PR PU
en roule. Nous restons en arrière avec nos porteurs de Machilas : Car
nos hommes aiment traverser bruyamment les lieux habités, en agi-
tant leurs armes. pour jeter l’émoi parmi les populations sédentaires.
Nous cheminons dans un dédale de chemins enchevêtrés dans les
= eee
rochers et serpentant autour des paillotes des faubourgs populeux qui
entourent Tété; puis nous suivons un étroit sentier dans les collines jh qui dominent le cours du Zambèze. et traversons un bois compose d'euphorbes aussi hauts que des chênes. Nous remontons la vallée
d’un petit affluent du Zambèze, qui se dirige au sud et nous arrivons
dans le massif montagneux au sud de Tété., la Carroiera. Ce sont des
collines de grès houillers feldspathiques, dont les couches sont furte-
ment relevées. Il semble que le bassin houiller du Zambèze se ter-
mine là. Nous passons ensuite à des terrains formés de granit, gneiss et roches dioritiques. Dans le lit d’un ruisseau, se trouve un gneiss rubanné formé de couches d'hornblende el d'épidote. Nous ne TOUS arrêtons qu'à 6 heures du soir. Nous avons tenu à emmener les noirs assez loin de Tété afin d'empêcher les désertions OU les visites que nos porteurs seraient encore tentés de faire à la ville pendant la halte de nuit. Nous gravissons des collines arides, le plus souvent couvertes
| (| En de broussailles, et traversons quelques villages dont les habitants fuient
LS MOT 5e
à notre approche pour se réfugier dans les bois. C'est avec grand peine que nous empêchons le pillage des provisions qui restent encore dans les cases. Depuis trois Jours, nous n'avons rencontré que deux noirs; 1ls nous ont vendu des boules de tabac d'excellente qualité.
Le 42 juillet nous sommes à la Luïa, rivière ou plutôt lit de sable fin d'environ 400 mètres de largeur. En creusant on trouve à 30 centimètres une eau très claire. Chacun de nous s’empresse de creuser un trou pour ‘y prendre un bain. Un de mes porteurs a gravement manqué à la discipline et M. d'Andrada le chasse du camp en le menaçant de lui brûler la cervelle. J'apprends bientôt qu'il s’est coupé les cheveux et s'est si bien grimé qu'il a pu continuer le voyage avec nous sans difficultés. La vallée de la Luïa est une plaine fertile presque sans habitants. Le sol est couvert d’une herbe fine, qui serait excellente pour les bestiaux. Nous ne trouvons qu’un seul village, il est entouré de cultures de tabacs et de champs de sorgho. Voici des femmes qui entassent des branchages sur des marmites en terre pour faire Îa cuisson... Ce sont des vases ronds appelés Calangues par les Portugais ; ils servent ici à porter l'eau et à tous les usages du ménage. Ils sont en argile, bien travaillés, mais sans aucun émail. Les négresses gravent autour de l'ouverture une sorte de grecque d’un assez Jo eftet. Nous trouvons de nombreux échantillons du bel arbre (Esphélia Africana), qui en Cafre est appelé Mougengéma et Moussokosa. C'est une plante de la famiile des légumineuses; elle donne de très grosses gousses renfermant des graines noires et rouges dont les nègres font de jolis colliers.
Le 45 juillet nous sommes aux bords du Mazoe; c'est un torrent presqu'à sec en ce moment; il n'y a qu'un courant d’eau au milieu du lit. Arrivés près d’une cascade, nous campons sur un banc de sable, qu'une inondation précédente a laissé à la base d’une haute colline. A côté de nous s'élèvent des rochers de gneiss et de granit. La chute de la rivière a environ 3 mètres de hauteur; le lit est d’une largeur de 900 mètres, très inégal et formé de porphyre noir poli par le mouvement des eaux; les blocs détachés ont pris une teinte noire de mansanèse ; 11 semble que l’action du soleil à bruni ces roches et leur à donné, en concentrant la matière colorante, un vernis particulier. Dans les parties du lit où la roche est compacte le mouvement gira-
toire des eaux chargées de sables a creusé le sol en énormes mar-