‹ Une famille militaire au XVIIIe siècle [microform]; documents inédits sur le Régiment royal-artillerie, la bataille d'Hastenbeck, les campagnes des Indes, l'École d'artillerie d'Auxonne et le siège de ToulonChapitre 66 sur 284 · Lawrence, p · texte numérisé non relu

Lawrence, p

2. L'artillerie que nous avions emmenée se composait, suivant Lawrence, p. 330, de 14 pièces de campag^ne et de 3 pièces de batterie, indépendamment de 14 autres laissées à Trivellur (Tiru-Walur) pour assurer notre communication avec Karikal.

3. On avait fait venir le gros canon de Trivellur pendant les négociations.

percée jusqu'au cinquième saucisson : sur les huit heures, Fontenay eut la cuisse emportée dont il est mort, trois servants et deux canonniers furent tués

raide.

« Je fus relever Gibert, le lieutenant de mineurs ; j'avois fait apporter tout ce qui m'étoit nécessaire pour ma batterie, je retravaillai à y jeter des terres..., j'eus le déplaisir de voir emporté le bras de mon sergent : je fis la brèche, c'est-à-dire je la perfectionnai; l'on me battoit en brèche d'un autre côté, je n'osai jamais tirer un coup de canon sur la batterie qui me battoit : on nous avoit fait dire que celui qui ne suivroit pas les ordres, on en feroit un exemple en lui faisant couper la tète. La Combe me releva : il m'apprit qu'un de ces messieurs ^ qui nous commandoit avoit été arrêté par douze hommes et un officier pour le garder ; ce procédé nous surprit tous d'autant que c'est le meilleur officier ingénieur que l'on puisse trouver : tous les généraux le vinrent voir... — Enfin, la brèche praticable ^ nous n'avions plus de poudre, plus de boulets. Sur les six heures le lendemain, deux mille Mahrattes ^ tombèrent dans le camp, allèrent aux canonniers qui étoient aux pièces, en emmenèrent deux ^ et prirent deux éléphants à côté de la tente du général : nouvelle scène pour nous ; il nous

i. « Il s'appelle de Lille. »

2. On avait fait à la ville une brèche considérable lorsque, le 9 août, se fit cette sortie. Lawrence, 333.

3. Tous ces détails, absolument exacts, sont aussi rapportés par le colonel Lawrence.

4. w On nous faisoit mettre des pièces de campagne à une grande demy-lieue soutenues de rien. »

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mit tous aux arrêts, chacun à une pièce de campagne, pour nous apprendre, dit-il, à ne jamais abandonner

nos pièces Enfin il y avoit trois jours que je ne

mangeois qu'un peu de biscuit trempé dans de laraque qui est une espèce de boisson ; le soldat ne mangeoit que le cœur des cocotiers, il n'avoit ni riz, ni pain, ni viande, tous ces malheureux murmuroient de faim K L'on tint conseil de guerre, voyant que les vivres manquoient, on donna ordre de lever le siège : nous abandonnâmes cinq pièces de 2i, quatre de 12, . quatre triqueballes , dix caissons avec des boulets; pour de la poudre nous n'en avions pas : nous partîmes... Les soldats désertoient par bandes : l'on compte tués, blessés ou désertés 500 hommes. Nous sommes venus... jusqu'à Pondichéry. J'ai perdu dans cette belle retraite tout ce que j'avois, nous n'avons pas un sol, l'on ne nous paie point : la bouteille de

vin vaut 18 livres- Tout est dans le désordre, les

soldats sont pieds nus et point habillés, on dit pour

raison qu'il fait trop chaud, qu'ils étoufferoient

« Fais je te prie mille compliments à ma bellesœur, à nos amis... Ton arsenal sera brillant si je puis te revoir : j'ay un sabre garni en diamant qui m'a été donné, il est estimé cinquante louis, la lame est cour-

\. Le dégât que Lally avait fait faire aux environs du fort Saint-David « nous aliéna le cœur des habitants au point qu'ils interceptèrent nos convois et nous réduisirent presque à mourir de faim devant Tanjaour ». Lawrence, 317.

2. « L'officier ne peut vivre avec la paye (jui a été réglée en France ; il est réduit h boire de leau avec de la limonade. » Correspondance, Archives de la guerre.

bée et coupante en dedans, ce doit être la coupe de nos sabres de grenadiers. »

Quelques mois plus tard, Lally, ne voulant pas se rendre aux objections du marquis de Bussy qui s'élevait contre ses projets, se mettait en marche pour faire le siège de Madras, avec trois mille cinq cents hommes ; son parc de siège ne comprenait que vingt-deux canons et douze mortiers : vainement M. d'Urre, commandant de l'artillerie, avait-il demandé qu'on prît trente-six pièces et dix-huit mortiers. Nous nous emparâmes d'Arcot et de Tirupassur * puis, revenant sur nos pas, nous attendîmes à Gonjéveram le corps que M. de Bussy nous amenait de Golconde ; nous nous rendîmes maîtres de Tirnimalli ^ et eûmes l'imprudence de renoncer à nous saisir de Chingleput dont la garnison anglaise fut considérablement renforcée ^.

Le 9 décembre, Lally parut en vue de la montagne Saint-Thomas où se trouvait l'armée anglaise qui se retira devant lui dans la plaine de Ghoultri ; il campa sur la hauteur et en descendit le 12 : après l'avoir canonné pendant quelques heures, les ennemis se replièrent dans la ville blanche ou fort Saint- Georges. Le li décembre, la ville noire fut attaquée par nous et prise malgré les efforts des Anglais qui firent une vigoureuse sortie. G'est ainsi que commença le siège de Madras.

« Cette entreprise étoit hardie et difficile, mais non

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