé devant l'embouchure et sur lequel l’eau a seulement six mêtres de profondeur à marée haute. Le courant es! oénéralement violent, la mer toujours très agitée et le navire soulevé brusquement par les vagues peut toucher fond. Le balisage incomplet augmente encore les dangers de la navigation. Des navires de 2 à 3,000 tonnes peuvent toutefois venir devant la ville. Le port de Quélimane est, après Zanzibar, le plus important de la côte d'Afrique ; il est malheureusement d’une entrée difficile, surtout pour les voiliers qui ont souvent à attendre que le temps soit favorable pour franchir la barre et remonter la rivière. Mais le développement de la navigalion à vapeur diminue cet inconvénient ; en outre, le port est maintenant pourvu d’un petit remorqueur. Les côtes sont basses, boueuses, ou sablonneuses et couvertes d’une épaisse végétation de taillis et de broussailles dont l’eau vient baigner les racines. De nombreux canaux naturels s’ouvrentsur le fleuve et servent d'asile aux hippopotames et aux crocodiles. Deux heures après notre entrée dans la rivière, nous jetons l'ancre devant la ville, dont les maisons blanches, couvertes de tuiles rouges, produisent un joli effet. Elles sont disséminées dans la masse de verdure qui couvre le rivage. Livingstone a été bien sévère, sinon injuste, pour la ville de Quélimane, pour sa rivière et pour les habitants portugais de la Zambézie. I y aurait de notre part présomption à combattre les appréciations de l’illustre voyageur; nous ne pouvons cependant fermer les yeux. et là où Livingstone décrit un terrain boueux dans lequel, dit-
il, lés maisons s’enfonçaient nous voyons des maisons anciennes, bien bâties, sur un sol sablonneux. Ces habitations sont richement ornées de bois sculptés, car Quélimane a eu sa période de grande prospérité et le commerce des esclaves y fit affluer l'or pendant la première partie de ce siècle,
Livingstone qui avait une âme compatissante, s’est dévoué à l’amélioration du sort des noirs et a véritablement forcé le gouvernement portugais à mettre fin à la traite. Il a généreusement servi les inlérêts de l'humanité, mais sans oublier jamais les intérêts de son pays, et ses jugements ne sont pas toujours impartiaux. Il a été injuste pour le gouvernement portugais qui à fait de grands sacrifices pour l'abolition de l’esclavage,
La rivière de Quélimane appelée, Cuama, est plutôt une ouverture pénétrant profondément dans les terres qu'une véritable rivière et rappelle assez la Tamise. A la hauteur de la ville, à0 kilomètres dans les terres, elle est très profonde et a 3 kilomètres de largeur. Son ht se rétrécit lentement jusqu'à un petit ruisseau d’eau douce appelé le Quaqua. Le Quaqua prend sa source au-dessus de Moupéa, dans des collines riveraines du Zambèze dont il s'approche à 4 kilomètres. Lors des hautes eaux annuelles, une grande partie de l’inondation du Zambèze s'écoule d’abord par des canaux dans le Quaqua, puis Inonde tout le Delta. Du reste, la rivière de Quélimane n’est qu’un ancien lit du Zambèze ensablé dans la partie supérieure. Cette interruption de Moupéa gêne beaucoup le commerce de Quélimane qui ne peut sans transbordement recevoir les produits de la vallée du Zambèze. Les Anglais et surtout Livingstone se sont occupés de relier le Zambèze à la navigation maritime. Le voyageur anglais considérait Quélimane comme un nid de forbans, ne devant son importance qu’au commerce des esclaves. Il chercha activement une autre entrée du Zambèze. Il crut pouvoir y pénétrer par le Luabo. Dans le delta du Zambèze plusieurs ouvertures font communiquer le fleuve avec la mer ; Si nous commençons au sud du côté de Sofafa, en remontant nous trouvons : le Mulambé. le Ouest Luabo, le Kongone ou Barra de Ynhamissengo, l'Est Luabo ou Zambèze, le Muselo, et la rivière de Quélimane ou Cuama.
Les mêmes observations peuvent s'appliquer aux deux premières branches et à la dernière, Ces rivières ne sont pas maintenant des
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