‹ Une famille noble sous la TerreurChapitre 218 sur 241 · CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME

soleil est la porte de Péternité, par laquelle il nous parvient quelques faibles rayons de la grandeur de Dieu... (i). Vous ne riez plus. — J'avoue, lui répondis-je , que Je suis stupéfaite de votre définition. — Je ne puis qu^admirer en silence , et c'est ce que chacun fera comme moi. Cette idée est belle. »

Je vis chez elle les sommités de la Faculté de Paris; citaient MM. Portai, Désessarts, Halle, Pinel, Audry, Royer-CoUard, etc. , qui venaient tour à tour, et quelquefois ensemble. Mademoiselle d'A... convenait qu'elle se trouvait un peu intimidée lorsque cet imposant sénat était rassemblé chez elle. Bientôt, remise de sa peur, elle répondait avec aisance aux questions qui lui étaient faites; et à Pheure qu'il est, après plus de trente années écoulées depuis cette époque , je ne peux m'empêcher de sourire encore des choses ridicules traitées et débattues devant cette grave Faculté avec toute Fimportance qu'y mettait mademoiselle d'A..., importance que ces meissieurs devaient avoir Pair de partager pour le bien de leur malade.

Pendant que nous mettions tous nos soins à suivre les ordonnances de tant de modernes Esculapes , le procès allait son train, et les antagonistes de M. F... publiaient, tantôt que sa cousine n'était pas folle, mais qu'il la faisait passer pour telle, afin de rester adminbtrateur de sa fortune; tantôt ils convenaient que ton esprit était un peu faible, mais que son cousin :V ïïft&t placé près d'elle des gens chargés de s'opposer à

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(i) Je n*ai pas changé un seul mot.

Pefficacité des remèdes ordonnés par la Faculté, ce qui amenait pour lui le même résultat. Toutes ces noirceurs de la partie adverse , après avoir circulé dans le monde, allaient retentir dans le tribunal , transformées en crimes, ou tout au moins remplies de mauvaises intentions.

Le tribunal nomma une commission prise dans son sein, pour s^assurer de Pétat de mademoiselle d^A... , et vérifier si en effet elle habitait une espèce de prison malsaine, où privée d'air, mal logée, mal servie, mal nourrie, tout se trouvait réuni pour la rendre folle, si elle ne Tétait pas, ou Tempécher de retrouver la raison, si vraiment elle ne la possédait pas.

Je fus prévenue de l'arrivée de ces messieurs, auxquels je présentai moi-même les gens attachés au service de mademoiselle d'A..., et répondis à leurs questions, sur la dépense de la maison, sur sa table, son entretien personnel, etc. Ils parurent satisfaits et surpris de l'agrément de sa demeure, et les conduisant à son appartement, je les y laissai avec elle, voulant leur prouver qu'elle était parfaitement libre de répondre à son gré.

La vieille tante n'en fit pas autant; elle était venue préparer sa nièce à cette importante visite, qui allait décider de la vérité des accusations auxquelles elle avait attaché son nom respectable. Tout le temps que dura cette séance, elle tirait la main de sa nièce, qu'elle avait prise dans les siennes , pour l'arrêter quand elle divaguait; mais elle n'en retirait qu'un impatient : tt Laissezmoi donc, ma tante; vous n'y entendez rien. »

Ces messieurs lui demandèrent si elle n'avait aucune

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