VI PRÉFACE
fils aîné, à la suite du corps royal de l'artillerie, où il est des premiers aspirants à La Fère. En sorte que les dix autres sont auprès de moi à la campagne, sans pouvoir les en sortir pour leur faire donner un peu d'éducation, dont la plupart seraient bien susceptibles.
Voici, Monseigneur, sur quoi je me fonde pour obtenir la grâce que je vous demande : sur ma noblesse, sur mes services, ceux de mon père, ceux de ses frères et, s'il était nécessaire de remonter plus haut, je puis prouver également que nous servions nos Rois, de père en fils, depuis plus de deux cents ans, sans compter la bonne volonté que j'ai d'engager, autant qu'il me sera possible, tous mes autres fils à embrasser le même métier que nous avons tous fait. Mais, à mesure que ma famille augmente, et qu'elle grandit, je me trouve moins en état d'envoyer, comme mon aîné, mes fils dans des pensions et mes filles dans des couvents.
Qu'il vous plaise donc, en grâce. Monseigneur, faire accorder à un de mes fils une place à l'Ecole militaire, et une autre place à Saint-Cyr pour une de mes lïlles.
J'ai Thonneur, etc
Cette supplique resta s ns eftet. Le 25 octobre 1770 le même L'ÉGLISE adresse un placer au Ministre d'Etat contrôleur général des Finances, Abbé de Terray :
Monseigneur
Daignez observer que présentement j'ai treize enfants
tous vivants et bien portants, dont aucun n'est entré en Religion, et pour lesquels mes sollicitudes et mes dépenses augmentent, nécessairement, à mesure qu'ils avancent en âge. Je n'ai reçu aucune modération ni décharge sur mes impositions, pas même de ma capitation noble qu'on me presse de payer, avec menace de frais. J'en ai instruit notre nouvel Intendant — Point de réponse — A qui donc puis-je m'adresser. Monseigneur, pour ressentir quelques bienfaits du Roi qui veut bien venir au secours des familles nombreuses, particulièrement de la pauvre Noblesse.
Il en est peu je crois qui en aient plus besoin que la mienne, n'ayant qu'un fonds rural et casuel qui, à force de travail, peut à peine produire, dans les bonnes années^ trois mille livres de revenu. Sur quoi, il me faut soutenir mon fils aîné, sous-lieutenant