‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 133 sur 284 · Registre aux délibérations, 1785-91, p. 156 v · texte numérisé non relu

Registre aux délibérations, 1785-91, p. 156 v

J. ou Teil. — Une famille milùairê, 18

avec le plus grand secret et toutes les précautions que sa sagesse pourra lui suggérer le S*" Pinot, secrétaire de M. du Teil, maréchal de camp, commandant à Aussonne, et de le remettre avec les mômes précautions aux porteurs de la présente réquisition. Paris, le 2 septembre 1790. »

Charles Cochon,

Secrétaire.

Félix DE Pardieu,

Président.

Charles Voidel, Vice-Président.

Dans la réorganisation du corps en date du l'^' avril 1791, du Te il fut compris comme inspecteur général; le 10 juin, il était à Paris, mandé sans doute pour y recevoir des instructions ; dans l'intervalle, il avait dû certainement passer par Auxonne.

Pendant ce temps Bonaparte prolongeait son séjour en Corse : son semestre devait expirer en avril 1790 ; mais, suivant la marche qui lui avait déjà réussi en 1787, il s'adressa, le 16 avril, à son colonel pour le prier de demander pour lui un congé de quatre mois et demi, afin de lui permettre de faire une seconde saison aux eaux d'Orezza * ; le chevalier de La Lance eut la bonté de transmettre cette requête en l'appuyant et, le 29 mai, un congé de quatre mois et demi avec appointements, à dater du 15 juin, était accordé au lieutenant en second ; après avoir songé un instant à quitter l'île, au commencement de la seconde quin-

i. Masson, II, 104.

MOUVEMENTS RÉVOLUTIONNAIRES

zaine de novembre, pour rejoindre son régiment à l'expiration de ce délai. Napoléon ajourna son retour, grisé sans doute par les succès qu'il remportait dans son pays K Ce ne fut donc que vers la fin de la première quinzaine de février qu'il arriva à Auxonne, accompagné de son frère Louis : les attestations qu'il produisit, la physionomie intéressante de cet enfant dont il allait entreprendre l'éducation servirent Bonaparte auprès de son colonel qui, ayant égard aux charges qui allaient peser lourdement sur son jeune subordonné, eut même la bonté de solliciter pour lui, le 10 mars, le rappel de ses appointements pour trois mois et demi, en antidatant de quelques jours son retour au régiment : c'était une somme de deux cent trente-trois livres dont le ministre consentit à gratifier le futur empereur 2. Aussi, quand Bonaparte apprit que la réorganisation du corps de l'artillerie le ferait changer de corps, écrivit-il, le 3 juin, à M. Le Sancquer, premier commis aux bureaux de la guerre, pour lui demander son maintien dans le régiment de La Fère. Cette supplique arriva trop tard, sa nomination de lieutenant en premier au 4« régiment (Grenoble) était signée, mais il dut se consoler en quittant Auxonne 3, car il se rendait en garnison à Valence dont

1. Comme le prouvent deux certificats de civisme délivrés le 16 novembre 1790 par les administrateurs composant le directoire du district d'Ajaccio et par les maire et officiers municipaux de cette ville. Masson, II, pp. 123, 124.

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