Les autres restèrent dans les hôpitaux de Nancy
2. Elles étaient aux armes de Stainville ; deux autres furent remises au régiment de Vigier.
3. Histoire de l'affaire de Nancy 1790, X. Maire ; Nancy, 1861, l vol, in-8, pp. 170 et 171.
4. Récit des principaux faits arrivés à Nancy le 31 août et auxquels la garde nationale a pris part (Bibl. nat., L B 39, 9299).
LA GARDE NATIONALE DE METZ
« Messieurs,
« L'ancienneté de mes services, me portant incessamment au commandement d'un régiment ou d'une direction , me prive de l'honneur d'être plus longtemps colonel-général de la garde nationale *.
« Dignes représentans de mes braves camarades, témoignez-leur mes regrets de les quitter et ma vive reconnaissance de toute la confiance qu'ils m'ont accordée; heureux, MM. et chers frères d'armes, si mes services vous ont été utiles et agréables ! et surtout s'ils ont contribué à vous procurer, dans ces momens d'agitation, quelque tranquillité.
« Si la garde nationale, par sa conduite modérée et soutenue, par sa fidélité à ses sermens, par les preuves qu'elle a données de sa valeur, a fixé sur elle les yeux de la nation et du Roi, si sa réputation s'est portée au-delà des limites de ce vaste empire, elle sera sûre d'un succès aussi constant que glorieux, tant qu'elle persistera dans ses sages principes et qu'elle mettra sa confiance dans notre respectable et courageuse municipalité, qu'elle convaincra de son dévouement respectueux les corps administratifs et tous ceux enfin que les loix ont revêtus de l'autorité.
« Qu'il soit permis au doux penchant qui m'anime pour le bonheur d'une cité que je chéris d'inviter mes frères d'armes à repousser les calomnies des malveil-
i. Imprimée à Metz, chez Lamort, imprimeur de la garde nationale, sous ce titre : Discours prononcé par M. Duteil, lieutenant-colonel au régiment d'Auxonne, artillerie, et colonel général de la garde nationale de Metz, à la séance du conseil général d'administration de ladite garde, le 15 décembre 1790.
lans qui ne se plaisent que dans le désordre et les calamités publiques! Honorez donc, chers amis, des citoyens que vous avez choisis en votre âme et conscience, qui s'occupent sans cesse de vos intérêts, de ceux d'une ville dont les revenus, depuis si longtemps, étaient mal administrés ; faites enfin respecter des hommes aussi zélés que désintéressés, et aussi dévoués au bien public qu'à la cause des malheureux.
« Peut-il être une administration plus éclairée, plus régulière, plus surveillante et plus satisfaisante pour le peuple? Ses séances sont publiques, on y accueille tous les mémoires, toutes les représentations, et on y fait droit, lorsqu'elles renferment des vues judicieuses et utiles.
« Je reviens à vous, MM.; lorsque le conseil d'administration fut orageux et ses délibérations hardies, il parut dangereux et l'on se prévint contre lui ; mais depuis que le calme règne dans ses séances, que la modération est devenue la base de ses arrêtés, il s'est justement acquis les suffrages universels. Puissent les sentimens qui l'animent aujourd'hui ne l'abandonner jamais ! Alors ce conseil sera un vrai tribunal de paix, ses membres seront les organes et les dignes interprètes des sentimens d'un corps respectable et, pour tout dire enfin, l'âme de la garde nationale.
« Vous allez, MM. et très-chers frères d'armes, réélir des officiers de tous grades ; n'oubliez pas que le serpent de l'envie, l'intrigue et la cabale peuvent vous environner. Votre premier choix a fait honneur à votre discernement ; puisse celui que vous allez faire l'honorer encore !
LNE FAMILLE MILITAIRE
« Chers concitoyens, pères de famille, et vous fidèles ouvriers, artistes et citoyens inactifs, qui vous êtes si généreusement armés pour défendre notre liberté, et maintenir la tranquillité de cette ville intéressante, persistez dans votre courageuse et rare conduite; souvenez-vous que, dans cette heureuse révolution, on ne pouvoit renverser le colosse des abus qu'en entraînant tous ceux qui y participoient. Mais, chers camarades, donnons un grand exemple de notre civisme ; plaignons les malheureux qui perdent leur étal; fussent-ils même ennemis de la révolution, faisons-les jouir de la tranquillité que les forcenés de leur secte tentent journellement de nous ravir ; apprenons à Tunivers entier que les bons français sont dignes, par leurs vertus, leur constance et leur courage « d'une constitution qui fera Tenvie de tous les peuples de la terre ; instruisons-les de notre respect, de notre reconnoissance pour Tauguste assemblée nationale et de notre amour pour le plus grand et le meilleur des rois. »
M. Fischer de Dicourt *, lieutenant-colonel en pied, lui répondit en quelques mots :
« Monsieur,
« Vos vertus civiques et militaires nous sont connues depuis long temps, vous en avez donné des
I. Pierre- Alexandre- Aurélien Fischer de Dicourt, né en 1755, lieutenant-colonel d'un régiment provincial, premier président du bureau des finances de Metz 1780-1787 ; il avait remplacé le chevalier de Fabert.
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preuves éclatantes ; et, si quelque chose peut adoucir, pour la garde nationale dont je vous exprime les sentiments, l'amertume de votre perte, c'est la nouvelle récompense militaire, accordée à vos vertus et à vos talens. »
Le lendemain, le corps municipal de Metz se réunissait pour prendre en considération « les services rendus par M. du Teil dans ces tems de crise et de malheur, le zèle infatigable avec lequel il a secondé conjointement avec la garde nationale les efforts de la municipalité pour maintenir dans la cité la paix et la tranquillité ». Cette délibération est un précieux hommage, car l'hôtel de ville de Metz professait encore des idées modérées.
Le i*-' avril 1791, Jean du Teil fut compris, dans le mouvement déterminé par la réorganisation de lartillerie, comme colonel, directeur à Mézières ; son premier soin fut de passer en revue les places de sa direction et, dès le 15 août, il envoyait à Vauchelle*, adjoint au ministre, un état des effets d'approvisionnement qui manquaient, tant à Givet qu'à Charlemont ; il avait donné sa démission le il août, mais continua sans doute son service jusqu'à la liquidation de la pension de retraite qui lui fut accordée le 9 octobre suivant. Les motifs qui engagèrent le chevalier du Teil à rentrer dans la vie privée sont difficilement saisissables et n'étaient certainement pas d'ordre politique ; il n'y a pas lieu de penser non plus qu'il quitta Tarmée parce que son désir de com-