‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 29 sur 284 · LE 3« BATAILLON DE ROYAL-ARTILLERIE · texte numérisé non relu

LE 3« BATAILLON DE ROYAL-ARTILLERIE

Torigny, 1720; Villas, 1728; La Borie, 1731.

François du Teil, deuxième du nom, naquit à Forcalquier, en 1686, de François du Teil, ancien lieutenant au régiment de Picardie, infanterie, et d'Anne-Marie de Tirany : il paraît ne s'être décidé à embrasser la carrière des armes qu'assez tard, sans doute en entendant faire Téloge d'Ange du Teil, son oncle à la mode de Bretagne, dont la nomination au grade de capitaine aide-major, à l'âge de trente-trois ans, avait été accueillie avec joie dans la famille. Quoiqu'il en soit, il était sous-lieutenant au régiment Roy al- Artillerie en 4708, apparemment dans le bataillon de son oncle, puisque, pour se distinguer de lui, il prit le nom de Beaumont, d'une terre que possédait son père et qui provenait de la famille de son aïeule, Ilortense de Sébastianne.

Son premier désir en arrivant au régiment fut de chercher à rattraper le temps perdu et, dans ce but,

*^4 fi-

il demanda, en 1709, son passage dans une compagnie d'ouvriers * : il y en avait alors une par bataillon. C'est tout ce que l'on sait sur ses premières années de service dans Royal-Artillerie où il fut bientôt rejoint par son frère puîné, Jean-Pierre, qui, né en 1687, était aussi en âge de porter les armes : il est vraisemblable qu'ils furent de quelques-unes des expéditions qui signalèrent la fin du règne de Louis XIV, bien qu'on n'en ait pas trouvé la trace aux Archives de la guerre.

François du Teil fit, en 1719, la campagne d'Espagne, sous le maréchal de Berwick ; l'artillerie, dont la garde fut confiée à un bataillon de Royal- Artillerie et à un autre de bombardiers, était dirigée par Vallière qui avait été promu maréchal de camp le l^*" février-. Du Teil de Beaumont était présent au siège de Fontarabie ; le canon qu'on avait fait venir de Bayonne n'étant pas suffisant pour cette opération, l'on dut attendre les pièces de gros calibre expédiées de Bordeaux ; la tranchée fut ouverte le 27 mai, trèsprès de la place, puisque notre parallèle ^ n'était distante du chemin couvert que de 150 toises : l'attaque fut dirigée contre le polygone que présentaient les bastions des Innocents et de la Reine; l'on travailla aussitôt aux batteries, mais elles ne commen-

i . Les nobles « les plus qualifies n'eurent plus aucune répugnance à devenir capitaines de foirerons, de charpentiers, etc., ce qui auroitparu singulier dans un autre temps, faute de faire attention que tout ce qui est du métier de la guerre fait honneur »... de Guigard, École de Mars.

Page 1