ETIENNE II DE L'ÉGLISE
TIENNE DE L EGLISE DE LALANDE, fils aîné du précédent, naquit le 20 juillet lySo, fut baptisé le 21 du même mois, eut pour parrain Etienne de L'ÉGLISE, son oncle, et pour marraine Catherine de VASSAL, son aïeule.
Il commença à servir à la suite du corps Royal de l'artillerie, comme aspirant à La Fère; entra à dixsept ans dans le régiment de Champagne, sous le colonel Comte de Rastignac; fut successivement lieutenant et capitaine le 2 avril 1782. Sa commission est contresignée par Louis-Joseph de Bourbon, Prince de Condé, Colonel général de l'Infanterie Française. Il Ht la campagne de Corse et tint garnison, quelque temps, à Bordeaux au château Trompette.
Il émigra en 1792, et rentra en France en 1802. Nous le retrouverons plus loin pendant cette période de dix ans.
Après la mort de son père, il épousa, le 4 juin 1804. Mademoiselle Geneviève - Christine LAFABRIE de LASILVESTRIE, fille de feu M.François LAFABRIE DE LASILVESTRIE et de dame Jeanne de LARAMIÈRE, habitant Villeneuve-sur Lot, assistée la dite dame sa mère de M. Jean-François Lafabrie
DE Lasilvestpie et de dame Aimée Lamouroux de Pleneselve, mariés, ses frère et belle-sœur; de dame Pétronille de Laramière, veuve de M. Descoraille DE Sangruère, sa tante ; de M. Jean-François Descoraille de Sangruère. son cousin-germain et autres parents et amis.
Le contrat fut passé à \'illeneu\'e. devant M' Briet. notaire public.
Sous la Restauration. M. de L'ÉGLISE, depuis longtemps déjà chevalier de Saint-Louis, fut décoré du Lis. obtint une pension et le grade de lieutenantcolonel, comme récompense de ses services antérieurs. C'était un homme fort distingué, ayant conservé des allures dancien régime, très élégant, fort aimable, généreux, le modèle du gentilhomme. Sa correspondance est pleine dintérêt. Il mourut sans enfants, le 24 octobre 1824, et sa veuve le 21 janvier
Quoi qu'elle puisse sembler un hors-d'œu\Te, je rapporte ici une petite anecdote :
M. DE La SI Lv EST RIE, frère de Madame de L'ÉGLISE, fut élu député en 1820. Plein de sollicitude pour la population rurale de son département, il demanda à la Chambre que le second vin, connu dans le Nord sous le nom dereviu. dans le Midi sous celui de piquette, fut dispensé du droit de circulation. Ce mot piquette frappa la Chambre qui l'entendait pour la première fois et excita l'hilarité générale. Aussi ses collègues, tout en rendant hommage au zèle de M. di: Lasil\estrie pour les intérêts des pauvres, le surnommèrent \c député-piquette.
Dans une autre circonstance. Louis Wlll. pour reconnaître la façon consciencieuse dont il remplissait
ses devoirs de Député, lui offrit la croix de la Légion d'honneur. Il la refusa dans la crainte dêtre soupçonné d'avoir trafiqué de son mandat.
Etienne, Chevalier de L'ÉGLISE, frère du précédent, entré dans l'armée en 1775, au même régiment, a des états de services identiques. Les deux frères se sont toujours suivis pas à pas. Nous les retrouverons ensemble à l'émigration.
Le chevalier était, comme son frère, décoré de l'ordre de Saint-Louis. A son retour en France il épousa Mademoiselle DESPEYRON, issue d'une très ancienne famille. Il mourut sans enfants, le 17 septembre i836, étant en visite chez sa belle-sœur, à Saint-Barthélémy, où il est inhumé, dans un caveau de famille, avec sa femme décédée quelque temps après lui.
Pierre de L'ÉGLISE de LA BARRIÈRE Jrère des
précédents, était né le 3 octobre 1761, et comme tous les siens, comme tous ses aïeux, avait embrassé, de très bonne heure, la carrière des armes.
Il a de fort beaux états de services : engagé volonlontaire au régiment de Médoc, à seize ans. Cadet gentilhomme dans le régiment d'Austrasie, Colonel de Biencourt, le 28 octobre 1779; lieutenant le i^' juillet 1789; capitaine le i5 septembre 1791, il s'embarqua pour Tlle de France en 1780. Le bâtiment de transport, sur lequel il était avec sa compagnie, fut pris par des corsaires et conduit en Angleterre. Échangé quelque temps après, embarqué de nouveau à Brest, le 19 mars de l'année suivante, il rejoignit son
régiment à Pondichéry où il fit sept campagnes de guerre, tant sur l'escadre de M. deSufTrenque dans l'intérieur de la côte de Coromandel. Il s'est trouvé à toutes les affaires auxquelles son régiment a participé et notamment à la bataille de Goudelour, près Pondichéry, le i3 juin 1783. où il se couvrit de gloire.
Pour se rendre un compte très exact de ce que furent ces campagnes de l'Inde et constater notamment l'importance de la bataille si meurtrière de Goudelour, il faut consulter un très intéressant ouvrage qui vient de paraître et que je crois devoir signaler ici. Ce sont les Mémoires du Chevalier de Mautorl publiés par son petit-neveu le Baron Tillette de Clermont-Tonnerre. M. de Mautort était officier au régiment d'Austrasie et fut blessé à Goudelour aux côtés de M. DE L'ÉGLISE.
Dans cette journée, le régiment d'Austrasie fut décimé en assurant le succès de la bataille. Trente de ses officiers furent tués ou blessés. M. de L'ÉGLISE conservait pieusement leurs noms que je suis heureux de pouvoir reproduire :
.\L\L de Villeneuve, de Donmartin.
de Boëncourt .
de Lachassagnc Patornay. . . .
Brulon
La Filolie. . . .
d'Hamonville .
Prévost
de Mon trouent
Lieutenant-Colonel.
Capitaines.
MM. de Bacourt . . .
Gros
, T- • ) Lieutenants.
de traize
Pagandet
MM. Mondavid |
La Ferté /
de Blémont . . . . \ Sous-Lieutenants.
de Malard l
Morin )