HISTOIRE O'ON MORT
habitude , marcha sur les pierres sacrées jusqu'à ce qu'il fût au sommet de la muraille.
<( J'hésitais à suivre le même chemin. J'avais peur.
(( Il me tendit la main en me disant :
« — Il n'y a pas de danger; tu peux lùettre le pied dessus : ce sont des connaissances.
<c Quand je fus auprès de lui :
« — Veux-tu, me dit-il, que je te fasse voir ce qui se passe à Paris?
« — Non ; marchons.
<( — Marchons, puisque tu es si pressé.
« Nous sautâmes du mur h terre.
« La lune, sous le regard de Satan, s'était voilée comme une jeune fille sous un regard effronté. La nuit était froide, toutes les portes étaient closes , toutes les fenêtres sombres , toutes les rues silencieuses : on eût dit que personne , depuis longtemps, n'avait foulé le sol sur lequel nous marchions; tout, autour de nous, avait un aspect fatal : il semblait que, quand le jour allait venir, personne n'ouvrirait les portes, qu'aucune tête ne sourirait aux fenêtres , qu'aucun pas ne troublerait le silence. Je croyais marcher dans ]une