Ancien commissaire général des poudres et salpêtres
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LNE FAMILLE MILITAIRE
« Chers concitoyens, pères de famille, et vous fidèles ouvriers, artistes et citoyens inactifs, qui vous êtes si généreusement armés pour défendre notre liberté, et maintenir la tranquillité de cette ville intéressante, persistez dans votre courageuse et rare conduite; souvenez-vous que, dans cette heureuse révolution, on ne pouvoit renverser le colosse des abus qu'en entraînant tous ceux qui y participoient. Mais, chers camarades, donnons un grand exemple de notre civisme ; plaignons les malheureux qui perdent leur état ; fussent-ils même ennemis de la révolution, faisons-les jouir de la tranquillité que les forcenés de leur secte tentent journellement de nous ravir ; apprenons à lunivers entier que les bons français sont dignes, par leurs vertus, leur constance et leur courage, d'une constitution qui fera Tenvie de tous les peuples de la terre ; instruisons-les de notre respect, de notre reconnoissance pour Tauguste assemblée nationale et de notre amour pour le plus grand et le meilleur des rois. »
M. Fischer de Dicourt K lieutenant-colonel en pied, lui répondit en quelques mots :
« Monsieur,
« Vos vertus civiques et militaires nous sont connues depuis long temps, vous en avez donné des
1. Pierre- Alexandre-Aurélien Fischer de Dicourt, né en 1755, lieutenant-colonel d'un régiment provincial, premier président du bureau des ûnances de Metz 1780-1787 ; il avait remplacé le chevalier de Fabert.
LA GARDE NATIONALE DE METZ
preuves éclatantes ; et, si quelque chose peut adoucir, pour la garde nationale dont je vous exprime les sentiments, l'amertume de votre perte, c'est la nouvelle récompense militaire, accordée à vos vertus et à vos talens. »
Le lendemain, le corps municipal de Metz se réunissait pour prendre en considération (( les services rendus par M. du Teil dans ces tems de crise et de malheur, le zèle infatigable avec lequel il a secondé conjointement avec la garde nationale les efforts de la municipalité pour maintenir dans la cité la paix et la tranquillité ». Cette délibération est un précieux hommage, car l'hôtel de ville de Metz professait encore des idées modérées.
Le 1" avril 1791, Jean du Teil fut compris, dans le mouvement déterminé par la réorganisation de l'artillerie, comme colonel, directeur à Mézières ; son premier soin fut de passer en revue les places de sa direction et, dès le 15 août, il envoyait à Vauchelle*, adjoint au ministre, un état des effets d'approvisionnement qui manquaient, tant à Givet qu'à Gharlemont ; il avait donné sa démission le 11 août, mais continua sans doute son service jusqu'à la liquidation de la pension de retraite qui lui fut accordée le 9 octobre suivant. Les motifs qui engagèrent le chevalier du Teil à rentrer dans la vie privée sont difficilement saisissables et n'étaient certainement pas d'ordre politique; il n'y a pas lieu de penser non plus qu'il quitta l'armée parce que son désir de com-