Jean-Philippe Tardy de La Brosse
3. Les 10, 11,14, 1639, 24 et 26 août 1786. P. 170 et suivantes.
EXPERIENCES D ARTILLERIE
n'ayant pas encore servi, de 10, à grande et à petite portée, de 12 et de 8 pouces; les bombes furent choisies de diamètre moyen et réduites au même poids au moyen de terre que l'on y introduisit : elles furent placées concentriquement dans le mortier et assujetties au moyen de quatre éclisses ; les charges de poudre * avaient été soigneusement pesées et renfermées dans des gargousses de papier moulées sur un mandrin, de manière à avoir exactement la forme de la chambre du mortier 2.
Sur ces expériences se greffèrent des observations relatives aux fusées dont on fit usage à deux séances : on remarqua que la durée de ces fusées, de 35 secondes au repos, était diminuée d'un tiers par le mouvement de la bombe, lequel, d'ailleurs, ne les empêcha pas de prendre feu et de brûler.
Une troisième série d'expériences fut faite en septembre 1785 sur les portées des poudres en grains et en pulvérin. L'on avait déjà remarqué que la rapidité de l'inflammation de la poudre dépendait beaucoup de la forme de ses grains. Le comte de Rostaing avait fait faire à Auxonne, en 1777, des épreuves comparatives de la meilleure poudre « grenée » de Suisse et de la poudre de France : la première porta le globe à 122 toises, la seconde à 101 ; réduites en pulvérin, la poudre de Suisse ne porta plus qu'à 95 toises et celle
1. Poudre de 104 toises, c'est-à-dire portant à cette distance, au moyen du mortier d'épreuve, le globe de 60 livres avec 3 onces de charge.
2. Tables du tir des canons et des obusiers, page 170 et suivantes.
de France conserva sa portée. La supériorité de la poudre de Berne, dans la première expérience, avait donc été attribuée à la sphéricité et à l'égalité de ses grains puisqu'elle était inférieure à la poudre française, très-irrégulière de forme, par la qualité des matières * .
Les épreuves de 1785 faites avec l'éprouvette portèrent sur des charges de trois onces de poudre brute, tamisée ou pulvérisée, refoulées ou non refoulées; les meilleurs résultats furent obtenus par les charges de poudre brute, c'est-à -dire en grains, refoulées au moyen d'un maillet et d'un chassoir, et par les charges de poudre tamisée, ce qui concorde bien avec les observations faites en 1777. Le feu fut commandé à ces épreuves par M. de Josserand, capitaine, en présence de MM. de Madaillan, chef de brigade; Danger, Jumécourt et Tardy, capitaines '\
La dernière série d'expériences sur laquelle on possède de nombreux détails et deux rapports originaux de Bonaparte est relative au jet des bombes avec le canon; cette idée n'était point nouvelle et l'attention du baron du Teil avait sans doute été attirée sur elle par ses souvenirs personnels sur la prise de Marbourg en 1760 : on sait que le comte de
1. Nouveaux principes d'artillerie de M. Benjamin Robins, commentés par M. Léonard Euler, traduits par Lombard, Dijon, Frantin, 1783, 1 vol. in-8, pp. 272 et 273 et note 18.
2. Procès-verbal original donnant la composition de la commission et signé par ses membres ainsi que par MM. de Cirfontaine, colonel ; de La Tour, lieutenant-colonel ; Molard d'Aley et de Gapriol, chefs de brigades, et Lombard, professeur. Papiers de famille.
EXPÉRIENCES D 'ARTILLERIE
Chabo ne put rien entreprendre de définitif contre cette place avant l'arrivée des mortiers qu'on avait demandés et qui se firent attendre deux jours; déjà, dans les écoles, on s'était préoccupé de cette question, M. le Duc ' avait même fait faire à Strasbourg des expériences qui furent postérieurement répétées à La Fère, mais qu'on ne connaissait que par ouï-dire, en l'absence de tout procès-verbal relatif aux résultats obtenus. Les épreuves d'Auxonne furent reprises pendant trois campagnes, en 1784, 1786 et 1788, avec des variantes importantes destinées à en augmenter l'intérêt.
Les premières eurent lieu en septembre 1784^, avec une pièce entière de 24, le Sage^ longue de 6 pieds 9 pouces, et en se servant de poudre portant le globe à 112 toises : la principale préoccupation fut de placer le canon dans une situation ferme et inébranlable. Après plusieurs tentatives, on trouva qu'il suffisait « d'enfoncer la culasse dans une cavité creusée en terre environ 30 pouces en quarré et d'une profondeur telle que la lumière fût un peu au-dessus de la surface du terrein; le bouton appuyé contre une forte pièce de bois ou heurtoir, et la volée soutenue par un ou plusieurs chantiers, selon la longueur du canon, arrêtés par quatre piquets, deux en avant et deux en arrière. Ces chantiers et heurtoir étant placés perpendiculairement à la ligne de tir, la pièce conserve sa