‹ Une Famille de soldatsChapitre 20 sur 24 · LA FAMILLE PENDANT LA REVOLUTION · texte numérisé non relu

LA FAMILLE PENDANT LA REVOLUTION

aléatoire ou imaginaire, si S33 rentrées sont futures, s'il ne peut se procurer d'argent comptant, s'il n'a qu2 des dettes

Avec de tels pouvoirs ainsi maniés on exploite l'envie enracinée et l'antique animos.'tj du pauvre contre le riche ; on

s'attache les nécessiteux et les vagabonds

(Taine, La Conquête /acobiiie,y^age 441.)

En somme cette famille fut moins inquiétée que beaucoup d'autres et. à part quelques dommages matériels, elle sortit de la tourmente sans être désemparée. Ainsi que les marins, au milieu des tempêtes, allègent et sauvent leur navire, en jetant à la mer le surcroît du chargement, ils firent la part des circonstances et purent aborder, sans grosses avaries, après cette périlleuse traversée.

4^^ K rnot éveille de pc^nibles souvenirs. Lexil . ^i^ est toujours une bien cruelle épreuve; qu'il ^^?*^1 soit obligatoire ou volontaire, quil résulte de

l'expulsion ou de la fuite. La poitrine se gonfle et le cœur se déchire lorsqu'il faut gémir avec le poëte sur l'abandon du sol natal : nos patriœ fines et diilcia linquimus arva, nos patriani fugimus.

Peut-on reprocher à des hommes en butte à des attaques fanatiques, à des dénonciations injustes, à des menaces de mort, d'avoir passé la frontière et cherché un refuge sur un autre territoire ? Je ne le pense pas. quoique beaucoup de bons esprits aient proclamé que l'émigration a été une faute.

Ceux de ces hommes qui ont pris les armes et, de C3nc2rt a\ ec Ijj ennemis de leur pays, fait la guerre à la France, ne crovant la faire qu'à la Révolution, avaient-ils une excuse ? ('/est une questii^i plus délicate et qui ne saurait être traitée à fond, dans le mi)deste cadre de cette notice. Mais je n hésite pas à condamner un tel acte et je ne crois point qu'cMi puisse jamais le justifier. A ceux qui passent à l'ennemi et servent a\ec lui contre leur pairie, on peut

donner à méditer les paroles que Bavard expirant, adressait au Connétable de Bourbon.

Quelles que soient les horreurs de la guerre civile, il est permis de regretter que les émigrés, dans leur propre intérêt, n'aient pu se joindre aux Vendéens. Cela eût été plus honorable pour eux et sans doute plus profitable. Il semble naturel de dire : « Le Parti de l'Émigration — La Cause de la Vendée. » Cette cause était noble et bien française. Toutes les classes s'y confondaient dans un seul élan, avec la même opiniâtreté et le même courage, sans calcul ambitieux, sans aucun ostracisme. De vieux gentilshommes y servaient sous les ordres du garde-chasse Stoflet et du voiturier Cathelineau.

L'Émigration, au bout de quelques mois, était découragée, impuissante, inutile.

La Vendée a lutté pendant huit ans. Souvent victorieuse, elle a embarrassé la Convention et le Directoire en tenant en échec d'excellents généraux. Hoche lui-même, malgré son génie, s'est heurté à de grandes difficultés pour arriver à la pacification. Que fût-il advenu si un Prince de la Maison de France était entré en Vendée suivi par toute cette noblesse ; si ces paysans, soldats improvisés comme la plupart de leurs chefs, avaient été encadrés par les officiers de l'ancienne armée ; si leurs effectifs s'étaient grossis de tous ceux qui quittèrent la France à cette époque : s'ils avaient pu bénéficier de l'expérience, du courage et de l'argent qui furent gaspillés à l'étranger ?

Sans envisager le résultat de la lutte on peut affirmer que le jugement de la postérité eût été plus flatteur. Elle aurait admiré cette noblesse, comme elle admire encore ces paysans révoltés, car c'eût été.

alors, toute la vieille France refusant de se courber sous le jou^ des Jacobins, défendant quand môme la Rovauté qui l'abandonnait, le droit méconnu, la crovance outra^^ée. la traditi(jn et 1 histoire, mais avec ses seules forces, et non plus sous l'égide de nos ennemis. A une guerre semblable on aurait trou\é do sublimes excuses.

En 1791. l'Assemblée législatixo. émue des relations qu'entretenaient déjà les émigrés a\ec les Puissances, arracha à Louis X\'I une déclaration contre eux. Le Roi écrivit à ses frères les pressant de rentrer et conjurant tous les émigrés de rentrer avec eux. Ils refusèrent « se disant surs des Puissances étrangères, qui « continuaient à s'envelopper dans des réponses « é\asives » dit un historien.

Ce ret'iis des simigrés, ajoute un écrivain royalistj. lut ausii impolitique que coupable et, dans les circonstances où ils sj trouvaient, les perdit eux et le Roi. S'ils tuisent rentrés, leur retour, généralement désiré, aurait fait revivre en France le parti Royaliste que l'émigration avait entièrement désorganisé. Ce parti, fortifié par le discrédit de l'Assemblée, et recruté par les nombreux mécontents et les désert jurs du parti constitutionnel, serait bientôt devenu assez puissant pour rendre décisive, en faveur du Roi, l'explosion plus ou moins prochaine à laquelle il fallait s'attendre.

(Bertrand de MOLLEVILI.K. t. \'l, paiic .\i).

(.ette opinion peut être discutée, mais elle est très défendable.

Nous allons suivre à 1 émigration les deux frères Ltiknnk dk L'Église, et nous aurons la satisfaction de constater que. s'ils ont ser\ i quelques fois dans des

régiments étrangers pour ne pas rester inactifs, ils n'ont jamais du moins porté les armes contre leur patrie.

En 1792, ils étaient, nous l'avons vu, tous les deux capitaines dans le régiment de Champagne. Une grave rébellion éclata dans ce régiment, ils refusèrent de s'associer à des actes d'indiscipline, préférant quitter le service et rentrer chez eux. Ils vinrent donc à Saint-Barthélémy et y demeurèrent tranquilles, jusqu'au jour où leur ancien régiment fut envoyé dans le Lot-et-Garonne, à proximité de leur résidence. Cette circonstance leur fut fatale. Dénoncés comme suspects et menaces d'arrestation, ils passèrent à l'étranger.

Ni dans la vit publique, ni dans la vie privée, ni à la campagne, ni à la ville, ni réunis, ni séparés, les nobles ne sont à l'abri. Comme un nuage noir et menaçant, l'hostilité populaire pèse sur eux, et, d'un bout à l'autre du territoire, l'orage s'abat par une grêle continue de vexations, d'outrages, de diffamations, de spoliations et de violences ; çà et là, et presque journellement, des coups de tonnerre meurtriers tombent au hasard sur la tête la plus inoffensive, sur un vieux gentilhomme endormi, sur un chevalier de Saint-Louis qui se promène, sur une famille qui prie à l'église. Mais dans cette noblesse écrasée par places et meurtrie partout, la foudre trouve un groupe prédestiné qui l'attire et sur lequel incessamment elle frappe : c'est le corps des officiers

A partir de ce moment, dans la flotte et dans l'armée, je ne compte plus les émeutes incessantes. Avec l'autorisation du ministre, le soldat va au club, où on lui répète que ses officie; s, étant des aristocrates, sont des traîtres clameurs, dénonciations, insultes, coups de fusil, ce sont là des procédés naturels,

et on les pratique Il est dur à un or.'icier noble d'être

diffamé publiquement et journellement, à raison de son grade et de son titre ; d'être qualifié de traître, au club et dans les gazettes; d'être désigné par son nom aux soupçons et aux fureurs popu-

laires; d'être hué dans la rue et au théâtre ; de subir la désobéissance de ses soldats ; d'être dénoncé, insulté, arrêté, rançonné, chassé, meurtri par eux et par la populace ; d'avoir en perspective une mort atroce, ignoble et sans vengeance Il faut

donc que les officiers et bs nobles [s'en aillent A tou5,

même aux vieillards, aux veuves, aux enfants, on fait un crime

de se dérober Sans distinguer ceux qui se sauvent pour ne

pas devenir une proie et ceux qui s'arment pour attaquer la frontière, la Constituante et la Législative condamnent tous les absents.

^(TAiNii, La Révolution, t. I, pages 420, 423, 429, j\i}i, 434;.

Le premier niou\einent des frères L ÉGLISE fut d aller rejoindre à Coblentz larmée des Princes. Mais ils y restèrent bien peu de temps, car nous les retrou- \ons en Espagne a\ant la fin de cette même année 1792. Quand la guerre fut déclarée avec cette puissance, ils partirent pour l'Angleterre et servirent, pendant quelques mois, dans larmée de Sa Majesté Britannique. Ensuite ils s'établirent dans 1 île de Jerse\ où ils prirent une ferme à lo\er pour s'occuper et pour vi\re. se faisant cultivateurs. La \ ie agricole ne leur convenait guère, ils préféraient tenir une épée que conduire une charrue. Laîné de ces Messieurs apprenant que le duc de Castries formait un régiment à Lisbonne, s'v rendit pour se faire incorporer. .Malgré les recommandations du vicomte de Gand, son ancien colonel, celles du ministre de Portugal, .\L de Pinto, et de M"'*" de Souza. il ne put y réussir. 11 s embarqua alors pour retourner en Angleterre et rentrer à Jersew Pendant la traversée, il fut pris par un corsaire français et conduit dans les prisons de Cherbourg où il resta trois mois. Les feuilles publiques du temps en lirent mention.

Ren\()yé en .\ngloterre. il alla rejoindre son Irère à

52 l'émigration

Jersey. Lorsque cette île fut menacée d'une invasion des troupes françaises, prévoyant la nécessité où ils pourraient se trouver de combattre dans les rangs anglais, ils résolurent de se soustraire à cette obligation. D'ailleurs, ils ne pouvaient plus supporter leur exil; ils étaient avides de revoir leur pays. Leur santé, ébranlée par les souffrances et les privations, réclamait des soins. Leur cœur, brisé par cette longue séparation, avait soif des tendresses de leur famille qui gémissait sur leur éloignement. Ils se décidèrent à faire une tentative audacieuse afin de rentrer en France et à employer les moyens les plus énergiques pour réussir dans cette entreprise.

A la faveur d'une nuit sombre, montant dans une barque de pêcheur, ils se firent jeter sur la côte normande et gagnèrent Cherbourg, en voyageant à pied, pendant la nuit, et se cachant le jour pour se soustraire aux recherches. Nous allons les voir bientôt en pourparlers avec les autorités de cette ville.

Cette inconstance perpétuelle dans leurs projets, cette multiplicité de décisions contradictoires, pendant neuf ans, prouvent suffisamment, je le crois, leur ferme volonté de ne pas servir contre la France, quoique Tamour du métier militaire les poussât à s'enrôler un peu partout.

A leur arrivée à Cherbourg, le 14 prairial an IX, ils se mirent immédiatement à la disposition des autorités et adressèrent au maire de cette ville la pétition suivante, qui fut transmise, le 24 du même mois (après un procès-verbal de comparution que je transcrirai plus loin), au Préfet de la Manche et au Ministre de la Police générale :

L'É.MIGKATION 53

L-is citoyens Etienne de L'EGLISE an Citoypn Maire de Chrrhonrg.

Citoyen Maire,

Forcés de chercher en terre ctranjçère un asile qui nous était refusé en France, nous nous sommes toujours abstenus de servir une coalition qui menaçait l'indépendance de notre pays.

Du moment que l'espoir d'y rentrer a lui à nos yeux, nous avons réclamé et notre réclamation est inscrite au A\inis ère delà Police sous le numéro 16189.

Toujours soumis aux lois de notre patrie, nous avons attendu paisiblement, dans notre exil, qu'elle nous réintégrât dans nos droits, et nous attendrions encore, si, par suite de notre obéissance à ces mêmes lois, nous ne nous étions vus dans la prochaine nécessité de porteras armes contre elle.

Nous habitions Jersey, nous avons été témoins des préparatifs de défense que l'on y fait dans la crainte d'une invasion. L'invasion effectuée, il nous eût fallu combattre dans les rangs de nos ennemis. Cette seule idée a pu nous faire enfreindre les lois qui nous condamnaient à attendre, dans le lieu de notre exil, la permission de rentrer en France.

Nous sommes d'une santé chancelante qui exige des secours que votre pays ne peut pas nous procurer. Nous sommes ici sans ressources. Un père âgé de quatre-vingt-dix ans pleure chaque jour sur notre éloignement.

Veuillez, Citoyen Maire, nous autoriser à retourner auprès de lui, à rester en surveillance à Saint-Barthéletny, département de Lot-et-Garonne, notre pays natal, sous telle caution qu'il vous plaira d'exiger.

Nous attendons votre décision, avec d'autant plus de confiance, que vous avez déjà pu vous convaincre, par vous même, pendant le temps que l'un de nous est resté à Cherbourg, que nous sommes incapables de troubler l'ordre public.

Vous trouverez ci-joints les certiticats qui constatent nos intirmités et le besoin que nous avons de prendre les eaux de Bagnères ou de Barèges.

Salut et respect, LniiNNE DE L'ÉGLISE l'amé.

ETIENNE DE L'ÉGLISE jeunc.

Cette pétition n'était point maladroite. Ainsi que le procès-verbal de comparution qui va suivre, elle ne disait pas absolument toute la ^•érité. Mais peuton les blâmer d'en avoir dissimulé une partie pour les besoins de leur cause qui était intéressante et juste.

Le i5 prairial, ils comparurent devant le maire qui rédigea le procès-verbal et l'arrêté ci-après :

Aujourd'hui, 15 prairial an IX de la République, à dix heures du matin, à l'Hôtel de Ville de Cl.erbourg,

Devant moi, Pierre, Joseph de La Ville, Maire de Cherbourg, ont comparu les nommés : Etienne LÉGLISE aîné et Etienne LÉGLISE son frère puîné, émigrés, lesquels ont individuellement passé la déclaration suivante, en conséquence des questions qui leur ont été faites.

r Etienne LÉGLISE l'ainé :

Je me nomme Etienne LÉGLISE ; je suis âgé de cinquantedeux ans ; je suis natif de la commune de Saint-Barthélémy, département de Lot-et-Garonne ; j'étais capitaine de grenadiers au régiment de Champagne; j'ai quitté le régiment à cause d'une insurrection dont j'ai failli être victime; je m'étais retiré chez moi avec mon frère, capitaine au même régiment ; j'y étais resté tranquille jusqu'à l'époque où ce régiment fut envoyé dans mon département et tout près de mes foyers. Nous fûmes alors dénoncés dans les clubs et le danger que nous courions nous força à passer en terre étrangère. Nous nous rendîmes en Espagne vers la iin de 1792, et^ à l'époque de la déclaration de guerre avec cette puissance, nous quittâmes le territoire espagnol pour passer en Angleterre ; nous nous tixâmes à Jersey ; nous y prîmes une ferme à loyer et j'y suis constamment resté avec mon frère, jusqu'au mois de germinal, an VIII, où, forcé de me rendre à Southampton, pour affaires, j'ai été pris par un corsaire français, nommé le Vendangeur, lorsque je revenais de Southampton à Jersey, sur le paquebot le Fmme, le 19 floréal de la même année.

L'ÉMIGRATIOS 55

Ce corsaire m'a conduit à Cherbourg d'où, vouî le savez, j'ai été "réexporté en Angleterre, pnr ordre du Ministre de la Police générale.

J'avais réclamé, dès le mois de floréal, an VII, pour obtenir ma radiation de la liste des émigrés et ma réclamation est inscrite, ainsi que celle d2 mon frère que nous avons faite en commun, sous le numéro 16189, au bureau du Ministère de la Police.

Nous sommes partis de Jersey, il y a environ un mois, sur une barque de pêcheur de cette île qui nous a déposés la nuit, sur une côte inconnue, que j'estime être à huit ou dix lieues d'ici et en face de Jersey. De là, marchant constamment la nuit, pour nous soustraire aux recherches, nous nous sommes acheminés vers Cherbourg, où nous sommes arrivés hier au soir.

Nous aurions attendu en Angleterre la nouvelle de notre élimination, si le bniit d'une prochaine descente des français, dans l'île de Jersey, ne nous avait placés dans la nécessité de porter les armes contre notre patrie, dans le cas où la descente serait venue à s'effectuer. A mon départ on faisait déjà des préparatifs de défense. J'estime que la garnison était forte d'environ cinq mille hommes et j : sais qu'on y attendait encore des renforts.

Je demande à rester en surveillance sous caution, jusqu'à la décision des autorités compétentes.

Lecture donnée à Etienne LÉGLISE l'aîné de la déclaration ci-dessus, il a déclaré qu'elle contient vérité, qu'il y persiste et n'y veut rien changer.

Sifrni's : Etienne LÉGLISE aine et DE La Ville, Maire.

2" Etienne LÉGLISE puîné,

Je me nomme Etienne LÉGLISE fuiné, je suis âge de quarante et un ans; je suis natif de Saint-Barthélémy; j'étiis capitaine etc

Et sa déclaration ayant été parfaitement conforme à celle d'ÉTiENNE LÉGLISE son frère aine, à l'exception seulement que le dit ETIENNE LÉGLISE puîné n'a point quitté Jersey, jusqu'au moment où il s'est embarqué sur la barque de pêcheur qui

î6 l'émigration

l'a conduit en France, on a cru inutile de la transcrire ici ; il a été

seulement requis d'en signer la conformité, ce qu'il a fait apiès

lecture.

Signés : Etienne LÉGLISE puiné

et DE La Ville, Maire.

Suivent les signalemenis.

Le Maire de la ville de Cherbourg,

Vu rinterrogatoire prêté par Etienne LÉGLISE l'ainé et Etienne LÉGLISE puîné, frères, émigrés, venant d'Angleterre, arrivés à Cherbourg le jour d'hier.

Considérant qu'il en résulte que le motif pour lequel ils n'ont pas attendu en Angleterre la décision du Gouvernement, sur les réclamations qu'ils lui ont adressées, pour se faire éliminer de la liste des émigrés, est la nécessité dans laquelle ils craignaient de se trouver de porter les armes contre leur patrie.

Que l'un d'eux, Etienne LÉGLISE l'aîné, venu à Cherbourg en floréal an VIII, après avoir été pris sur le paquebot le Faune, s'est conduit, pendant le temps de sa détention, avec toute la délicatesse possible.

Vu enfin l'acte de cautionnement souscrit à l'instant par Marie Gallien et la veuve Dozonville, par lequel elles se sont engagées, solidairement, à représenter à toute réquisition les deux frères LÉGLISE, ou à payer 6,ooo francs.

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