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PIERRE II DE L'ÉGLISE

lERRE DE L'ÉGLISE, sieur de Lalande, Seigneur DE MoiRAX, commença à servir à dixy^ huit ans. Il entra dans la compagnie des Cadets-Gentilhommes à Metz en 1732. Lieutenant dans le régiment de Champagne en lySS, il était à la bataille de Parme, où il porta le drapeau blanc, à celle de Guastalla, aux attaques de Collonno et de Secchia et fit toutes les campagnes d'Italie. Son brevet de capitaine est du i" mai 1742. Il a fait en cette qualité, toutes les campagnes d'Allemagne, à cette époque : s'est trou\é à la célèbre retraite de Prague, à lattaque de la redoute de Rhin\villers,à celle des lignes deW^issembourg.aux sièges de Namur, Fribourg et Charleroy : à la bataille de Raucoux et à celle de Fontenoy. 11 a été reçu Chevalier de Saint-Louis, le 22 février 1747. par M. de Lacourneusve, gouverneur de lllôtel royal des Invalides, et s'est trouvé, la même année, à la bataille de Lawfeld. Après la paix de 174S, il rentra chez lui, pour raisons de famille, et quitta déliniti\emont le service en 1750.

Du 19 février 1748. affranchissement de rentes de la maison, cours, jardins, écuries, etc.. de niable I^ikium: de L'hGLISE. ccu\or. sieur dk Lalande,

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capitaine, Chevalier de Saint-Louis, fait, sous le nom de fief de L'Église, par Son Altesse la Princesse de Pons, Elisabeth de Roquelaure, épouse séparée, quant aux biens, de très puissant et très illustre Seigneur. Louis, Prince de Lorraine et de Mortagne.

Par devant les Conseillers du Roi, notaires à Paris, elle donne sa procuration à Jacques de Melet, Seigneur DE ROCHOMONT

« Pour ennoblir à perpétuité la dite maison, sise à » St-Barthélemy, appartenant à Pierre de L'ÉGLISE.

» écuyer, sieur de Lalande, etc consentir que lui

». et ses successeurs en jouissent à perpétuité, noble- » ment, avec le droit de girouette, sans aucun devoir » de rente seigneuriale, foncière ni directe, sauf la » taille au Roi. »

La procuration fut donnée à Paris, le 24 janvier 1748, et l'acte d'affranchissement dressé par M'' Joly. notaire royal, le ig fé\Tier suivant.

Du 14 octobre 1748, contrat de mariage entre noble Pierre de L'ÉGLISE, écuyer, sieur de Lalande. capitaine au régiment de Champagne, Chevalier de Saint-Louis, fils de feu Daniel de L'ÉGLISE de Lumeilloux et de Marguerite de BESSE, et demoiselle Marie dHÉBRARD, fille du sieur Jacques d'HÉBRARD et de dame Catherine de VASSAL. Signèrent au contrat: Vassal d'Hébrard, de L'Église, de Chadois, Seovaud de Vassal, de Rochomont.

Despeyrons, de Montardit. de Melet, etc et

Tessier notaire royal.

Mademoiselle d'HÉBRARD, fille unique, se constituait les biens de feu son père, domaines de Montignac,

de Viraguet, des Giraudeaux, de Vignasse, etc Sa

mère, Catherine de VASSAL, qui avait l'usufruit de

ces biens. sui\ant testament de son mari, en date du 6 janvier 1747, abandonnait une partie de cet usufruit à sa fille.

De ce mariage naquirent trei/e enfants :

]" Étiennf:. le 20 juillet 1750.

2" PniLippK. le 27 août \j5i.

3" Catherink. le 9 octobre 1752.

4" Élisabetm-Marif, le 20 décembre 1753. 5" Marie-1/rsl'le. le 3 mars 1755. 6" Marie, le i'=''juin i75().

7" Marthe, le 28 juillet 1757.

8" autre Etienne, le 6 février i75y.

9" Pierre, le 3 Octobre 1701 .

10" autre Philippe, le 3 février 1763.

II" autre Catherine, le 17 mars 1765.

12" autre Marie, le 10 avril 1768.

i3" Sophie, le 3i jan\ier 1770.

Nous \errons plus bas ce quils sont de\cnus. Pierre de L'ÉGLISE, excellent administrateur, a fait, pendant sa longue possession des propriétés do Saint-Barthélemv, des transactions importantes et fort nombreuses. 11 serait long et superflu de rapp(^rter ici. même les principales, lien est une. cependant, que je ne puis passer sous silence : c'est l'achat de la paroisse de Moirax.

Je vais donner les passages essentiels de cet acte, rédigé par M'" Gav, notaire ro\al de la juridiction de Tombebœuf :

En présence des témoins, a comparu haut et puissant Seigneur, iNlessire Bknu;nk, Henry DK Sackistk, Sire iMarquis de ToMBKBtKUF, Seij^neur de Grand-Champ, Louesme, Lagrjnjçeaux-Kois et autres lieux, premier lieutenant aux Gardes-Fran- *;aises, Clievalier de Saint-Louis, liabitant son hôtel, me de

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Bourgogne, Faubourg Saint-Germain et de présent dans son château de Tombebœuf.

Lequel a par ces présentes vendu, à titre de fief et de sousinféodation, à Messire Pierre de L'ÉGLISE, écuyer, Seigneur DE L'Église, ancien capitaine au régiment de Champagne, Chevalier de Saint-Louis, habitant de la ville de Saint-Barthélémy, ici présent et acceptant, pour lui, ses hoirs et ayant causes, savoir : la Seigneurie directe, immédiate, avec tous les cens, rentes et prestations annuelles en grains et en argent, qui appartiennent au dit Seigneur de Tombebœuf, sur tous les fonds qui composent la paroisse de Moirax, dépendant du susdit marquisat et sirie de Tombebœuf et qui en relèvent

De tout quoi, le dit Seigneur, sous-inféodataire, pourra jouir, user et s'en faire payer de la même manière que le dit Seigneur Marquis ou ses fermiers faisaient ou pouvaient faire

Demeurent encore compris, dans la dite sous-inféodation,

tous les fonds qui sont actuellement vacants et ceux qui pourraient le devenir, avec le droit de chasse, celui d'y établir une boucherie,

d'y faire exercer la police et encore de placer un banc

dans l'éghse de la dite paroisse, du côté de l'évangile, en face de celui que le dit Seigneur Marquis de Tombebœuf a et aura le droit d'y avoir

La dite sous-inféodation demeure faite, moyennant un droit d'entrée de la somme de vingt mille livres, laquelle le dit Seigneur DE L'ÉGLISE a présentement payée, en espèces de cours, au dit Seigneur Marquis de Tombebœuf et que celui-ci a comptée et retirée par devers lui, dont quittance etc

Le 4 février 1788, le roi Louis XVI signait, en faveur de M. DE L'ÉGLISE, des lettres de don de prélation, adressées aux Conseillers tenant la Chambre des comptes à Paris et aux Présidents et Trésoriers de France au bureau des finances à Bordeaux.

Louis par etc voulant gratifier notre bien-aimé

Pierre de L'ÉGLISE de LALANDE, lui avons fait et lui faisons don du droit de prélation qui nous est dû, à cause de la vente à lui faite, par notre bien-aimé Marquis de Tombebœuf, de la Seigneurie de Moirax, relevante de nous, par contrat du

GÉNÉALOGIE ÎÇ

5 novembre 17H5 cy attaché, sous le contre-scel de notre chancellerie, subrogeant le dit DE L'ÉGLISE de LALANDE, en notre lieu et place, pour la jouissance dudit droit

Et vous demandons d'enregistrer les présentes, et de leur contenu faire jouir et user le dit de L'ÉGLISE de LA LANDE, pleinement et paisiblement, car tel est notre bon plaisir.

Donné à Versailles, signé: Louis, par le roi ; de Breteuil.

L'original de ces lettres est entre mes mains, ce que je ne mexplique ^uère. car il devrait se trouver aux archi\es officielles.

A partir de cette époque. M. de LÉGLISE prit le titre de Seigneur de Moirax.

Pour la conclusion de cette affaire, le Marquis di-: ToMBEBŒUF dut remettre à M. de L'ÉGLISE la copie authentique de son contrat de mariage avec haute et puissante demoiselle Charlotte de Bombelles, contrat qui fut signé par Louis XVI, .\L\rie-Antoi- NETTE, Madame Elisabeth, Marie-Adélaïde. Louis- Philippe Duc dOrléans, Louis-Philippe Duc de Chartres, Louis-Joseph Prince de Condé, et toute la maison de France.

Ce document se trou\e dans les archives de la famille, ainsi d'ailleurs que tous ceux dont je parle.

Le 20 Septembre 1771, M. de L'ÉGLISE fut commis, par le roi, pour rece\oir, à la dignité de Chevalier de Saint-Louis, M. Etienne de Chadois, capitaine au régiment de Médoc; de même, le 10 décembre 1789, pour recevoir, dans le même ordre, M. Jacques HÉBRARD, son cousin, lieutenant dans le régiment de cavalerie de Royal-Guyenne.

En 1782, il odVit généreusement au roi les arbres de ses domaines, pour les constructions navales, et rec;ut, à cette occasion, la lettre sui\ante:

Monsieur, je réponds à la lettre que vous avez pris la peine de m'écrire, par laquelle vous offrez, gratuitement, au Roi, le choix des arbres de vos domaines qui pourraient être propres au service de la marine.

Cet acte de patriotisme ne peut que lui être très agréable, mais l'intention de sa Majesté n'étant pas d'accepter les offres des particuliers, dans la crainte qu'ils ne prissent sur leur nécessaire pour satisfaire leur zèle, je ne puis que me borner à vous remercier de votre offre.

Je suis très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Signé : Castries.

La correspondance de M. de L" ÉGLISE était très importante. Il entretenait des rapports suivis avec ses frères Etienne et Jacques, officiers dans les régiments de Limousin et de Champagne : avec ses fils, dont deux étaient au régiment de Champagne, un autre au régiment d'Austrasie, le quatrième, Tabbé de L'ÉGLISE, d'abord pensionnaire au séminaire de Saint-Magloire. ensuite chanoine à Monpazier ; avec son cousin M. de Ricaud, conseiller à la Cour des Aides, qu'il consultait pour ses affaires.

Il eut à soutenir plusieurs gros procès, dont le plus important avec les Solminiac et Dijeon de Monteton, qui n'en restèrent pas moins ses meilleurs amis.

Pierre de L'ÉGLISE fut, pendant plusieurs années, premier échevin de Saint-Barthélémy.

Convoqué à l'Assemblée de la noblesse, au Bailliage d'Agen, en 1789, et étant alors malade, il s'y fit représenter par son fils aîné.

Sa longue existence fut bien remplie et il resta toujours à la hauteur de ses grands et nombreux devoirs.

Nous touchons à la Révolution. L'ouragan souffle

et gronde déjà, il va bientôt se déchaîner dans toute sa fureur. Les lettres de ses fils, depuis longtemps chagrines, deviennent, à chaque courrier, plus pessimistes. Les ferments de discorde qui étaient anciens dans le peuple, se sont peu à peu introduits dans l'Armée et la bouleversent. Ce ne sont que désobéissances, mutineries, révoltes. Un esprit nouveau enivre les soldats, le découragement sempare des chefs. Les événements se précipitent. De concessions en concessions, de chute en chute, la Monarchie roule à labîme. Le Roi est prisonnier dans son Palais, en attendant de gravir les sombres degrés de la tour du Temple, auxquels fera suite lescalier rouge de réchafaud. Lémigration a commencé: j'y consacrerai un paragraphe spécial.

C'est seulement en 1802. que les deux capitaines du régiment de Champagne, les seuls de la famille qui émigrèrent. purent rentrer à Saint-Barthélémy. Après dix ans d'une cruelle séparation, ils eurent au moins la consolation de retrouver leur vieux père et de lui fermer les yeux, Tannée suivante, le 28 prairial an XI (28 juin i8o3).

Venu au monde, au déclin de Louis XI\'. au moment où le grand Roi s'inclinait vers la tombe, avec la majestueuse grandeur du soleil qui va disparaître, PiERRK DE L'ÉGLISE meurt à l'époque précise où l'étoile de Bonaparte va de\enir l'astre impérial. De l'hermine à la pourpre: entre ces deux puissantes figures du Roi et de l'Empereur, un siècle a fait son œuvre de destruction et de rénovation. Cette époque si tourmentée, à la fois honteuse et héroïque de notre histoire, ce x\in'' siècle. ratVmé, sceptique et sanglant. Pierre de L'ÉGLISE Ta vécu tout entier. Soldat

vaillant dans sa jeunesse, époux et père accompli dans sa maturité, il a élevé treize enfants, a donné ses quatre fils à la France et à Dieu. Vieillard admirable par son courage et sa résignation, dans les dures épreuves qui ont tourmenté ses dernières années, il a quitté ce monde, avec Tauréole du juste, et la conscience d'avoir été un vrai et bon Français.

Marie d'HÉBRARD, sa femme, était morte, le 2 septembre 1787. Quelques jours avant, le 23 août, elle avait fait ^on testament. Des treize enfants qu'elle avait eus de son mariage avec Pierre de L'ÉGLISE, onze vivaient encore cette année là. Elle instituait l'aîné, Etienne, son légataire universel et les dix autres ses héritiers particuliers, laissant à son mari le soin de régler et fixer les droits et constitutions de chacun. Par le même testament elle faisait de très larges libéralités aux pauvres d'Agmé et de Saint-Barthélemv.

Des treize enfants de Pierre de L'ÉGLISE, trois sont morts dans leur première jeunesse. Au paragraphe suivant nous nous occuperons d'ÉxiENNE, autre Etienne et Pierre.

Je fais connaître ici rapidement les sept autres :

4'' L'abbé de L'ÉGLISE, Chanoine de Monpazier.

5" Marie-Ursule, mariée, le 28 novembre 1807, à M. DE MOTHES DE LABÉZIADE.

6° Elisabeth, morte non mariée le 7 novembre

7° Catherine, morte non mariée le 21 décembre

8° Marik-Sophie, mariée à M. le docteur FRAIS- SINÈDE.

9° Marie, mariée, le 16 juin 1790, à M. Pierre DE CHADOIS.

lo** Autre Marie, mariée, le 12 brumaire an \"I. à M. Paul-Urbain de SÉOVAUD.

Un des petits-fils et un des arrière petits-fils de Pierre de UÉGLISE, MM. URBAIN de SÉOVAUD et Paul de CHADOIS, nos cousins, ont continué, au xix« siècle, les belles traditions militaires de la famille.

M. DE SÉOVAUD, officier de cavalerie, fit, avec le Duc d'Angouléme, la campagne d'Espagne et donna sa démission en i83o.

M. le Colonel de CHADOIS, ancien Député, aujourd'hui Sénateur inamovible, a fait les campagnes de Crimée et d'Italie et commandé très brillamment les mobiles de la Dordogne pendant la guerre de 1 870-1 871 .

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