Lettre précitée
3. Dans son rapport au ministre en date du 24 brumaire, 14 novembre, Bonaparte dira presque dans les mêmes termes :
l'expédition de Toulon... devient une affaire de longueur qui ne réussira plus que par le temps et par le nombre ». Telles sont les conditions dans lesquelles les Anglais construisirent dans le promontoire du Caire la fameuse redoute qu'ils apj)elleront Fort MuUjrave et que les Français nommeront Petit- Gibraltar.
Parlant de l'insuccès de cette opération, Bonaparte écrira au ministre le 2i brumaire, ii novembre, avec une simplicité qui fait son éloge plus encore que la lettre de Saliceti : « Les ennemis risquèrent le tout pour le tout et débarquèrent à l'Eguillette ; ils eussent dû être écrasés dans leur descente; la fatalité ou notre ineptie voulut qu'elle leur réussît * »... A partir de cette date du 22 septembre, quel sera le but du commandant provisoire de l'artillerie sous Toulon? Luimême l'expliquera en quelques mots : « Je n'épargnai rien pour pousser de front les préparatifs pour l'attaque de l'Eguillette et la formation du grand équipage ».
II semble qu'il y ait eu alors quelque divergence dans les vues de Bonaparte, d'une part, de Gasparin et de Saliceti, d'autre part, au sujet de la conduite des travaux. Le premier songe à s'emparer avant tout du promontoire du Caire, comme préliminaire, puis, dans le cas où le succès de cette opération ne donnerait pas la ville, ainsi qu'il l'espérait, à tourner ses batteries contre Toulon même. Les représentants
« Je compris que TafTaire de Toulon était manquée et qu'il fallait se résoudre à un siège ».