‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 139 sur 284 · Bibliothèque de Grenoble, manuscrits, N · texte numérisé non relu

Bibliothèque de Grenoble, manuscrits, N

2. Du Teil avait rédigé pour ces fêtes un règlement de police qui fut rigoureusement appliqué et avait demandé au marquis de Bouille un service extraordinaire pour assurer la tranquillité et maintenir Tordre ; Fédération de la ville de Metz, p. 3.

« Paris, 11 mai 17%.

« Mon premier soin, Monsieur, lorsque j'ay reçu les détails donnés par le M. le marquis de Bouille de la fédération des gardes nationales qui ont eu lieu à Metz le 4 de ce moy, a été d'en rendre compte à Sa Majesté; si elle a remarqué avec plaisir que tout s'étoit passé dans le plus grand ordre, tant de la part des troupes de la garnison que des milices citoyennes, elle n'a pas vu avec moins de satisfaction toute la justice que vous rend M. le marquis de Bouille et que c'est à vos soins, votre intelligence, votre zèle et votre fermeté que l'on est redevable de l'ordre et de la tranquillité admirable qui ont régné parmi les gardes nationales de la ville et celles de la province. Le Roy m'a ordonné. Monsieur, de vous marquer de sa part le contentement particulier qu'il a de votre conduite et c'est avec autant de plaisir que d'empressement que j'exécute les ordres de Sa Majesté.

« La Tour du Pin * . »

Malheureusement les succès du lieutenant-colonel du Teil avaient grisé les bas officiers et soldats du régiment d'Auxonne ; peut-être aussi l'exemple de ces milices citoyennes dont les chefs étaient électifs faussa-t-il les traditions militaires de ces hommes : quoi qu'il en soit, le 26 juin, inquiets des nouvelles qui couraient sur la réorganisation du corps de l'ar-

i. Archives administratives, Guerre. — Jean-Frédéric de la Tour du Pin, comte de Paulin, 1727 f 1794, lieutenant général ; ministre de la guerre, du 4 août 1789 au 13 novembre 1790.

tillerie, ils adressèrent une double pétition au roi et TAssemblée nationale pour leur demander, « puisque, selon le bruit de la nouvelle promotion, M. Germay * leur colonel actuel (qu'ils regretteront toutefois) doit les quitter », de nommer à sa place M. du Teil, dans le régiment « qu'il a si sagement conduit pendant l'hyver », ajoutant qu41s attribuaient aux soins de cet officier « la tranquilité dont ils ont joui depuis ces malheureuses dissensions ^ ». Ce qui est plus singulier encore que cette démarche, c'est Taccueil qu'elle reçut, le 20 juillet, au ministère de la guerre où l'on décida de tenir compte, dans la mesure du possible, des vœux exprimés par Auxonne- Artillerie.

Bien que la conduite du chevalier du Teil, pendant les sept premiers mois de cette année, ait été vivement critiquée, il est incontestable qu'il réussit à tenir en main à la fois le régiment qu'il commandait, en l'absence du colonel **, et la garde nationale qui l'avait choisi pour chef : toutes les autres troupes de la garnison de Metz se mutinèrent, seuls ces deux corps restèrent dans le devoir et contribuèrent au rétablissement de l'ordre.

Le régiment de Salm-Salm fut le premier à faire, les armes à la main, des réclamations au sujet de sa solde ; sur ces entrefaites le baron de Poutet, univer-

i. Le chevalier de Cirfonlaine.

2. L'adresse au roi est dans le dossier du général du Teil, aux archives administratives de la guerre ; l'adresse à l'Assemblée a été retrouvée et est conservée dans les papiers de la famille.

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