‹ Une Famille au XVIe siècleChapitre 13 sur 21 · I . La chevalerie avait eu ses parrains d'armes · texte numérisé non relu

I . La chevalerie avait eu ses parrains d'armes

fust Fun^ ce qiFHonoré accepta volontiers ^ & en sa présentation il iît merveille. Ce qu'oyant M. d^Ulme^ pour lors advocat du Roy au Parlement ^ dit par admiration à un conseiller nommé Margalet :

(( Si M. du Laiirens vit l'âge d'un homme, il sera Vun des rares hommes de son temps. » Et alors le conseiller : (( Vous devriei luy donner vos^ tre fille. )) Auquel le sieur d^Ulme respondit : a Plust à Dieu que cela fust! )) Dès lors^ le dit conseiller parla de mariage^ & on le iît sçavoir à ma mère laquelle n^y vouloit entendre y disant que marier ainsi un jeune homme desnué de moyens

rUniversité avait également les siens, pour assister les candidats venant subir les épreuves de la chevalerie es lois ou du doctorat*

au XVI'' siècle.

& desbauché^ ce seroit rendre une maison plus que misérable. Mon frère Charles ût tant que le mariage se fir^ & mon frère Honoré depuis se tint à Aix où il advocassa & se rendit de plus en plus capable en sa vacation^ fort posé & arresté^ quittant toutes ses desbauches. Quelque temps après^ il succéda à son beau- père à la charg-e d'adyocat général du Roy qu^il a exercée plus de dix-huit ans ^ ayant que d^estre archevesque d^Ambrun.

Pour mes frères Julien & André^ après avoir bien estudié^ feue ma mère les £t passer docteurs^ Julien en théologie & André en médecine^ le mesme an & jour en Avignon. Julien vint demeurer à Arles où il preschoit^ André s^ar-

^(i Une Famille

resta en Avignon où il lisoit le matin aux chirurgiens & Taprès disné aux appoticaires. Cela Fexerçoit à sa vacation & luy faisoit donner des pratiques pour s^entretenir. En voilà quatre docteurs.

Quant à mon frère Antoine^ il n^oublioit rien de son côté pour requérir le degré es droits. Ma mère Fenvoya à Bourges estudier sous M. Cujas^ personage de grande réputation^ & elle n^espargna rien selon sa puissance. Quand il eut fait son cours ^ elle Fenvoya à Aix passer docteur ainsi que les autres^ & là il exerça Festat d^advocat^ ayant des pratiques povu* s'entretenir. Mes frères avoient ce don que dès aussitost qu^ils estoient docteurs^ ils estoient employés ; ils se peinoient

au xvi^ siècle.

foYty aussi nul (succès) sans peine, & par ce moyen ils yivoient honorablement en leur profession.

Et, pour venir à mon frère Julien, un chanoine de Saint -Trophime fut saisi d\m catarre ; mon frère Charles fut appelle & le jugea mortel. Ma mère sçachant cet accident alla trouver messieurs les chanoines , & les pria Fun après l'autre, en cas de mort sans résignation , de vouloir gratifier mon frère qui avoit eu Thonneur d^estre de leur compagnie , qu^elle avoit fait passer docteur du depuis & qui preschoit actuellement , n ^ uzant d^autre compliment pour les induire à sa volonté. Tous luy promirent levir voix, au desceuTun de Fautre.

Le dit chanoine estant mort & le

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Chapitre assemblé ^ ma mère les somma de (tenir) la promesse^ ils Faccomplirent à pache ^ que mon frère exerceroit la théologie^ avec cet avantage qu'elle luy seroit perpétuelle^ auparavant n'estant qu'annuelle. Il se comporta honorablement en cette charge quelques années^ jusqu'à ce qu'un poste estant devenu vacant à Tarascon^ lieu de sa naissance^ il se rendit à l'hospital pour assister les malades à la confession & baptiser les enfans.

Mais il y mourut. Au reste^ il avoit mené une vie sainte ; car depuis qu'il fut théologal il ne coucha jamais au lit^ mais prenoit son repos sur une chaise^ portoit ordinaire-

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