‹ Une famille de peintres parisiens aux XIVe et XVe siècles: documents et pièces originalesChapitre 4 sur 12 · CONSERVÉ AU CABINET DES ESTAMPES · texte numérisé non relu

CONSERVÉ AU CABINET DES ESTAMPES

Nous croyons pouvoir alfirmer que ce portrait du roi Jean attribué par les uns à Jean de Bruges, par les autres à Jehan Coste, n'est pas de ce dernier; rien ne le prouve, au contra:resa négligence dans les travaux du Vaudreuil semble lui avoir tait perdre l'amitié et l'estime du roi qui aurait donné toute sa confiance à Girard d'Orléans. A partir de cette époque il n'est plus fait mention de Jehan Coste dans les comptes royaux. To ited les probabilités, se réunissent donc pour le faire attribuer à son collaborateur devenu par le fait son successeur. On trouve en effet ce dernier cité plusieurs fois dans les comptes de la captivité du roi Jean en Angleterre. Au nombre des tableaux dont il est question pouvait bien se trouver le portrait dont il sagit. Quand il fut question de diminuer la suite du roi captif, il obtint que son p.intre resta avec lui et ne fût pas compris dans la liste de ses officiers ramenés en France ; il demeura donc avec le royal prisonnier, jusqu'à sa mort. Ce porirait est donc l'œuvre de Girard d'Orléans. C'est l'avis de M. le duc d'Aumale, dans l'ouvrage cité plus haut, de M. Douet d'Arcq, qui l'a annalysé, d'un archéologue anglais M. Tennyson d'L)mcourt, dont un ancêtre William Tennyson fut le gardien du roi de France au château de Somerton et qui a publié une notice sur ce portrait, voir^lrc/réo/o^axxxviii. Londres i858.

La première mention que nous possédons de ce portrait nous a été fournie par Montfaucon qui dans ses Monuments de la Monarchie française, t. II, pi. lv, nous donne un croquis de la figure qu'il décrit comme « buste du roi Jean tiré des tableaux ' de M. Gaigaères, peint dans U temps même. » Cette peinture semble avoir passé de la collection Gaignères à la Bibliothèque royale de Paris ; dans la Notice des Estampes exposées à cette bibliothèque (i823) sous le no 2o5, on en trouve cette description : Après avoir fait allusion à la ressemblance de ce portrait du roi Jean, fait de son temps et placé dan* une bibliothèque qui date de son règne, le livret continue ainsi : « cette peinture est une espèce de gouache ou de peinture à la colle ; ou a prétendu attribuer ce tableau à Jean de Bruges, peintre de Charles V dit le Sage, la bordure en a été faite à ce qu'on croit du temps de Louis XII, elle a été détériorée en 1793. » On ne connaît pas les circonstances qui ont amené ce tableau entreles mains de Gaignières. A-t-il été renvoyé en France avec le mobilier du roi Jean, ou confié à son peintre, ou donné en cadeau à un de ses nobles visiteurs ou à sa parente la comtesse de Saint- Pol ou de Warren » comme le suggère M. d'Eyncourt? Il n*est pas impossible qu'il ait été racheté par le duc Charles d'Orléans, comme souvenir de famille, lui qui recueillait toutes les épaves qu'il pouvait retrouver de l'illustre prisonnier ; ce qui paraît confirmer cette hypothèse, c'est que le catalogue de i823 attribue la bordure à l'époque du règne de Louis XII qui avait hérité de son père de son culte pour ses ancêtres, on en pourrait citer comme preuve ainsi que de son amour pour les beauxarts les restaurations qu'il fit faire à la chapelle d'Orléans, aux Célestms de Paris.

En 1821, le docteur Dibdin, qui vit le portrait au départe ment des Estampes, en donne cette description dans son Voyage bibliographique, archéologique et pittoresque en France. III, 96. « J'ajouterai que l'original a souffert en quelque» endroits, principalement sur la joue et au-dessus de l'œil dont la couleur est enlevée... L'original a été exécuté avec une sorte de couleur épaisse sur une toile fine. Le fond est en or mat, mais actuellement tout à fait terni, il est entouré d'une sorte de bordure pointillée, comme on en voit dans les miniatures des livret de cette époque. Il paraissait aussi que la première couche sur laquelle l'or a été appliqué n'était que du blanc d'œuf, ou quelque autre subtance glutineuse analogue. » Par

oouleur épaisse, dit son traducteur Th. Licquet, M. Dibdin a voulu sans doute faire entendre que c: porttait, de grandeur oaturelle, n'était pas fait avec des couleurs dont on se servait pour les vignettes qui ornent les manuscrits, mais antérieures à îa peinture à l'huile ; ces couleurs étaient mêlées soit avec des blancs d'œufs, soit avec quelques autres matières glutineiises qui se sont un peu écaillées, principalement dans le tond.

Lors de la création du musée des Souveraias, au Louvre, le portrait du roi Jean y fut déposé; le musée ayant été supprimé en 1872, ils fut reporté au cabmet des Estampes où il se trouve à sa place primitive.

Un dernier mot sur ce sujet : ci qui précède suffît pour en donner une idée, mais mieux encore la réduction gravée et peinte d après l'original et qui sert de frontispice à ce volume. Un verre protège cette peinture intéressante par son antiquité, et un cadre semé de fleurs de lys d'or l'entoure indépendamment de la bordure en or qui borde le fond ; pour nous il a un intérêt tout spécial puisque nous pouvons y joindre le nom du peintre Girard d'Orliens,

s m JEHAN II D'ORLÉANS

EHAN d'Orléans fut, sous le règne de Charles V et de Charles VI, ce qu'avait été sous celui du Roi Jean, Girart d Orléans, peintre en tkre de. la Cour et valet de chambre du Roi, il hérita sans doute de cette charge à la mort de son père.

La première fois que son nom apparaît, c'est en 1 364, il devait être dans toute la fiaarce de Page, et de la maturité de son talent. Dans les actes officiels qui vont suivre, on ne voit pas qu'il fut chargé de grands travaux^ ceux du château de Saint-Ger-

main exceptés, encore ne sont-ils pas spécifiés, il paraît avoir excellé dans les travaux de genre et de décoration intérieure. Malgré le silence de Phistoire, nous n'hésitons pas à lui attribuer l'exécution de la Dance macabre du charnier des Innocents; comme son contemporain, Fauteur de l'Imitation, son oeuvre principale, appelée à un si grand retentissement, n'aurait pas servi à sa gloire : méconnu de son vivant, il fut oublié après sa mort.

L'énumération de ses travaux ne prête pas à des développements et ne nous apprend aucune particularité sur sa vie publique, mais elle nous le montre dans l'intimité de deux Rois, et en dernier lieu du Duc de Berry.

1 364. Charles. Nous vous mandons que vous allouez, à nostre amé paintre et vallet de chambre, Jehan d'Orléans — pour un tableau de bois d'IUande (bois d'Irlande) seize francs.

— Charles. Nous vous mandons que vous allouez à nostre amé paintre et vallet

de chambre, Jehan d'Orlkans pour trois chaères pour nous, vingt-six francs et pour les chaères de notre sacre, douze francs.

M.indement du 2 4 j envier .

Le bois d'Irlande semble avoir été reconnu bon pour en faire des panneaux de peinture, et en même temps propre à la sculpture.

1 365. Il est chargé de peindre la chambre où Charles V tenait requêtes au Louvre.

Sauvai-, U. .'V|3.

1371. Jehan d'Orlkans pour la façon d'un bers (berceau) pour Jehan, Monsieur (Jean-sans-Peur né le 29 mai iSy i).

De Laborde, ducs de lUmrgogne, 1. UXXIII.

1372. Il prise des tableaux à Dijon après avoir fait serment sur les Saints Evangiles.

Testament de Li reine Je.mne d'Fvreux.

1378 Charles, par la grâce de Dieu, Roy de France, à nos amez et féaulz geiîs de nos comptes à Paris, Salut et Dilection.

Nous avons receu de nos amez et féaulz les généraux conseillers sur les aides ordenez pour le fait de la guerre par la main de

François Chanteprime, général receveur à Paris, la somme de deux cens francs d'or^ c'est à savoir C francs à nostre ami eschançon Hugues de Guisay, pour les bons et agréables services qu'il nous a faiz et fait chascun jour en son office ; et G frans payez à nostre amé paintre JeHAN d'Orléans pour certains ouvrages de peintures qu'il a faiz pour nous en nostre chastel de Saint-Germain-en-Laye.

Si vous mandons que icelle somme de 11^ frans vous allouez es comptes dudit François, senz contredit, ne demander aucune quittance, déclaration ou descharges que ces présentes seulement. Non contestans ordennances, mandemens ou défenses à ce contraire.

Donné à Paris, le XXV® jour de janvier Tan de grâce mil cccLXxvni (1378) et de nostre règne le xiiii\

Par le Roy — Tabarin.

Bit. nat. Collect. Gxignières. 537.

1 384. Dans son histoire des Français des divers états, A.-A» Monteil, I, ch. lxkii.

LES SIX COULEURS, cite un compte de cette année où se trouvait mentionné : JohaKnes

DE AURELIANIS, PICTOR ET VALETUS CAMERE DOMINI REGIS.

!385. A Jehan d'Orléans, paintre, pour avoir paint et contrefait neuf plumes de faisans d'Inde, dont aucunes furent mises sur les heaumes du Roy et sur cellui de Messire Pierre de Naverre, et les autres furent mises sur le bacinet du Roy ; pour ce, par quittance donnée le 24* jour de juin 1 385 : douze francs.

Argenterie du Roi, KK. $4..

Cette peinture fut faite pour les joutes de Cambray qui eurent lieu en avril i385.

1387. A Pierre du Fou, coflFrier demourant à Paris, pour un grant etuy de cuir bouilly, achatéde lui ce 26® jour de janvier i386/ 1387, pour mettre et porter ungs tableaux que a faiz Jehan d'Orléans, paintre et varlet de chambre du Roy nostre sire, pour ce 32 s. p.

Argenterie du Roy, KK. t8.

— Perrin Bernart, gainier, demeurant à Paris reçoit xxxvi sols parisis pour un « grant etuy de cuir bouilly pour mettre et porter ungs tableaux que a faiz Jehan d'Orléans, paintre et varlet de chambre du Roy. »

De L aborde, Glossaire.

1 38g. Charles, par la grâce de Dieu, Roy de France, à nos amez et féaulx les généraux conseillers sur le faict des Aides ordonnés pour la guerre, Salut et Dilection.

Nous voulons et vous mandons que à nostre amé peintre et varlet de chambre Jehan d^Orliens, vous faciez paier des deniers des diz Aides, par Jacques Hénion, Receveur général d'iceulx, ces lettres veues, sans délay, deux cens frans d'or, esquels nous somes tenus pour les causes qui en suivent : Cest assavoir pour deux tableaux, dont il a en chacun une ymage de Nostre Dame, c'est assavoir, l'un pour nous, et Tautre pour nostre très-cher frère le Duc de Touraine. — Item, pour refaire un tableau là où sont les ymages de Nostre

Dame, de Monseigneur Saint Denys, de Monseigneur Saint Loys de France et de Monseigneur Saint Loys de Marecilles pour nostre dit Frère. — Item, pour deux histoires faictes en un tableau d'or, ouquel a de plun^urs reliques, pour nostre dit Frère de Touraine, parels aux nostres. — Item, pour deux tableaux pour nous, fermans Tun sur l'autre, dont en un est Tymage de Nostre Dame et de Sainte Katherine, et en l'autre, de Monseigneur Saint Jehan-Baptiste et de Monseigneur Saint Georges, garniz d'argent doré. — Item, pour six bleizons, dont les quatre furent fais pour la venue à Paris de nostre très-chière et très-amée compaigne la Royne, et les d^ux pour la feste qui sera faicte le premier jour de may, lesquels bleizons ont été baillez aux heistres (heraults ou maistres) de nostre commandement. Lesquelles choses ledit Jehan a baillez et livrés de notre ordonnance : pour toutes ces choses, cent francs. Et pour refaire et mettre à point de peinture

l'ymage de Monseigneur Saint Ghristofle qui est à Tentrée de nostre petit chastel du boys de Vincennes, avecques plusieurs autres choses, qu'il faut ramender de peinture en nostre chambre dudit lieu du Boys, par marché faict avecques lui, autre cent francs. Et nous voulons que par rapportant ces lettres et quictances dudit JehaH, yceulx deux cens francs soient alloez es comptes dudit Receveur, nonobstant ordonnances ou deflfenses au contraire.

Donné à Paris, le xvi® jour de mars, Tan de grâce mil trois cent quatre vint et neuf et de nostre règne le dixièxme.

Par le Roy, nous le connestable et le sire des Bordes présens. — Ginot.

Bibliat. nation. Collection Gaignières.

Cette pièce fournit matière à certaines observations.

Il y est d'abord parlé de divers tableaux.

Le Roy commande plusieurs tableaux de Notre-Dame, l'un pour lui, et l'autre pour notre cher frère le Duc de Tonraine (depuis d'Orléans) ; on connaît l'af-

fecrion sans bornes que Charles VI avait vouée à son frère, ce n'est pas le lieu de s'étendre sur cet objet.

Le sujet du second article se retrou v-e plusieurs fois dans les inventaires : ce sont les saints tutélaires de la France et plus spécialement de la famille royale : Notre Dame, Saint Denys et les deux Saints Louis, patrons et ancêtres des deux princes.

Un compte de TArgenterie de la Reyne Isabeau de Bavière (K. K. 41.) mentionne :

1397. « A lui (COLART DE LaON, SOH

» peintre) pour avoir fait pour Monseigneur » Messire Loysde France (né le 22 janvier) » un tableau où est en painture Saint Loys » France et Saint Loys de Marcelle, qui » est attaché au chevet de son lit, pour ce » Ixiiij s. p. »

Les tableaux peints n'occupaient qu'une faible place au milieu des grands manuscrits à milliers de fines miniatures, au milieu des tableaux d'or et d'argent, et des joyaux que nous montrent les inven-

taires, les comptes, les testaments et autres pièces. Le nombre des tableaux d'or et d'argent qui se trouvent dans les inventaires est prodigieux, nous avons montré que les peintures murales se rencontraient fréquemment chez les particuliers comme chez les princes, dans les églises comme dans les palais. On connaît peu la destination des tableaux, comme nous les entendons, qu'on mettait en un endroit fixe et qui décoraient les appartements, il est rare que Ton trouve des indications de tableaux qu'on pend au chevet du Roy, de tableaux attachiés au mur: on conçoit peu leur usage et leur destination. Dans l'inventaire du duc de Berry, on trouve :

« deux grands tableaux de bois tout neufs de la longueur d'un aubier (Bibl. Sainte Geneviève, p. 46).

Ces deux sujets, l'oncle et le neveu, furent souvent peints pour Toratoire de nos rois dont ils étaient les protecteurs naturels, le premier est trop connu, le second l'est moins.

Saint Louis de Marseille, deuxième fils de Charles II, le Boiteux, Roi de Naples, de Sicile et de Jérusalem, né à Nocéra en février 1276, évêque de Toulouse à dixneuf ans en 1298, mourut le 19 août 1298. Il est dit de Marseille parce qu'il fut enterré dans l'église des Minimes de cette ville en iSiy, transporté au maître autel en 1397, son corps y était encore en 141 7, époque à laquelle il fut enlevé par le Roi d'Aragon et transporté à Valence, en Espagne. Le président Hiver de Beauvoir, dans sa description du trésor de la Sainte Chapelle de Bourges (Bourges, i865) a constaté qu'une peinture portant ce titre et qu'il croit provenir de cette église avait été acquise à la vente Revoil en 1818 par le Roi Louis XVIII. Elle figure dans le livret du Louvre, école d'Italie, Inconnus n° 5o8 : Portrait de Saint Louis (de Marseille) avec cette notice : « Buste demi-nature. II est représenté de trois quarts tourné à gauche, tenant un livre de la main droite et une

crosse de la tnaîn gauche. — Collection Louis XVIII. Ce tableau sur fond d'or et gaufré, faisait partie de la collection Revoil, acquise en 1818. Il était attribuée Gioito, mais il est évidemment d'un peintre postérieur à cet artiste. Il rappelle l'exécution et le style de Gentile dû Fabriano. » C'était répoque où tout ce qui présentait un cachet artistique ne pouvait être attribué qu'à un Italien. M. Villot avait raison quant à la date de la peinture, non quant à son attribution à un étranger. Sa provenance indique clairement son origine française, ce ne peut pas être un des deux tableaux peints pir Girart d'Orléans en i'358, ni par CoJart de Laon en iSgy, sa présence dians la collection du Duc de Berry permettrait plutôt de l'attribuer à Jehan d^Qrléans.

1 390^ Jehan d'Orléans, paintre etvairlet de chambre du Roy nostre dit Sire^ parles maÎBS de Jacques Hénion, receveur général de& finances dudict Seigneur, la sommfi de deux cents livres, tournois, qui deus

lui estoient- par marché faict avec le dit Seigneur de certaines besoingnes de paiixtures, lesquelles il a faictes et délivrées audit Seigneur, si comme il appert et est plus à plain contenu en un mandement de cellui Seigneur. Donné le dernier JQur de mars dernier passé. De laquelle somme deux cents livres tournois , ledit Jehan se tient à bien paie et en quicte ledit Sçigneur, son dit receveur et tous autres. Item, Payement. — Item, coux et

obligation. — Item, R F l'an mil

CGC iiï et dix, le lundi premier jour d aoust. J. Porchier. J. Bouchier.

Cette pièce est annexée à la précédente.

{Bibl. nat. Collection Gaignièrcs.)

. 1 39 1 . Son nom se trouve en tête de la liste des maistres peintres dans les statuts de 1 391 , un peu à cause de sa position, beaucoup plus encore à cause de son habileté, car il se trouve en présence à^laplus grande et la plus saine partie dudit métier, et en compagnie de Colart de Laon, son émule, qui n'occupe que le troisième rang.

1 392. Amaistre Jehan d'Orliens, paintre et varlet de chambre du Roy nostre Sire, pour avoir livrez et pains bien richement uns tableaux de bois où il a fait une An- NUNCiATioN, c'est assavoir Nostrc-Damc ct saint Gabriel, pour Monseigneur le Daulphin et par lui délivré le second jour de juillet.

Argenterie du Roy, K. K. 23.

Pretium non continetur in journali.

Ici se trouve une lacune, la plus proprochaine pièce en date concernant Jehan d'Orléans est postérieure de seize ans.

1408. Expensa facta in dicto thesauro ad terminos candelose 1407, ascensionis et s. Joannis 1408.

Redditus ad vitam. — (Pensions à vie.) — Johannes de Aurelianis , pictor régis, pro vadiis suis de vi solid. paris, per diem; pro i82diebus, adhunc terminumracione bixesti (bissexti) 104 liv. 12 s. p.

Le terme de la Chandeleur dans ce compte part du i" janvier 1408 (n. s.).

Comptes royaux.

Cette pièce a une certaine importance, elle nous marque une nouvelle phase de la vie de Jehan d'Orléans: Le peintre semble découragé, le duc d'Orléans avait été tué deux mois auparavant, l'état de santé du roi ne s'améliorait pas; alors il songe à demander sa retraite, mais, en bon père, il veut assurer la survivance de sa charge à son fils.

Ses longs et loyaux services (il travaillait depuis plus de quarante ans dans la maison royale), l'autorisaient à provoquer cette mesure qui ne semble pas avoir souffert de difficulté. A la même date, on trouve cité François d'Orléans, peintre et valet de chambre du roi en remplacement de son père.

— Franciscus de Aurelianis, valletus camere domini Régis, pictor régis, loco patris sui, pro vadiis suis de vi sol. par.

per diem; nichil; quià pater suus capit ea superiùs.

Trésor du Roi ^ K. K. i6.

On se demande sans doute ce que devint ce vieux serviteur ; les temps étaient

mauvais, l'avenir sombre. Il se réfugia auprès du protecteur des artis tes, Jehan, duc de Berry; un article de l'inventaire de 141 6 va nous l'apprendre.

— Une belle pomme de must (musc) qui se euvre par le milieu en deux pièces fermant à charnières d'or et pendant à une petite chaynne de mesmes, painte par dedans à ymages de la main de Jehan d'Or- LTENs qui ladite pomme donna à MS, en décembre, Tan mil cccc et huit prisée x 1.

vendue x livres v. s.

Inventaire du duc de Berry, 5g,

On ne peut douter, après cela, qu'il ne s'attachât à la maison de ce prince. Nous irons même plus loin, nous lui attribuerons une peinture dont parle Sauval, en la rapportant à cette date qu'il ne donne pas.

Le dimanche 20 novembre 1407 , au palais de Nesle, après-dîner, le duc Louis d'Orléans passa au cou du duc de Bourgogne le collier de son ordre du Porc-Epic.

« Cet événement, dit Thistorien de Paris, a été peint à ifresque sur les murs à côté de

Tautel, mais cette peinture est presque effacée. »

Trois jours après, le duc d'Orléans succombait rue Vieille-du-Temple , sous les coups des siccaires de Jean-sans-Peur.

Ces événements sont bien connus, mais il est permis de tirer un enseignement du rapprochement des faits suivants qui en sont comme la conséquence.

En procédant par ordre de date, nous trouvons dans les notes que Godefroi ajouta à l'histoire de Charles VI, que « Jean, duc » de Berry, fit de son vivant, en mémoire » de la mort de Louys, duc d'Orléans, son » neveu, sculpter au portail des Innocents, » le principal cimetière de Paris, le dit

» DES TROIS MORTZ ET DES TROIS VIFS. )) Le

P. Du Breuil complète le renseignement en nous donnant une date précise : 1408.

M. de Laborde, dans son introduction aux ducs de Bourgogne (m, ix), parlant de la chapelle des d'Orléans aux Célestins de Paris, s'exprime ainsi :

Dans l'un des seize volumes de la collée-

— lOO —

tion Gaignières qui ont été s'égarer à Oxford, dans la bibliothèque Bodléïenne, on trouve sous la rubrique : Tombeaux, des

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