‹ Une exploration française au ZambèzeChapitre 24 sur 59 · GEL" A · texte numérisé non relu

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Les noirs découragés par ce pillage continu ne travaillent suère el produisent seulement le strict nécessaire. Avéc l’abolition de la ferme des impôts, une mesure qui s'impose el qui produirait certatnement de grands résultats, serait là répartition des terres entre les habitants. Malheureusement les projets gigantesques sont de mode dans le pays; chacun veut avoir une immense concession, une immense affaire agricole avec de grands capitaux étrangers. Jusqu'ici les immensés concessions sont venues assez facilement, mais les capitaux n’ont pas encore pris celte route. Il est certain cependant que si la terre était au cultivateur noir, en peu d’années la colonie prendrait une très grande prospérité et les spéculateurs européens trouveraient dans le développement du commerce et dans l'accroissement de valeur de leurs propriétés, des profits bien plus considérables que dans l'exploitation des noirs des Prazos. Ces idées semblent prévaloir maintenant mais les colons se montrent récalcitrants. A les entendre, les nègres deviennent de plus en plus indépendants, et ne veulent plus travailler à des conditions raisonnables, etc. Comme le pays esi vaste, fertile et peu habité, le noir qui préfère l'indépendance à un travail mal rétribué peut vivre à sa guise et imposer ses prix. Îl en résulte que jusqu'ici, les essais de culture en grand n'ont pas réussi, que la terre très fertile et à très bas prix, reste inculte. Et pourtant de temps en temps des bandes de nègres consentent à s'engager et à aller travailler dans la colonie de la Réunion. Il semble que les grandes cultures ne pourront se développer qu'avec l’arrivée des ouvriers de l'Inde. Ce serait probablement un grand malheur pour les populations africaines, blanches ou noires, et le sort de Maurice et de la Réunion n'est pas fait pour encourager le développement des exploitations par Îles coolies. S'il est difficile de trouver des travailleurs, il est encore plus difficile de les conserver; après quelques mois, le nègre qui à amassé de petites économies veut retourner dans son village, de sorte qu'au Mmoment de la récolte les ouvriers font absolument défaut. Par suite du changement perpétuel du personnel les hommes n'arrivent à aucune habileté pratique. Il est donc de toute nécessité que les mœurs soient changées pour que de grandes exploitations puissent être organisées et pour le présent, il ne faut compter que sur les produits de petites exploitations individuelles. Le nègre hanté par le souvenir de

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l'esclavage, semble avoir une répugnance invicible à devenir un simple salarié dans une grande exploitation; il préfère garder une complète indépendance et vivre, si misérablement que ce soit, d’un lopin de terre, de la chasse, de la pêche et de quelques journées de travail dans les factoreries. Mais tout porte à croire que si des chemins et des moyens, de transports existaient pour les produits agricoles, ils augmenteraient leurs cultures et pourraient livrer au commerce leurs produits dont la valeur actuelle est si minime qu'ils n’ont aucun intérêt à cultiver.

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