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sur le sol humide, l’ahsenee de bois ne leur permet pas de s'endormir à côté du feu comme ils aiment à le-faire. Vers 4 heures du malin un marinier préposé à la garde du canot appelle tout le monde : par suite de la baisse de l’eau, le canot menaçait de chavirer, on le remet à flot et on attend en prenant une tasse de thé chaudet rongeant un biscuit, que l’eau remonte pour continuer le voyage. À 6 heures nous partons. Je sens un léger accès de fièvre el je débarque comme je peux à 9 heures du soir à Cumbé. Un abri nous est offert dans la maison d’un de nos amis de Quélimane, Roman de Jésus-Maria, dont les nombreuses stations sont d’un grand secours; et chez qui nous avons toujours été reçus aussi cordialement que possible. Cet abri est une.paillote comme toutes les maisons de cette région, bâtie sur des pieux d'environ deux mètres de hauteur ; un tronc d'arbre portant quelques entailles sert d'escalier ; les murs et le plancher sont des claies enduites de terre. Mais c’est un confortable relatif, si on se rappelle notre dernier campement. Nous trouvons x acheter quelques poulets el voIel notre menu : bouillon de poulet et poulet bouilli avec du riz; poulet avec sauce curry et riz bouilli, confitures. A défaut de pain, du biscuit; vin portugais, alcoolique et sucré afin de pouvoir supporter le voyage. Nous le buvons très étendu d'eau.
Nous sommes résolus à ne boire que de l’eau filtrée; mais nos filtres portatifs fonctionnent médiocrement., Quant aux indigènes, même sur les bords des rivières, ils évitent de prendre de l'eau dans le courant; ils font à quelque distance un trou dans le sable, et puisent l'eau qui vient le remplir par infiltration. C’est une habitude qui à de grands avantages, car l’eau ainsi obtenue bien que oénéralement un peu vaseuse, à subi une filtration énergique qui à probablement éliminé les germes nuisibles.
Nos noirs se logent chez les habitants; une bande s’est abritée sous notre cabane et nous enfume; cela éloignera les moustiques et l’humidité, Avec de la farine bouillie, ils font leur pitée habituelle: Nous quittons lé camp avant le lever du soleil, après avoir pris une lasse de the.
Les rives sont toujours boueuses; le pays esl plat, les bords de la rivière sont couverts d'une végétation enchevêtrée, mais les beaux arbres sont rares. Nous tirons sur une bande de hérons blancs el sur un bel aigle pêcheur, à tête blanche. Nous souffrons tous de la fièvre et nous-nous traitons au sulfate de quinine. Dans la journée, à marée
descendante, nos canots s’échouent et nous restons trois heures au milieu de la rivière. Un noir vient dans une pirogue nous visiter et nous vend avec quelques poissons, des crevettes (à pattes grêles) d’environ 20 centimètres de longueur. L'eau étant maintenant peu profonde, nous achetons huit perches pour une demi-bouteille d’eau-de-vie et nous avançons à la gaffe, poussés alternativement. par les hommes de droite et de gauche et roulant de la: façon la plus désagréable, Le temps est magnifique; à l'ombre la température est supportable, mais le soleil est chaud. Plongé dans la rivière le thermomètre indique 26°. Les nègres nous signalent les premiers hippopotames. Nous croyons d'abord à une plaisanterie, mais nous en apercevons plusieurs, qui montrent leurs narines et l'extrémité de leurs oreilles au niveau de l'eau, et nous les entendons alors souffler bruyamment. Impatient je tire hors de portée, et tout disparait. Arrivés à Nandoa à 3 h. 1/2 nous descendons dans un hangar de notre ami Roman. De la rive, nous distinguons à fleur d’eau le dos d’un : énorme crocodile qui nage lentement, et disparaît subitement avant que nous n’ayons pu le tirer. Ici, la rivière de Quélimane a encore environ 300 mètres de largeur. Mon accès de fièvre continue, ce sont des alternatives de chaleur et de froid, avec des moments d’excitation comme sous l'influence d’une demi-ivresse; puis je me sens à moitié endormi; des hallucinations me prennent alors, et il me semble que je roule dans l’espace avec une vitesse croissante. À Nandoa le terrain s'élève, les rives sont moins boueuses, le sol est très fertile.
Nous partons à # heures du matin, il fait encore nuit. Nos nègres qui ont pu se procurer de l'alcool, sont ivres. Nous avons grand peine à rassembler nos bagages, enfin à force de cris et à l’aide de quelques taloches, nous partons à la marée montante.
La fièvre m'a quitté, il ne me reste plus qu’un peu de faiblesse, un violent appétit et une éruption sur le corps, symptôme de bon augure, paraît-1l, pour mon acclimatation. Bientôt la rivière se rétrécit.
Elle n’a plus que 40 à 50 mètres; et en certains endroits le chenal libre se réduit à 5 ou 6 mètres, le reste de la surface est encombré de roseaux. Des plantes aquatiques ayant laspect de laitues flottent en quantité innombrable, et rendent la navigation très difficile, Les Portugais appellent ces plantes Alfacinia, leur nom botanique est : Pistoia Stratoïides.
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Nous sommes à Interre à 10 heures. Nous y achetons des choux el des bananes; le campement est bon ; l’eau de la rivière est potable; elle
l'est d’ailleurs à partir de: Ciumbé. Nous quittons Interre à 4 heure; la profondeur de l’eau diminue; Îles plantes aquatiques sont toujours abondantes. On aperçoit quelques villages sur la rive. Voici une bar-
que chargée de coolies indiens, elle porte les compagnons de voyage
que nous avons eus depuis Aden sur l’Assyria. Les coolies sont enga-
gés pour aller travailler sur une plantation de pavots à opium située près
dela rivière; leur barque trop lourde ne peut plus avancer, ils attendent du renfort. Ces gens nous paraissent en détresse, très désorientés et minés par la fièvre. C'est avec bonheur qu’ils apprennent de nous qu'ils seront bientôt rendus à destination. Nous donnons aux femmes et aux enfants quelques provisions. À 5 heures, un véritable fouillis d'herbes et de roseaux nous barre le chemin et nous tentons en vain
de passer : un nègre nous indique en face de la rive un chenal dans
lequel nous nous engageons. Quatre hommes sur la rive halent le canot, d’autres poussent avec des perches, tandis qu’à l'avant, un noir écarte à la pelle les herbes flottantes et coupe les longs roseaux. Après 3 heures de travail soutenu, nous avons avancé de 600 mètres, el nous trouvons enfin la rivière libre. Nous continuons notre route, campant la nuit, sur la rive à la belle étoile. nous arrêtant de midi à deux heures pour déjeuner; souvent nous trouvons dans les villages des poulets pas plus gros que des pigeons, mais dont on nous donne une douzaine pour deux brasses de calicot; avec les conserves, ce sera notre seule
nourriture jusqu'à notre retour à Quélimane; et, sauf de très rares
exceptions, nous n’aurons plus ni pain ni viande de bœuf ou de mouton. Le temps est toujours beau el l'air est frais.
Le pays, quoique d'une fertilité extrême est inculte, sauf autour des villages où l’on voit quelques champs.
Nous couchons à Mugurumba, et passons devant le Moutou, petit