‹ Une exploration française au ZambèzeChapitre 28 sur 59 · RE AZ · texte numérisé non relu

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bras de rivière qui fait communiquer aux hautes eaux le Zambèze et

le Quaqua. Le courant de la rivière est violent, mais nous avançons rapidement, nos huit mariniers nous menant à la gaffe (pondo). Nous

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passons devant Cumbesé sans nous arrêter ; à 3 h. 1/2 nous sommes à Mariongona, qui est un bon campement : rien à acheter, nous vivons sur nos conserves. La rivière devient pittoresque; les rives plus élevées, sont couvertes de nombreux mimosas et de cocotiers sauvages (borassus)

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ces derniers ont des troncs superbes. Ils ‘sont différents des cocotiers à fruit que nous avons vus jusqu'ici, Le pays a toujours l'aspect mélancolique des savanes: le sol est couvert presque partout de hautes herbes, grosses comme des roseaux et la marche est très difficile en dehors des sentiers. Nous nous arrêtons à un village nommé Yniapiga. En lace et de l’autre côté de la rivière, il y en a un second qui s'appelle Yniamachete, Ce mot Ynia est très fréquent, mais nous n’en avons pu connaître le sens. Le chef du village nous mène dans la maison commune qui est aussi la maison nuptiale. C’est une srande case ronde avec une plate-forme centrale élevée, en terre battue, ayant à peu près les dimensions d’un lit. Notre hôte en causant fume dans un narghilé fait d’une gourde et de deux tubes en bois, du chanvre pilé qu'ils appellent Canghamo. Cette habitude n’est pas rare. Il semble que le fumeur souffre beaucoup ; il a constamment une toux convulsive Jusqu'au moment où il éprouve une sorte de délire et se met à parler comme un fou. La toux est si parüculière que nous reconnaissions immédiatement dans le campement si un de nos nègres fumait du chanvre, Cette habitude est très répandué dans tout le pays, les noirs du Cap de Bonne-Espérance s’y livrent également.

Les mdigènes consomment aussi beaucoup de tabac, qu'ils prisent ou fument, mais ne mâchent pas. Leur tabac à priser est un* mélange très varié de tabac, d’un peu de cendre, de nombreuses graines pilées. Cerlains de ces mélanges sont très agréables. Du côté de Manica, chaque habitant porte, suspendue au cou, une tabatière d’un travail très soigné. La prise se prend ordinairement avec les doigts comme chez nous. mais j'ai aussi vu des noirs en mettre une pincée sur un morceau de lourrure qu’ils se frottaient sous le nez. Ils fument les cigarettes roulées dans des feuilles de maïs ou de bananiers. Chaque fois que nos bandes de noirs passaient près des bananiers. ils y faisaient provision de papier à cigarette. Lorsque les noirs manquent de tabac, ce qui leur arrive souvent, le possesseur d’une cigarette la passe aux camarades; chacun aspire une bouffée. Quelquefois, pour ne rien perdre, ils’ se mettent un instant le côté allumé dans la bouche. Ils ont aussi des pipes de tout genre, faute de quoi, ils prennent une poignée d'argile, d'un coup de pouce y font un trou et y adaptent une paille qui sert de tuyau. Ils aident la combustion du mauvais labac (comme dans le nord de la France), en plaçant dessus quelques charbons allumés;

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