‹ Une exploration française au ZambèzeChapitre 55 sur 59 · TN D D I PO QE RC 70 = A · texte numérisé non relu

TN D D I PO QE RC 70 = A

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mites; ce que dans les Alpes on appelle Marmites de géants. Au

fond de ces trous nous constatons la présence de quelques paillettes d'or, des grenats, du fer magnétique, des épidotes, etc. Au bas de la

chute est un petit lac où s’est réfugié un hippopotame. Nous restons

quelques heures à l'affût, mais l’animal effrayé ne fait que de très

courtes apparitions à la surface, et malgré une forte consommation de

cartouches, nous ne parvenons pas à l’atteindre. L’eau est profonde, quelques crocodiles aussi se trouvent dans cette lagune, et l’hippopotame est un animal trop dangereux pour que nous osions nous mettre à l'eau pour le faire sortir. Le lendemain, nous envoyons quelques cadeaux à une femme portant le nom cabalistique de Pondoro (Lionne) et à qui on attribue un pouvoir surnaturel; c’est la souveraine d’un

village dont les femmes savent laver les sables aurifères, La population

des villages s’est enfuie à notre approche.

Pour fêter le 4% Juillet, nous hissons le drapeau français sur notre

tente et buvons une bouteille de madère réservée pour cette occasion.

De Lastour tue plusieurs pintades, perdrix, tourterelles, ainsi qu’une antilope; aussi faisons-nous un excellent diner. Temps superbe, clair et frais; bonne soirée employée à causer de la France et de nos amis. Les nègres sont dispersés en petits groupes et accroupis près de leurs feux. Le lendemain, nous attendons en vain les laveuses d’or que devait nous envoyer Pondoro, la sorcière; et nous partons en leur faisant dire de nous rejoindre sur les placers. Remontant la vallée dans le lit du Mazoe, la marche est très difficile. Le sol est formé de porphyre poli

et glissant; nous avançons en sautant d’un bloc à l’autre et en tom-

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bant presqu'à chaque pas. En cinq heures de marche, nous n’avons

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parcouru que quelques kilomètres. Nous nous arrêtons exténués à l’en-

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trée d'un petit ravin, dans les roches. Une bande d’énormes singes

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qui nous suit depuis le matin, fait entendre des hurlements en défilant

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le long de sentiers escarpés. Le fond du torrent, littéralement encombré

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de rochers, devient impraticable. Nous gagnons alors un sentier latéral

tracé sur une ancienne berge et qui forme terrasse au flanc de la col-

line, c'est ce qui reste de la rive d’un grand lac qui devait s'étendre

dans la vallée du Mazoe. Les hippopotames y ont tracé eux-mêmes un passage; par endroits le sol est bien battu, mais dans les fonds

les broussaillés couvrent tout: nos guides sont absolument perdus.

Nous voici à travers fondrières, bois ei roches, orimpan! souvent aux

arbres morts et plongeant dans les broussailles que les hautes eaux ont accrochées aux rochers. Vers cinq heures, nous trouvons une plage assez unie et au delà la vallée se resserre encore. Nous nous résignons a camper là, bien que de nombreuses lagunes d’eau verdâtre nous avertissent que l'endroit est malsain. La fièvre commence à nous attaquer. M. de Lastour, et un de nos laveurs d'or, un Espagnol de Grenade, ainsi que plusieurs noirs, en sont les premiers atteints. M. d’'Andrada lui-même est bientôt pris de vomissements.

En amont la vue est superbe : devant nous s’étagent des montagnes pittoresques très élevées où le. Mazoe prend sa source. Partout des traces d’hippopotames; ces animaux sortent des lagunes la nuit pour aller paître sur les collines. M. Kuss détermine la latitude sur Véga de la Lyre; il trouve 16° 38 ; le baromètre indique 741"", Le lendemain, ne pouvant plus cheminer sur la rive droite, nous cherchons un gué; le fond rocheux, inégal, rend le passage très difficile; nos nègres se mettent à l’eau, mais 1ls en ont par-dessus la tête. Vers huit heures, nos guides ont trouvé un passage, mais 1l faut se mouiller pour le franchir, aussi les noirs de notre escorte se tiennent cinq ou six ensemble et nous traversent étendus sur leurs têtes; cette précaution nous évite les refroidissements qui nous auraient sûrement amené la fièvre. Le courant très rapide et les trous au fond du lit, rendent le passage périlleux. Mais, malgré quelques faux cris d’alarme : crocodiles (ignacoco), lancés par des farceurs plaisants, nos hommes nous traversent sans encombre. Nous continuons à remonter le Mazoe en suivant les rives et marchons péniblement à travers des blocs ; le rivage ressemble à un chantier de pierres en désordre. M. d'Andrada est toujours malade et se voit obligé de monter dans sa machila; nos hommes le portent sans se décourager, mais n'arrivent à la halte que deux heures après nous. Nous voici enfin sur les placers et nous campons au bas de très hautes collines; au sommet est un village, Casa de Zuda; je m'y rends par des chemins qui sont de véritables échelles. J'y trouve un peu de maïs, de la farine, des poulets, des pigeons. Les achats sont difliciles, car ces gens ont juste ce qui est nécessaire à leur consommation. Notre guide Moncounga a obtenu du chef, l'envoi de femmes “qui sauront nous montrer les sables aurifères. Vers quatre heures, six femmes arrivent avec des grandes battèes en bois de forme rec-

tangulaire: elles nous conduisent pres du cours d’eau, prennent là du

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