‹ Une exploration française au ZambèzeChapitre 29 sur 59 · ESS EE · texte numérisé non relu

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quelquefois, ils font dans le sol un trou où ils mettent le tabac, un petit conduit souterrain communiquant avec le trou, puis ils s'étendent à plat ventre pour aspirer la fumée par l'extrémité du conduit.

Après une nuit de campement à Yniapiga, nous arrivons vers 10 heures du matin à Madania; nous trouvons là un Français nommé Chastaing, qui remonte la rivière emportant un assortiment de marchandises variées qui lui avaient été confiées par des compatriotes de Quélimane. Chastaing voyage dans l’intérieur du pays, où il a pu déjà se créer des relations. et où il échange ses marchandises contre de l’ivoire, du caoutchouc, des plumes, des peaux, de l’arachide et du sésame. Il y à ainsi des marchands qui parcourent sans réelles difficultés, la plus grande partie de l'A frique, avançant lentement avec peu de fatigue, bien reçus presque partout, et ne rencontrant pas les difficultés qui à chaque pas attendent l'explorateur inconnu,

Au campement de Yniapiga nos hommes ont pu se procurer de la bière indigène (pombé); aussi sont-ils tous ivres, et nous sommes forcés de remettre notre départ au lendemain. Après quelques heures de navigation nous sommes arrêtés par des bancs d'herbe flottante; nos hommes s’épuisent sans avancer ; nous ENVOYONS VEFS le soir, un noir prévenir M. d’Andrada qui s’est rendu à Moupéa et nous lui demandons du renfort pour passer l'obstacle. Comme le pays est infesté de lions. notre messager requiert une escorte el des armes pour aller à Moupéa. Par crainte des moustiques et de la fièvre, nous préférons M. Kuss et moi, camper au sommet de la berge, mais les noirs ont une peur bleue des lions; ils campent les uns à côté des autres sur la rive et allument de grands feux. Les moustiques sont nombreux et voraces; vers le matin surtout, nous ne pouvons parvenir à les écarter et nous entendons le bruit des claques que se donnent les noirs pour écraser les maudits insectes. Nous manquons de poulets, mais nous avons pu tuer un héron noir qui constitue notre diner et auquel nous Joignons une boîte de conserves, et quelques oranges. Le lendemain, de Lastours arrive avec un renfort de 50 noirs et nous pouvons amener nos canots jusqu'à Moupéa. Nous voici seulement à quelques kilomètres du Zambèze, et nous allons transporter sur ce fleuve nos canots, Mmarchandises et provisions. Par sa situation, Moupéa à cheval entre le Zambèze et le Quaqua, a une certaine importance. Le pays est plus élevé. les terres très fertiles et un peu plus cultivées.

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