RER
litanie : « Sina mama, Sina mama », véritable scie en usage chez les bateliers du Zambèze, C’est la déclaration d’un prétendant racontant qu'il n’a plus de mère, qu'il est isolé et malheureux et qui demande à
ET 2 sm |
une Maria de venir habiter sa case. Nous débarquons, le fusil sur l'épaule, et passons devant la douane sans que l'on nous fasse la moin-
dre question. Ici on n’est pas formaliste. On nous invite dans une
maison portugaise où nous faisons connaissance avec la cuisine locale : abondance et variétés de viande, de poissons, de légumes, mais atroce
cuisine |!
DT
La ville de Quélimane est peuplée principalement de Portugais, avec quelques étrangers, notamment des Français, ou des indigènes, « Africanos ». La plupart de ces derniers sont mulâtres. Des familles blanches sont établies dans le pays depuis très longtemps : le climat n'est donc point particulièrement malsain, comme on le prétend, et avec une bonne hygiène et surtout une vie active, les Européens peuvent facilement vivre dans cette ville, réputée la plus malsaine de la colonie. Quant aux parties élevées de l’intérieur, il semble que les blancs peuvent les habiter sans la moindre souffrance. Une portion notable de la population provient du croisement des Goannais et des nègres; cette race est bien adaptée au pays, où elle a pris une situation importante. Elle fournit leurs chefs à de nombreuses tribus nègres et use souvent de son influence contre le gouvernement portugais. Les métis sont d'un beau type, de couleur brun foncé, de haute taille ; ils ont les cheveux très légèrement crépus, la peau lisse, les traits assez fins. Les lemmes, plus blanches, se rapprochent davantage des femmes de l’Inde, mais le type est devenu plus robuste. On les traite de signora et quel-
ae
en
mr
mr E- mens “ Le F x où . = FL z is TES 45 le = i + . or n ; L , PA Le £ = # ne ADE + LTS cn a + L r : . L Fi AT +. PPS CRE ’ CRETE La Get um UT MMS TEL AY Nu 4 M F = 7 , EN 7 ét PASS “ LEO E ST. € 4 = AE = == LE = = : TT nes mue ms = ls 2 De -- ‘ Es = ; EE aps DE = - r* mere =— = = == ET = —— he TX tr LCR POP GAS ST ere Se = RTE i = Eé 2 g ner ris œsessre : Æ=s< ce == je = 2 = æ = DRE AIT TE == Lu = = er L-- à = £ = - = f | = TIMES =. RE RENE ETES SE = EE e = — — { kr RE il | teurs é :
= == — == du om im -= —— em —— = < - — me =. ee» . 2: e t< . ur =
men
EE
RE Re
er = Pi Eee
— ee
MP pont
quefois de dona. La plupart des métis professent le christianisme, dont ils paraissent, en réalité, surtout à l’intérieur, avoir une idée assez vague. Quand leur fortune le permet, ils sont polygames; ils vivent à la manière des noirs. C’est, du reste, ce que font les Européens eux-mêmes lorsqu'ils ont été longtemps isolés en Afrique : ils perdent, avec les habitudes européennes, l’énergie, l'amour du travail, ou l'ambition, qui distingue généralement le blanc du nègre, Les nègres sont trop nombreux pour ne pas faire prédominer leurs habitudes ; il semble que l’exemple de la masse influe sur l’'Européen. Il est à remarquer que les rapports entre blancs et noirs sont faciles quand les blancs sont justes. Mais la justice vis-à-vis des noirs est extrêmement rare, plus encore chez les nouveaux arrivés que chez les anciens habitants. Ceux-ci ont fini par moins compter sur la brutalité ; mais, en somme, partout dans les colonies anglaises, portugaises, françaises de la côte d'Afrique, on s’est habitué à considérer le noir comme un être inférieur que l’on peut commander, contraindre et brutaliser jusqu'aux blessures graves : le code de justice des blancs est à peu près la loi Grammont, et le blanc trop doux est mal vu des gens de sa race, Du reste, le blanc, qui a la brutalité à son service, ne dédaigne pas d'employer la filouterie pour rogner les comptes de l’ouvrier noir, qui aime mieux se soumettre que de s’attirer la prison par une plainte. Quelquefois, cependant, on voit des noirs soutenir leur droit quand même, et, en dépit des mauvais traitements, des raiïlleries des blancs et de ses malheureux frères, préférer la prison. Mais le fait est rare. Comme toutes les races barbares, le nègre est dur au ral et supporte sans se plaindre la fatigue et la souffrance.
Dans les colonies anglaises et portugaises, où le fouet a été conservé, les criminels recoivent généralement les coups auxquels ils ont été condamnés sans même que leur visage se contracte. Quand le nègre ne se soustrait pas à l'oppression par la fuite, il feint l'indifférence ; chassé ou errant, il trouve toujours asile chez ses frères : c’est ainsi que les Caffres s'appellent tous dans la même tribu. Au contraire, entre tribus différentes, ils semblent n'avoir aucune idée de charité ou de compassion, et ne feront pas le moindre effort pour aider des étransers blancs ou noirs. Dans l'intérieur, beaucoup de petits chefs sont de véritables despotes; quand leur tyrannie devient trop intolérable, les familles désertent peu à peu, et comme le pays est vase, les terres
ee ‘HE
abondantes, les habitations d’une simplicité extrême, on émigre conüinucllement. Mais comme ce sont les habitants qui donnent la valeur au sol, les villages les mieux gouvernés deviennent rapidement les plus prospères.
Lors de notre voyage au Zambèze, il était sérieusement question parmi les chefs et les grands propriétaires d'empêcher ces désertions de populations noires. Les propriétaires du sol trouvaient scandaleux que leurs ouvriers pussent leur échapper en sexpatriant, et cherchaient à s'entendre pour se livrer mutuellement les déserteurs. Si l'esclavage n'existe plus, le servage existe encore, et il est d’autant plus dur que le maître est plus civilisé. Les chefs nègres, les mulâtres, le Portugais de l’intérieur sont indolents ; leurs besoins se réduisent à une sorte de tribut qui leur permet d'acheter quelques vêtements et des produits étrangers; tandis que le blanc venu pour faire fortune lève des impôts, accumule les corvées de tous genres, transports, terrassements, Wavaux en rivière. L'intérêt général qu'il invoque lui ofire. un prétexte pour s’arroger des droits dont il abuse [réquemment. Les abus sont assez violents pour causer de petites insurrections bientôt écrasées par quelques soldats aidés de la population de districts ennemis. Les troupes du gouvernement pillent, massacrent. enlèvent les femmes et les enfants et ne s’en vont que quand le district est dévasté. Jusqu'ici les blancs n’ont établi de bons gouvernements que dans peu de régions; aussi la population noire n'a pu en tirer de grands avantages. Près des villes, un travail irrégulier et souvent exagéré, achève l’œuvre de l’ivrognerie, et la santé du noir s’altère rapidement. De plus, les blancs ont apporté tout un cortège de maladies. et au premier rang, la petite vérole. Une fois malade, le noir est absolument abandonné. et en plein centre de civilisation il peut regretter le peu de bien-être que lui offrait sa hutte. La race noir est pourtant très vivace ; elle résiste aux causes de destruction qui ont fait disparaître des races d'hommes moins vigoureuses. Mais au contact des établissements des blancs la mortalité est considérable ; et malgré la fertilité du pays la population est encore peu nombreuse.
À Quélimane, en dehors des rues parallèles au fleuve qui contiennent les principales maisons, on trouve disséminés dans la campagne un grand nombre de maisons de torchis couvertes en chaume, habitées par des mulâtres. Les nègres sont généralement groupés dans des
DS
SP AS ee ge ———
pe = ET RTE RE Me a = 2 D mm CRE
ER -
EE D nn hr hr on Le VA).
Er
LR ©
RARE PAM RER PRES à
TE
h à " nn R | } h fi (4 Au 4] :
l d nl 1 E - Nr 4:
BL EN he L:
LU [l |} LU fl { DA RE |!
NE à dut © À +! " M - (4l à 4 Ft e,; NW | L LA y s ‘4 | A pa Lil ". ni!
Let uw } s L | |; R è lk , 21 1 4 Ki [l il | à ui n' ( i 1 | + | \l na 4 11 2 \ |
RrRERSE
pi
RES
> FAT te PTS : ALES f: # 2 :
at nf DER ER ENS E SOR mme rate TE Se md — mi TT JF.
En. ir
villages entourés de palissades et leurs maisons sont des paillotes
rondes où carrées d’une construction très primitive. Le plus souvent le sol et les murs de ces habitations sont revêtus d’enduits durs et lisses, préparés avec de la terre baïtue, des cendres et des mucilages végétaux. L'argile provenant des énormes constructions élevées par les termites est excellente pour ces enduits; elle a été pétrie par l'insecte et mélangée d’une matière organique qui lui donne une orande CONSIstance. Il y a nombre des paillotes très propres, mais elles diffèrent beaucoup suivant les tribus. Un feu perpétuel y brûle, les enfume el leur donne uñe teinte uniforme assez agréable ; les punaises et les puces pullulent à l'intérieur. Quelquefois les habitants font, autour de la place où ils s’étendront pour dormir, une rigole qu'ils remplissent la nuit d’un liquide mucilagineux ; c'est un rempart qui les protège contre les insectes non ailés. Nous verrons plus tard, dans l'intérieur, des constructions assez vastes construites par les mêmes procédés. Les paillotes sont entourées, soit de petites murailles en terre battue, soit plus fréquemment de fortes nattes de roseaux. Autour des villages s'étendent de vastes cultures de cocotiers, por- (ant sur leur tronc des entailles dont s’aident les noirs pour atteindre le sommet. Une très petite quantité de noix de coco est exportée à l’état frais; au contraire on lire un orand parti des fruits desséchés. La noix est brisée, les fragments sont exposés au soleil, la pulpe se raccornit par la dessiccation, rancit, se sépare de la coquille; on la met en sacs et l’expédie en Europe sous le nom de Coprah; on en extrait pour la savonnerie une huile qui, du reste, n’a pas la moindre odeur de coco. Le parfum (lait de coco) des savonniers est un produit artificiel, la nitrobenzine. L'enveloppe ligneuse du fruit est cardée et sért à faire des cordes et des tapis communs. Le c cotier fournit une sève qui s'écoule de son bourgeon à fruits lorsqu'on le coupe. Cette sève a l’aspect du petit lait; récoltée la nuit, elle garde une saveur légèremeut sucrée jusque vers neuf heures du matin; puis elle fermente rapidement, prend une saveur alcoolique agréable mais devient bientôt après acide et imbuvable. Cette sève, appelée sura, est employée comme levain pour la fabrication d’un pain très blanc d’une excellente qualité. Certains palmiers sauvages très répandus dans l'intérieur laissent aussi écouler, lorsqu'ils sont coupés, une sève sucrée tout à fait semblable au sura. Le bourgeon terminal du co-
ES ob tit
cotier et de la plupart des palmiers est formé de feuilles imbriquées. blanches, tendres et donnant une très bonne salade. On ne se la procure qu'avec beaucoup de peine : il faut l'enlever du cœur de l’a rbre, derrière un rempart d'énormes feuilles d’une extrême résistance. L'enlèvement de ce bourgeon détruisant l'arbre, on ne le prend que des arbres sauvages; aussi est-il dans les villes d’un prix élevé.
Tous les matins les noirs apportent en abondance. au marché de Quélimane, des légumes, des fruits, du gibier, des animaux de bassecour, des poissons d’espèces variées, des crevettes énormes. le tout à vil prix. On vend aussi certaines écrevisses de mer dont les pattes grêles sont d'une longueur démesurée, Des femmes installées avec quelques vases de terre sphériques, pleins de pombé servent pour une petite pièce de cuivre une pleine calebasse de cette bière africaine. Le pombé, sur tout le Continent africain, se fait exacte. ment comme la bière en Europe, mais en remplaçant l'orge par les graines du sorgho. Le sorgho appelé doura par les Égyptiens et millet par les voyageurs français, donne un orain rond de la gros seur d'un petit pois qui contient une farine très blanche. Los Lg du sorgho ont souvent 4 à 5 mètres de hauteur. Les oraines germées sont broyées, la farine est délayée dans l’eau additionnée d’autres farines, principalement de farine de maïs: le liquide et la farine sont bouillis avec des graines aromatiques variées et abandonnés à la fermentation. — Quand elle vient d’être préparée, cette boisson est agréable, mais bientôt elle devient très alcoolique et tourne rapidement à l’aigre; l’aspect trouble qu’elle doit à la farine entrée‘ en suspension est peu engageant. Le nègre. lui. se régale de la bouillie pâteuse sucrée et alcoolisée qui se forme au fond du vase. où le liquide est brassé. Outre les buvettes ambulantes, on trouve au marché des débitants de riz cuit. de curry, de poisson, etc. Les femmes installées comme les paysannes dans nos marchés. sont acCroupies par terre derrière leurs produits. Elles causent en attendant les clients, et généralement manifestent l'indifférence la plus complète quant au succès de leur commerce. |
Les environs de Quélimane, comme presque tout le Delta, sont très fertiles. Le sol est généralement sablonneux. mars le sous-sol est d'argile plastique; cette argile très tenace est employée à la fabrication des briques et des tuiles, fabrication jusqu'ici peu développée,
mm RE
+ CRT eue ee anus te 7
he =