ADMINISTRATION
La Colonie de Mozambique, dont la vallée du Zambèze forme la
portion la plus importante, est souvernée par un fonctionnaire por-
tugais, résidant à Mozambique avec le titre de gouverneur oénéral.
Dans les principales villes de la colonie il y à des gouverneurs dé-
‘endant du gouverneur oénéral de Mozambique. Les jouvoirs de | s {
celui-ci ne paraissent pas tres étendus et on ne doit pas Wop s'en
plaindre, car trop souvent changé, il n’est pas bien au courant des affaires du pays et fait en oénéral assez peu pour Sa prospérité. En revanche comme toule initiative vient de Lisbonne, les décisions sont longues à venir, précipitées ou routinières et se ressentent de toutes
les fluctuations de la politique métropolitaine. Bien que dans certaines
villes il y ait des tribunaux, pou les affaires importantes, il faut Cepen-
dant venir à Mozambique, ainsi que pour la plupart des affaires cri-
Ainsi un malheureux arrêté à Teté doit faire deux MOIS
minelles.
traîner de prison en prison, pour venir subir loin
de voyage, el des siens une prévention souvent longue, et ensuite un procès qui ne l’estpas moins; cest, dans la plupart des cas, la ruine certaine pour l’'inculpé et pour les témoins qui sont obligés de le suivre. Une simple dénonciation où une erreur d’un petit fonctionnaire peut avoir toutes ces conséquences. La punition usuelle dans la colonie ‘est la déportation dans l’île de Timor,
Quel que soit le sort des déportés
terreur aux Zambéziens qui considèrent
possession portugaise de l'Océanie.
à Timor il impose une très gra nde ceux qu'on y expédie comme
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ne devant jamais en reveuir. On croit généralement que les criminels du Portugal sont déportës à Angola, ceux de cette colonie à Mozambique, et ces derniers à Timor. Je n'ai pas vu que les déportés soient particulièrement mal à Mozambique et il en est peut-être de même du séjour de Timor, si redouté des populations du Zambèze.
Les droits de douane pour la province de Mozambique sont peu élevés: en général 10 0/0. Les machines et le matériel qui peuvent servir à développer les cultures ou les industries de la province sont dispensés de toute taxe.
La principale recette est, après celle des douanes, la taxe établie sur les huttes des noirs, Elle est affermée sur enchères et pour une circonscription territoriale déterminée, appelée Prazo. Le gouvernement évite ainsi des difficultés. Mais il en résulte de grands inconvénients. Les personnes susceptibles d'avancer les fonds que demande le gouvernement s'entendent de manière à soumissionner bien au-dessous du revenu du Prazo, et le Trésor public est toujours lésé. D'autre part, les adjudicataires pressurent souvent les populations, les. réduisent à la misère et à la révolte. La taxe par case, qui porte le nom de Mosoco, se paie en naiure, à raison d’un certain nombre de mesures de grains. La mesure officielle est une caisse rectangulaire; le noir ne devrait que la remplir, mais le fermier exige qu'il la noie complètement sous une pyramide de grains. Un de nos compatriotes, le marquis de ..., administre sa circonscription de cette façon abusive, et quelques noirs s'étant permis de faire rappeler le marquis au respect de la justice eurent plus tard à s’en repentir. Les fermiers des Prazos ont le droit de faire exécuter des travaux par les noirs de leur circonscription, au tarif établi, qui alloue la nourriture et environ 2 brasses de coton par semaine de travail. Cela équivaut à un salaire d'environ 1 fr. 50 par semaine. Ils peuvent aussi faire exécuter les transports des grains qu'ils ont reçus en paiement. Ils en profitent pour faire le commerce des grains et font faire tous leurs transports gratuitement. Il arrive même que les noirs perdent une partie de leurs récoltes par suite de l'impossibilité où ils sont de rentrer dans leurs villages en temps utile. Les fermiers des impôts deviennent les véritables maîtres politiques du pays, et sont parfois assez puissants pour tenir en échec l'autorité des gouverneurs.
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