‹ Une exploration française au ZambèzeChapitre 56 sur 59 · Æ LS · texte numérisé non relu

Æ LS

te

à FT E .

he —: DEÉ =RE —— = = == > = : = = —-

fl!

Fr N

WU

. CR AE AE PET TOR RE ME Me DRE Mn mn

oravier entre les galets au niveau des hautes eaux, et après un lavage soigné et très habilement fait, elles nous montrent quelques paillettes d'or. Ces femmes sont d’un type assez gracieux, elles ne montrent ni sauvagerie ni curiosité. Malgré l'infertilité des rochers où sont placés leurs villages, elles ne sont pas dans la misère comme à Machinga. Quelques enfants ont des colliers formés de Cauris et d'un morceau de nacre appelé Douro, qui a une grande valeur dans l'intérieur de l'Afrique. Cette rondelle est un des rares produits contre lesquels les noirs échangent leur poudre d'or, ils donnent un matical de poudre pour une de ces coquilles, soit environ 15 francs. Les commerçants qui cherchent la poudre d'or ont orand soin de s'aApprovisionner de cet objet d'échange.

17 juillet. Les laveuses d’or sont arrivées de bon matin; après une heure de marche dans les rochers nous arrivons à un coude de la rivière. Le courant est très violent, nous traversons à la nage, non sans de srandes difficultés. Les nègres qui portaient nos vêtements sur leur tête font un plongeon soudain, et nous devons continuer l'exploration en costume du pays. Heureusement le temps, quoique couvert, n'est pas froid. Arrivés à l'endroit où on lave habituellement le sable, les femmes essaient un banc de gravier au-dessus du niveau de l’eau, il est plus riche que celui que nous avons vu précédemment et se continue Jusqu'à une couche de gros galets au niveau de l’eau. Les indigènes ne travaillent que la'couche superficielle. D’autres explorations en amont donnent le même résultat. Une seconde traversée du Mazoe est encore plus pénible, mais nous avons pris notre parti, et plongeons quand il le faut. Dans [a saison pluvieuse, l'exploration de cette rivière serait presque impossible. De retour au camp, M. de Lastour photographie une bande de visiteurs. Un chef est venu avec sa femmeet un petit garçon, je donne à cet enfant une poupée en caoutcnouc achetée à Paris, ce qui lui fait grand plaisir ainsi qu'à ses parents; ces poupées ont toujours un égal succès, auprès des parents et des enfants. Deux heures après la famille revient et m'ofire très affectueusement un panier de farine et deux poulets; pour ne rien devoir à ces braves gens, je leur distribue des bracelets de cuivre, j'y joins quelques brasses de coton et une gravure représentant un dompteur avec ses lions, Mais quoique cette scène soit simple, les noirs ne semblent pas comprendre l'intention du dessinateur, du reste J'ai déjà

remarqué qu'en dehors de la représentation d’un animal connu dans

AN

une posture naturelle et habituelle, les noirs ne saississent pas nos dessins. La mère porte un collier de perles et de graines : elle a bien les grosses lèvres des négresses mais son nez n’est pas aplati comme celui des Butonga, elle a une figure très intelligente. Nous faisons essayer à la battée la terre qui entoure le camp et nous trouvons partout un peu d'or. Pendant que la femme travaille le sable aurifère, le mari prend soin de l'enfant; celui-ci à un collier formé de six douro (ce quillage). Le soir seize porteurs arrivent de Tété avec des provisions ; il nous ont suivi sans difficultés s'arrêtant à nos divers campements. Une nuit ils ont eu un des leurs enlevé par un lion. Nous prenons une forte dose de quinine, M. d'Andrada souffre encore de la fièvre, mais en se faisant soutenir 1l peut continuer le voyage. Nous partons en remontant le long de la rivière, puis nous coupons à travers la montagne, où se trouvent perchés sur les plus hauts sommets, les villages des laveurs d’or. Ce sont des habitations très misérables, il faut aux habitants trois heures de marche par une sorte d'escalier à pic pour venir puiser de l’eau à la rivière. Malgré leur misère les habitants ont tous des étoffes de coton. Us ont placé les villages sur les sommets pour échapper aux surprises car Bonga de Massangano fait de fréquentes incursions dans le pays, tue les hommes, enlève les femmes, les enfants et les provisions. Ces populations qui n'ont que très peu de terre ne vivent qu’à l’aide de la poudre d'or, que viennent chercher les marchands de Tété.

Nous redescendons dans la vallée de Mazoe, où nous essayons avec des résultats variables les divers bancs de gravier que nous montrent les naturels. Après une mauvaise journée, M. d'Andrada se trouve mieux tout à coup et nous nous décidons à continuer le voyage. Mais notre guide devient de plus en plus craintif; il redoute que nous choquions les préjugés des noirs et qu’il en résulte des difficultés. Nos gens campent antour de notre tente, ils couchent sur des lits de broussailles et de roseaux et se mettent, la nuit, dans un grand sac qu'ils appellent /omba. Malgré ces précautions, ils soufrent du froid qui est très piquant. Îls amassent d'énormes quantités de bois et font des feux autour desquels ils se couchent et qu'ils entretiennent toute la nuit. Ils ont grand'peur d’être isolés et se tiennent rapprochés, encombrant les alentours de notre tente, nous aveuglant avec la fumée de leurs feux et nous empêchant de dormir par leur bavardage, qui se prolonge bien

avant dans la nuit. Le matin, ils sont itransis et il est impossible

de les secouer avant le lever du soleil. Ils commencent par manger

Page 1