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A Quélimane, pour arrêter cette passion et accroître le budget, on a frappé d’une taxe les danses nocturnes. Ces réunions sont appelées batouk. Le tambour, qu’on appelle aussi batouk, est le principal 1nstrument de musique des nègres, qui en possèdent une très grande variété. Ils sont faits de peaux diverses tendues sur des troncs d’arbres creusés. Quelquefois ils sont de dimensions considérables et employés par les chefs pour donner le signal de guerre : ils sont placés sous un petit hangar près de lhabitation de ceux-ci, et, en cas d'attaque, une batterie particulière appelle les indigènes aux armes.
Certains de ces tambours sont très perfectionnés, et la peau peut ôtre tendue par des cercles superposés ou des cordes. D’autres sont faits avec une peau tendue au feu, quelquefois, au contraire, pour produire certains sons, la peau est mouillée ou bien elle est enduite de cire ou de caoutchouc. Les troupes en voyage sont presque toujours précédées d’un tambour, qui sert surtout à réveiller le camp et à rallier la nuit les traînards égarés dans les sentiers. Chaque personne d’une certaine importance entretient près d'elle quelques musiciens, en général un tambour et deux flûtes, qui forment un ensemble souvent fort agréable. Ces musiciens sonnent le lever et le couvre-feu, accompagnent les chefs dans toutes les démarches importantes, et jouent dans les innombrables réunions qui constituent la vie habituelle. Les nègres ont encore des violons de tout genre, très rapprochés, comme forme, de nos anciens violons, mais ils n'emploient pas d'archet. Ils ont aussi un instrument qui est une sorte d'arc dont la corde est formée d'un fil de cuivre; souvent même le fil n’est attaché au bois que par un bout, le nègre tient l'autre extrémité entre ses dents et fait vibrer le fil en l'attaquant avec son doigt; mais cet appareilest plutôt un jouet qu'un instrument de musique. Il en est presque de même des instruments appelés marimbas, formés de tiges nombreuses d'acier encastrées à une extrémité, que l’on fait vibrer. Un autre instrument de musique se compose de blocs de bois sonores disposés comme les touches de verre de l'harmonica, et sous chacun desquels une calebasse sert de caisse résonnante. Ces harmonicas, souvent très grands, construits avec soin, ont un son très harmonieux. De grandes caisses en bois très mince, d’une seule pièce, portées par deux hommes et frappées par un troisième, produisent. un
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son agréable. Enfin, les petites flûtes de Pan, formées de roseaux attachés ensemble, sont aussi assez répandues.
Pour continuer notre voyage, nous avons acheté les anciennes em barcations d'un steamer naufragé, Celle qui nous est destinée est à quatre bancs. Le milieu est encombré de malles et de caisses de marchandises, l'arrière porte un petit abri en paille, sous lequel nous nous tenons deux accroupis. Notre équipage se compose de dix nègres : huit rameurs où plutôt pagayeurs, un homme au gouvernail et un autre à l'avant qui debout, une perche à la main, commande la manœuvre.
Les bancs étant encombrés par les colis, les noirs sont assis sur le bordage, la pagaie qu’ils ont à la main est une petite pelle d'environ 10 c. de largeur sur 20 c. de longueur. On la manœuvre à deux mains sans prendre de point d'appui sur le bateau. Ce moyen de propulsion est bien inférieur à la rame ; l’homme a très peu de force, et lorsque le courant est violent, nos huit rameurs ne peuvent pas remonter la rivière. Mais d'un autre côté l'installation est plus facile, il n’est pas nécessaire d'avoir une place vide dans le canot. et nous passons dans des rivières dont le chenal est d’une très faible largeur. D’après le marché passé avec nos noirs, il nous feront remonter la rivière de Quélimane Jusqu'au Zambèze ; pour cela nous leur donnons la nourriture, qui se COMpose pour chaque repas d'environ un demi-litre de farine oTOSsière de sorgho, de sel ou d’un peu de poisson sec, plus six brasses de coton écru de mauvaise qualité et d’une valeur d'environ 30 centimes le mètre. Nous partons à 3 heures de l'après-midi à la marée qui nous aidera à remonter la rivière. Le vent est violent et la rivière agitée, nous n'avançons que lentement, quoique à l'abri le long de la rive gauche. Malgré les efforts de nos rameurs, nous n’arrivons à la première station : « Carungo », qu’à 8 heures du soir. Il n ya là aucune maison, et comme toujours le premier campement est exécrable, les provisions sont si bien emballées que dans lobscurité nous ne pouvons les trouver, ; nous sommes dans un endroit marécageux, aussi posons-nous nos lits de Camp tant bien que mal dans la boue. Impossible de retourner aux canots chercher ce dont nous avons besoin, ils sont à 20 môtres de la rive dans la vase, où les noirs enfonceraient jusqu'à la ceinture pour nous porter. Après avoir dîné avec des sardines, un roastbeef en boite, quelques biscuits de mer, et du thé, nous nous endormons en dépit des moustiques. Les noirs ne sont pas mieux que nous : jls reposent étendus
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